Bientôt des drones militaires au-dessus de l’Arctique?

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En avril dernier, le professeur Yves Bélanger de l’UQAM disait assister « à la naissance d’un nouveau champ de développement de technologies adaptées au territoire polaire, et qui sait, peut-être d’un nouveau marché de redéploiement pour l’industrie de défense en activité au Canada ».

Northrop Grumman et L-3 MAS ont annoncé combiner leurs forces pour le projet de drones patrouillant au-dessus de l’Arctique.

Au salon CANSEC 2012, le projet a été présenté aux journalistes par l’entreprise de défense américaine de la défense Northrop Grumman. Les représentants sur place ont indiqué prévoir modifier le drone Global Hawk, qui vole à 20 000 mètres d’altitude, pour supporter les rigueurs du territoire arctique.

À cause des récentes coupures budgétaires à la Défense américaine, l’armée de l’air américaine souhaiterait se séparer de quelques-uns de ses appareils Global Hawk, qui sont toujours en construction.

Le gouvernement de Stephen Harper envisagerait ainsi d’acheter trois de ces appareils sans pilote. Plusieurs projets en lien avec l’Arctique ont récemment pris du retard ou étaient amputés (navires de patrouilles et projet de port en eau profonde), alors ce serait sans doute l’occasion pour le gouvernement de redorer son blason sur la question de l’affirmation de la souveraineté dans cette région.

En interview pour 45eNord, Paul Mercier de chez L-3 MAS refuse de s’avancer sur un prix. « Comme ce type d’appareil sera probablement vendu de gouvernement à gouvernement, c’est le gouvernement américain qui aura la responsabilité de déterminer quel sera son prix de vente ». Une source proche du dossier a toutefois indiqué que le prix par drone serait compris entre 150 et 170 millions $.

M. Dane Marlot, directeur du développement des affaires à l’international chez Northrop Grumman, précise que la proposition faite au gouvernement canadien comprend les appareils, des stations au sol, des pièces de rechange et du soutien sur place.

Polar Hawk peut voler pendant 33 heures non-stop à une altitude de 18 000 m, quelque que soit les conditions météo et a une portée de 22 000 km.

Même si le gouvernement envisage cet achat, rappelons qu’avec nos propres coupures budgétaires, l’achat ne se fera pas dans l’immédiat.

Plusieurs au ministère de la Défense se disent d’ailleurs inquiet du prix global que pourrait être Polar Hawk. Le chef d’état-major de la Défense, Walter Natynczyk, avait exprimé publiquement ses doutes sur le projet.

Polar Hawk pourrait-il remplacer les F-35 qui ne pourraient aller dans l’Arctique ? La question trouvera peut-être réponse prochainement.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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