Migrants morts en mer: des ONG veulent savoir où était le Charlottetown

1
63 migrants morts en Méditerranée: le NCSM Charlottetown aurait il pu les secourir (Photo: Pressafrik)
63 migrants morts en Méditerranée: le NCSM Charlottetown aurait-il pu les secourir ? (Photo: Pressafrik)

Une coalition d’organisations non gouvernementales demande à plusieurs États qui ont participé à la campagne de Libye, dont le Canada, où se trouvaient alors leurs navires pour savoir s’ils auraient pu secourir les migrants, morts en mer alors qu’ils tentaient de fuir la Libye en traversant la mer pour gagner l’Italie. 63 personnes étaient alors mortes, il y a un an, sur un zodiac à la dérive en Méditerranée.

La coalition comprend, trois ONG internationales, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (Fidh), le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), et Migreurop, est un réseau de 33 associations, provenant de 10 pays différents.

En France, soutenus par la coalition, quatre des onze survivants, de nationalité éthiopienne, ont déposé plainte, mercredi 11 avril contre l’armée française pour non-assistance à personne en danger, soutenue par la coalition.

On se rappellera qu’en pleine guerre, lors de l’intervention de l’OTAN pour protéger les rebelles libyens qui tentaient de déloger le Colonel Kadhafi, de nombreuses embarcations avaient tenté de quitter la Libye en traversant la Méditerranée. 72 migrants étaient alors partis du pays à bord d’un zodiac, dans la nuit du 26 au 27 mars, en direction de l’Italie, mais leur bateau s’est vite retrouvé à court d’essence et a commencé à dériver. Ils ont réussi à lancer un appel de détresse par téléphone satellite.

Le lendemain matin, les autorités ont diffusé un message de détresse avec les dernières coordonnées connues. Des pêcheurs ainsi qu’un navire militaire dont on ne connaît pas l’origine, croisés après plusieurs jours de dérive, auraient refusé de leur venir en aide. Une soixantaine des passagers étaient morts quand le bateau s’est échoué sur la côte libyenne et deux sont morts un peu plus tard.

Charles Heller, chercheur à Goldsmiths, University of London était présent à la conférence de presse de la coalition. Avec d’autres experts, il a reconstitué les événements et relève que le NCSM Charlottetown faisait de la surveillance maritime au moment du drame. La position du Charlottetown dans les jours suivants n’est cependant pas connue du chercheur.

Une lettre a donc été envoyée au ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, afin de savoir si la frégate NCSM Charlottetown, qui était déployée dans la région à ce moment, a pu ignorer les appels de détresse lancés relativement au zodiac. On a déclaré au cabinet de M. MacKay que l’OTAN était en mesure de répondre aux questions à ce sujet.

Quant à l’OTAN, elle maintient qu’aucun des vaisseaux ou des avions sous son commandement n’avait vu ou établi un contact avec le zodiac durant la période considérée. Il faut toutefois noter que, quelques jours plus tôt, le NCSM Chalottetown avait porté assistance à un autre bateau de migrants parti de la Libye.

Le NCSM Charlottetown vient de se voir décerner le prix Kinley, en reconnaissance de sa participation en Libye. (Photo: Vice-amiral Paul Maddison)

L’équipage du Charlottetown vient d’ailleurs de se voir remettre, dimanche 15 avril, le prix Kinley, récompensant sa contribution à la mission en Libye. Le prix est décerné chaque année par le Conseil national d’administration de la Ligue Navale du Canada. Le vice-amiral Paul Maddison, commandant de la Marine royale du Canada, s’est dit « très fier » [de cette récompense].

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
#OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

Les commentaires sont fermés.