Cafouillage dans l’affaire des F-35, à qui la faute? (MàJ)

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Le nouveau système d'affichage monté sur casque pour le chasseur F-35 Lighting II Joint Strike. Le casque est conçu pour fournir aux pilotes des jumelles à large champ de vue, donner des capacités de vision nocturne et effrayer les pilotes ennemis (Photo : Gizmodo.com)
Le nouveau système d

Mise à Jour, 8 avril 

Jeudi le 5 avril, le vérificateur général Michael Ferguson, qui avait déposé deux jours auparavant mardi le 3 avril son rapport sur le processus d’acquisition des avions de chasse F-35, précisait que le gouvernement conservateur ne pouvait ignorer le coût réel du remplacement des avions de combats canadiens.

Le ministre de la Défense Peter MacKay a maintenant confirmé lui-même à l’émission Question Period du réseau CTV, qu’il savait depuis deux ans que le coût pour l’achat des nouveaux chasseurs F-35 s’élèverait à près de 25 milliards $.

On se rappelle qu’auparavant, le gouvernement conservateur maintenait, jusqu’en pleine campagne électorale, que l’achat de 65 appareils ne dépasserait pas les 15 milliards $.

Le ministre attribue aujourd’hui cette somme supplémentaire à une nouvelle façon de comptabiliser les coûts, qui incluent le salaire des pilotes, l’approvisionnement en carburant et les frais d’entretien de l’actuelle flotte de chasseurs CF-18 jusqu’à leur remplacement.

Le vérificateur général Michael Ferguson avait publié un rapport qui critiquait sévèrement aux autorités militaires sous-estimé le  coût de l’achat des F-35 mais, alors que son rapport pointait aussi vers le leadership du gouvernement conservateur, celui-ci semblait vouloir faire porter le chapeau aux fonctionnaires du ministère de la Défense et des Travaux publics. Les conservateurs n’admettaient quant à eux aucune faute.

Le ministre MacKay a toutefois dit que cette affaire ne l’amènera pas à démissionner, même si l’Opposition crie au scandale.

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Première publication, 3 avril

 

Le gouvernement conservateur blâmé

Le vérificateur général du Canada a déposé ce matin à Ottawa son rapport du printemps 2012 vers 10h, qui critique sévèrement le gouvernement conservateur dans l’achat des chasseurs interarmées F-35.

Le chapitre 2 portait sur le remplacement des avions de combat du Canada. L’audit visait à déterminer si la Défense nationale, Industrie Canada et Travaux publics et Services gouvernementaux Canada ont exercé une diligence raisonnable en gérant la participation du Canada au programme d’avions de combat interarmées.

Ce programme avait été établi en vue de concevoir, de mettre au point et de fabriquer l’avion de combat F-35 Lightning II. L’audit a aussi visé le processus décisionnel fédéral relatif au remplacement des CF-18 par des F-35.

Processus d’acquisition déficient

Le rapport critique sévèrement le processus d’acquisition des avions de chasse F-35, un programme de 9 milliards de dollars, auquel il faut ajouter 16 milliards pour l’entretien des appareils durant leur durée de vie.

Il aurait manqué, toujours selon le rapport du vérificateur général, plusieurs analyses sur les coûts d’achats mais aussi, les coûts des mise à niveau durant le cycle de vie  des F-35, un cycle de vie d’ailleurs beaucoup plus court, souligne le rapport, que la plupart des appareils du genre, soit 20 ans au lieu des 36 ans habituels.

Le rapport souligne encore la faiblesse de l’échéancier technique et de l’analyse  des retombées industrielles.

Contrairement à ce que dit le gouvernement conservateur, lorsqu’il a été informé du troisième protocole d’entente en 2010 le gouvernement aurait eu le temps, selon le rapport du vérificateur, de considérer des alternatives. Le vérificateur général note encore que la justification d’aller de l’avant avec ce contrat en juillet 2010 n’a pas été faite.

En outre, selon un reportage de la télévision publique canadienne hier, le F-35, dans sa forme actuelle, ne respectait pas l’un des critères d’achat en ce qui a trait aux capacités de visualisation du pilote.

Création d’un « Secrétariat » spécial

Les critiques de M. Ferguson au sujet du processus d’achat et du respect des critères établis ont amené le gouvernement Harper à retirer au ministère de la Défense nationale sa responsabilité dans ce programme. Un « secrétariat spécial » formé de sous-ministres aux Travaux publics prendrait le relais et superviserait tout le processus d’acquisition.

Les reportages de la télévision publique canadienne hier affirmaient que critiques du vérificateur Michael Ferguson viseraient plus particulièrement les responsables des acquisitions à la Défense nationale, de même que l’aviation canadienne. On voit aujourd’hui que tout n’est pas si simple.

 Rappel des faits

On se rappellera qu’après les dénégations du ministre de la Défense Peter MacKay le ministre associé de la Défense nationale, Julian Fantino, avait été le premier membre du gouvernement à admettre que l’engagement à acheter 65 appareils F-35 pourrait être revu, tout en précisant qu’aucun contrat d’achat n’avait encore été signé, ce que corroborait le premier ministre Harper peu après.

D’ailleurs, comme nous le soulignions dans ces pages « Quant à l’achat de  F-35, le document (le budget fédéral déposé jeudi dernier) ne le mentionnait pas nommément, mais précise que le gouvernement «…fera l’acquisition d’appareils abordables en remplacement de la flotte vieillissante d’avions CF-18. »

 Conclusion

Mais alors, si cafouillage il y a eu, comment pourrait-on ne pointer du doigt que la Défense nationale, Industrie Canada ou les Travaux publics? Pour l’instant, l’histoire ne dit pas pourquoi ce ne serait que la faute aux méchants militaires et aux vilains fonctionnaires.

Le rapport du vérificateur général, pointe aussi vers le leadership du gouvernement conservateur…

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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