Nettoyage du réseau d’alerte avancée (ligne DEW): « dans les temps et dans le budget »

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Vue aérienne de la station radar américaine du réseau DEW à Point Lay en Alaska. (Archives/Sergent Donald L. Wetterman, US Air Force)
Vue aérienne de la station radar américaine du réseau DEW à Point Lay en Alaska. (Archives/Sergent Donald L. Wetterman/US Air Force)

La ministre de la Santé et ministre de l’Agence canadienne de développement économique du Nord Leona Aglukkaq vient d’annoncer l’octroi d’un nouveau contrat dans le cadre du projet d’assainissement du réseau d’alerte avancé.

D’une valeur de 14,5 millions $, le contrat a été accordé à l’entreprise Qikiqtaaluk Environmental Inc., d’Iqaluit, au Nunavut. L’entreprise s’occupera de l’expédition et l’élimination des matières dangereuses résiduelles et leur transport vers des sites d’élimination spécialisés situés plus au sud.

Le projet d’assainissement a été conçu pour empêcher la contamination chimique présente sur les sites du réseau DEW de s’étendre à la chaîne alimentaire de l’Arctique.

Retour vers le passé

En plein coeur de la guerre froide, le Canada et les États-Unis s’associent pour la protection de leur territoire: le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, plus connu sous le nom de NORAD, vient de naître.

Trois séries de stations radars sont construites, dont la « ligne DEW ». Ces stations radar isolées ont été construites au Canada, en Alaska et au Groenland afin de repérer les avions ennemis et de guider les avions de chasse qui iraient les intercepter.

Dessiné, construit et financé en très grande partie par les États-Unis, la ligne DEW, voit le jour à la fin des années 50 le long du 69e parallèle. Des 63 sites du réseau, 42 se trouvaient sur le territoire canadien.

Le réseau d’alerte nord-américain (en noir tout en haut, le réseau d’alerte avancé DEW).

Les stations utilisaient plusieurs radars AN/FPS-19 grande-ondes. Les intervalles entre les stations étaient scrutés par des radars Doppler AN/FPS-23 directionnels, similaires à ceux qui avaient équipés la ligne Mid-Canada (en jaune sur la carte) quelques années plus tôt. Les stations étaient interconnectées par une série de systèmes de communication radio diffusant par la troposphère.

Malheureusement, le réseau de stations radars s’est rapidement révélé inefficace contre les missiles balistiques intercontinentaux et les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Au début des années 60, la moitié des sites canadiens sont alors fermés et confiés au ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien. Le ministère de la Défense nationale continua d’utiliser les 21 autres sites jusqu’à ce qu’ils soient remplacés, en 1993, par le Système d’alerte du Nord.

Nettoyage

En 1989, le Ministère de la Défense commence à élaborer un plan de nettoyage de ses 21 sites du Réseau d’alerte avancé. Après avoir réussi à arracher un accord avec les Américains sur la responsabilité des stations – et un chèque de 100 millions $ – le ministère de la Défense nationale entame le nettoyage de deux sites en 1996.

En interview téléphonique, les responsables du projet ont expliqué en quoi consiste exactement les travaux de nettoyage: démolir les bâtiments qui ne servent plus, à assainir les sols contaminés par des produits chimiques (hydrocarbures, plomb, solvants,…), à stabiliser les décharges existantes, à construire de nouvelles décharges à écran d’étanchéité artificiel et à acheminer certains des sols et des débris contaminés dans des installations d’élimination situées au sud.

Ce projet devrait prendre fin en 2013 et se solder par un coût d’environ 600 millions $. Un audit interne datant de 2008 faisait cependant état d’une augmentation significative des coûts du projet puisque le budget initial était de 280 millions $.

Jusqu’à présent, 19 des 21 sites ont été nettoyés et le nettoyage des deux sites restants sera effectué au cours de l’été prochain. Un programme de surveillance de 25 ans est également en cours dans les sites ayant déjà été nettoyés.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

DiscussionUn commentaire

  1. Daniel Guilmette

    Vu la menace par la Russie d’une éventuelle guerre mondiale, j’aimerais savoir si la ligne DEW est toujours opérationel pour la défense canado- américaine en cas de conflit mondial. Je suis un ancien soldat de la marine de 1972 à 1974.