L’avenir de l’Aviation royale canadienne

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Un Airbus CC150 Polaris du 437e Escadron de transport de Trenton s’apprête à ravitailler en vol un chasseur CF18 Hornet du 409e Escadron d’appui tactique de Cold Lake (Alberta), le 28 août 2013, au cours de l’exercice Vigilant Eagle 13. (Photo: Cpl Vicky Lefrancois/DAPAir)
Un Airbus CC150 Polaris du 437e Escadron de transport de Trenton s’apprête à ravitailler en vol un chasseur CF18 Hornet du 409e Escadron d’appui tactique de Cold Lake (Alberta), le 28 août 2013, au cours de l’exercice Vigilant Eagle 13. (Cpl Vicky Lefrancois/DAPAir)

De la Libye à la Saskatchewan, l’Aviation s’est illustrée comme jamais auparavant. Mais le gouvernement conservateur semble remettre en cause une partie de la modernisation en cours de la flotte qui vise à lui permettre de remplir les missions diverses qui l’attendent à l’avenir.

Récemment, la capacité de l’Aviation royale canadienne a été mise à l’épreuve lors de la mission dirigée par l’OTAN visant à protéger les civils en Libye, qui illustré la disponibilité opérationnelle de notre aviation comme jamais auparavant, puisque les chasseurs CF-18 ont été déployés moins de vingt-quatre heures après l’adoption par les Nations Unies de la Résolution 1973.

« L’effet produit par nos appareils CF-18, Airbus et Hercules ravitailleur ainsi que nos Aurora – qui ont été déployés pour la première fois en vue d’effectuer de la surveillance au sol et de définir des objectifs – a été tout simplement exceptionnel » déclare le lieutenant-général Deschamps, commandant de l’Aviation royale canadienne. « Nos succès ont contribué à la bonne réputation du Canada, des Forces canadiennes et de l’Aviation royale canadienne sur la scène internationale » ajoute le commandant.

Au cours de cette période, sur une autre scène, l’Afghanistan, l’escadre aérienne a également été très active. Son aisance à intégrer l’aviation, le transport aérien tactique ainsi que les capacités en matière de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, a permis de fournir des effets aériens interarmées aux commandants canadiens et alliés dans des conditions extrêmement difficiles.

Et l’Opération Mobile de l’Aviation royale canadienne a aussi rempli dans le monde des missions importantes, même si elles n’ont pas fait les manchettes : déploiement des CF-18 en Islande, des hélicoptères Griffon en Jamaïque, etc.

Au même moment, tout en poursuivant sa  tâche à l’échelle nationale de protéger les Canadiens contre les menaces aériennes par l’intermédiaire du NORAD, l’Aviation a  aussi évacué les résidents de plusieurs localités nordiques en Ontario et en Saskatchewan qui étaient menacées par des feux des forêts – mettant à l’abri plus de 1 600 personnes et participé aux efforts d’aide et à l’évacuation des victimes d’inondation dans la Vallée-du-Richelieu et au Manitoba, en plus de continuer à s’acquitter de son mandat de recherche et sauvetage, en intervenant dans les incidents aéronautiques et maritimes partout au pays.

Les mots clés quant à l’avenir sont donc : mobilité et souplesse.

Il semble que, de plus en plus, l’Aviation royale canadienne devra assumer un large éventail de responsabilités : d’une part, le contrôle aérien permanent de l’espace aérien canadien et de ses approches, les opérations dans l’Arctique, qui prendront de plus en plus d’importance, et les opérations de recherche et sauvetage; d’autre part, la permanence des déplacements et la capacité à intervenir rapidement et de façon indépendante lors d’événements au pays comme à l’étranger et des opérations expéditionnaires, ici et ailleurs.

Pour remplir les missions qui seront les siennes, l’aviation du Canada aura besoin de nouveaux outils.

L’Aviation royale canadienne attend ainsi la livraison des derniers de 17 Hercules de modèle J, prévue au printemps. Elle procédera aussi dans un proche avenir aux premiers essais et à l’évaluation opérationnels du Cyclone, un hélicoptère de surveillance et de contrôle maritime de renommée mondiale.

Le nouvel hélicoptère de transport moyen à lourd, le Chinook de modèle F – dont l’arrivée est prévue à Petawawa en 2013 – améliorera pour sa part le niveau de soutien que l’Aviation fournit à l’Armée canadienne en réponse aux exigences opérationnelles, tant au pays qu’à l’étranger.

Sans oublier, bien sûr, que, nonobstant la controverse autour de cet achat, l’Aviation royale canadienne doit se préparer pour accueillir le F-35 Lightning II, qui sera le premier d’une génération de chasseurs dotés des dernières avancées aérospatiales dans les domaines des capteurs, de la fusion des données et de la survie de l’équipage.

« L’Aviation royale canadienne a prouvé sa capacité à produire une puissance aérienne robuste et – avec la modernisation en cours – je suis convaincu que nous continuerons de fournir le degré élevé de service que les Canadiens attendent de nous, en faisant preuve de responsabilité sur le plan financier » de conclure le commandant Deschamps.

Pourtant, on apprenait aujourd’hui qu’après plusieurs années d’études et de préparation, la Défense nationale a décidé de retarder au printemps 2013 l’achat de nouveaux avions pour remplacer les appareils Buffalos C-115 qui datent de près de 50 ans et les Hercules C-130 qui en sont à leur troisième décennie.

Il semblerait donc que la Défense nationale, tout comme les autres instances fédérales, devra faire face à des compressions lors du dépôt du budget le 29 mars prochain. Selon des estimations préliminaires, des coupes de 569 millions de dollars seraient appliquées dans les acquisitions d’immobilisations.

Le quotidien La Presse faisait même état hier matin de la possibilité que le gouvernement puisse donner en sous-traitance au secteur privé la responsabilité de la recherche et du sauvetage plutôt que de continuer à assurer ce service.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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