Les F-35 dans l’œil du « Cyclone »

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Le 19 février 2012 un hélicoptère CH-148 Cyclone Sikorsky se pose à la 12e Escadre Shearwater (Nouvelle-Écosse) pour commencer les essais de limites opérationnelles de l

Les concessions obtenues par le gouvernement canadien du fabricant Sikorsky dans l’affaire des hélicoptères Cyclone pourraient être un modèle pour un règlement avec Lockheed Martin dans l’affaire des F-35.

Sikorsky, filiale de l’américaine United Technologies, développe, à West Palm Peach en Floride, les nouveaux hélicoptères Cyclone. Afin de compenser son incapacité à livrer des appareils opérationnels dans les délais en 2010, Ottawa a obtenu du fabricant de ces appareils des concessions pour une valeur de 110 millions $, a révélé la Presse Canadienne.

Ces hélicos, les CH-148, doivent être déployés à bord des frégates canadiennes de classe Halifax et sont destinés à la guerre anti-sous-marine. Ils pourront aussi être utilisés pour le transport de troupe et de marchandise, et aux opérations de recherche et de sauvetage. Ils doivent remplacer le vénérable CH-124 Sea King qui soufflera ses cinquante bougies en 2013.

Tout comme pour l’achat du F-35 aujourd’hui, l’achat des Cyclones CH-148 pour 5,7 milliards $ avait été vivement critiqué en 2010 par la vérificatrice générale, Sheila Fraser, en raison des nombreux délais et dépassements de coûts. Ces derniers étaient à l’origine de 2,8 milliards $, mais ils avaient gonflé à un montant estimatif de 5,7 milliards $, selon le rapport de 2010 de l’ancienne vérificatrice générale.

L’entente, avec le gouvernement libéral Martin il y a 12 ans, prévoyait la livraison des premiers appareils en 2008 et la mise en service des 28 appareils de la flotte de CH-148 pour la fin 2011.

Maintenant, la livraison de CH-148 avec les moteurs améliorés n’est prévue que pour juin 2012, et la flotte complète de 28 verrait sa livraison retardée à nouveau, jusqu’à la fin de l’année 2013 et, même là, ces dates ne sont pas sûres.

Les Forces canadiennes n’ont cependant reçu qu’un seul appareil, qui se trouve à la base militaire de Shearwater, en Nouvelle-Écosse, cinq autres devraient être livrés cette année et les coûts d’utilisation et d’entretien de nos Sea King vieillissants ne cessen  de grimper.

Les documents, datés de juin 2010, obtenus par La Presse Canadienne indiquent que, pour compenser tous ces problèmes, le manufacturier a cédé sur le coût de fonctionnement des appareils et prolongé le contrat d’entretien à long terme, en plus d’accepter des pénalités en raison du retard de livraison.

Sikorsky serait ainsi amené à livrer les nouveaux hélicoptères, à perte s’il le faut, si on en croit un haut responsable de la société mère du fabricant. « Le programme des hélicoptères maritimes canadiens continue de freiner Sikorsky » a déclaré Gregory Hayes, le chef de la direction financière de la société mère United Technologies Corporation, au cours d’une téléconférence portant sur les résultats du premier trimestre. « Nous perdons de 10 à 12 millions $ sur chacun de ces appareils. Cela mettra beaucoup de pression sur les résultats de Sikorsky au deuxième trimestre. »

Les concessions obtenues dans l’affaire du Cyclone créeront-elles un précédent? Ottawa devrait-il tenter d’en arriver à ce genre d’entente avec Lockheed Martin dans l’affaire des F-35? C’est à suivre.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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