Les explosions au combat entraîneraient la même maladie du cerveau que chez les athlètes

0

Un soldat des Forces canadiennes en Afghanistan (Photo: Caporal chef Dan Shouinard, technicien en imagerie principal, Force opérationnelle de transition de la mission, © 2011 DND-MDN Canada)

Plusieurs scientifiques américains et britanniques viennent d’établir qu’il existe un lien entre une maladie dégénérative du cerveau qui s’est développée chez des soldats et les explosions d’engins improvisés (IED).

Ayant prélevé des échantillons de tissu cervical chez certains soldats américains qui ont été déployés en Afghanistan, les chercheurs ont découvert des signes d’encéphalopathie traumatique chronique (CTE).

Déjà connue dans le monde de la National Football League (NFL) et de la National Hockey League (NHL), puisqu’elle a été détectée chez une dizaine de joueurs morts après avoir subi plusieurs commotions cérébrales, cette maladie dégénérative aurait d’abord entraîné des pertes de mémoire, de l’irritabilité, de la démence et des pensées suicidaires.

Des milliers de militaires des Forces canadiennes et des forces armées d’autres pays ont été exposés aux déflagrations d’engins explosifs improvisés. Quelques dizaines de soldats canadiens ont d’ailleurs péri ou été blessé à cause de ces engins.

Les chercheurs ont analysé les cerveaux de quatre militaires, âgés de 22 à 45 ans (la CTE ne peut être diagnostiquée qu’après le décès). Trois de ces hommes avaient été exposés à au moins une explosion d’un IED, et deux d’entre eux ont souffert de commotions plus tôt dans leur vie. Un des soldats avait même eu quatre commotions cérébrales, bien qu’il n’ait pas été exposé à une explosion.

Ils présentaient tous des symptômes tels que maux de tête, irritabilité, troubles du sommeil, dépression et perte de mémoire à court terme.

Un d’entre eux est mort d’une rupture d’anévrisme, un autre d’une hémorragie cérébrale et le troisième d’une blessure par balle suite à un suicide. Le quatrième homme avait inhalé des substances nocives alors qu’il était sous l’influence de médicaments contre la douleur. Il s’était écoulé environ deux ans entre leur dernier traumatisme crânien et leur mort.

Les chercheurs ont également examiné les cerveaux de trois joueurs de football, un lutteur professionnel et quatre hommes du même âge n’ayant pas d’antécédents d’exposition à un souffle d’explosion ou de commotions cérébrales.

Des signes de la CTE ont été observées dans le cerveau des combattants et des athlètes professionnels. LA CTE se caractérise notamment par des dépôts anormaux d’une protéine appelée tau, qui peut tuer les cellules du cerveau.

« Il s’agit de la première véritable démonstration que les cerveaux des soldats sont absolument semblables à ceux d’athlètes ayant souffert de plusieurs commotions cérébrales », a déclaré Patric Stanton, un biologiste cellulaire du New York Medical College qui fait partie de l’équipe de cette recherche.

La vitesse du souffle de l’explosion étant de près de 530 km/h, les chercheurs disent que cela fait hocher très rapidement la tête d’une personne exposée, ce qui force le cerveau à être compressé plusieurs fois alors qu’il baigne dans le liquide céphalo-rachidien.

Un rapport de 2009 révèle que 6,4% des membres des Forces canadiennes déployés en Afghanistan avaient souffert de traumatismes cérébraux. Ce chiffre tomberait à un peu plus de 5% pour ceux déployés entre 2009 et 2011.

Le colonel Rakesh Jetly, un psychiatre des Forces canadiennes, dit avoir lu le rapport de l’Université de Boston et attendre des détails supplémentaires sur l’étude. Il a ajouté que l’armée canadienne avait créé un groupe spécial chargé de la gestion des traumatismes et des blessures cérébrales.

Quant à eux, les chercheurs américains et britanniques ont reproduit l’effet chez des souris et ont découvert que, deux semaines seulement après les avoir exposées à une seule déflagration, elles présentaient des signes de la maladie. Ils indiquent également que ces problèmes ont été évités quand on a empêché la tête des animaux de bouger pendant l’explosion. Des méthodes de prévention pourraient donc être élaborés en tenant compte de ces résultats.

Il faudra toutefois sans doute attendre encore quelques années avant d’être sûr, puisque, rappelons-le, la taille de l’échantillon de cette étude était petite.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
#OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

Les commentaires sont fermés.