Sommet de l’OTAN à Chicago: de quoi on va parler?

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À Camp David, le président Barack Obama accueille le premier ministre britannique David Cameron, le premier ministre Dmitry Medvedev de Russie, la chancelière allemande Angela Merkel, Herman Van Rompuy, président du Conseil Européen, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, le premier ministre japonais Yoshihiko Noda, le premier ministre italien Mario Monti, le premier ministre canadien Stephen Harper et le président François Hollande de France. (Photo: Official White House Photo by Pete Souza)

Les 20 et 21 mai, se tient à Chicago le 25e sommet de l’OTAN. Les 28 membres de l’Alliance discuteront de nombreux points, dont l’Afghanistan et le futur de l’OTAN.

Mais c’est à Camp David, au Maryland, que s’est d’abord tenue une rencontre entre les membres du G8. Dans une série de séances de travail à Camp David, les dirigeants se sont penchés en outre sur la situation en Afghanistan, la déroute économique en Europe et les crises syrienne et iranienne.

Afghanistan

Enlisées dans ce pays d’Asie centrale, les troupes étrangères doivent partir avant la fin de 2014. Prévu de longue date, le retrait ne peut toutefois pas se faire n’importe comment.

Tout d’abord, le calendrier précis du retrait doit être finalisé, et ce n’est pas gagné. Les États-Unis souhaitent que les Alliés restent un peu plus longtemps pour bien finir leur mission, alors que des pays comme la France souhaite quitter le pays au plus vite. Ainsi, le nouveau président français François Hollande a fait la promesse de retirer ses troupes en décembre… 2012. Le Canada pour sa part a retiré ses troupes en 2011 pour ne laisser qu’un millier d’instructeurs qui quitteront à leur tour le pays en mars 2014. Mais le premier ministre Stephen Harper pourrait finalement décider de prolonger encore un peu la mission, que ce soit par la présence d’ instructeurs ou des Forces spéciales.

Fin avril, Stephen Harper avait indiqué lors d’un échange avec le chef du Nouveau Parti Démocratique et leader de l’Opposition à la Chambre des Commmune Thomas Mulcair, qu’« à l’heure actuelle, notre plan est évidemment que la mission se poursuive jusqu’à 2014. Mais à mesure que nous approcherons de cette date, nous examinerons toutes les options et nous prendrons la décision qui sera dans le meilleur intérêt de ce pays et dans le meilleur intérêt de nos objectifs de sécurité pour la planète, et non pas une réponse idéologique instinctive comme le NPD ».

Il faut aussi financer les nouvelles forces de sécurité afghanes. Les États-Unis avaient voulu recruter 352 000 policiers et soldats afghans. Ils prévoyaient ainsi entretenir ces policiers et militaires pendant plusieurs années, pour une dépense de 6 milliards $ par an. Le chiffre a finalement été revu à 228 000 hommes à partir de 2017, pour un budget annuel ramené à 4,1 milliards $, qui fait encore débat. Le gouvernement américain paierait dans ce dernier cas 2,3 milliards, les pays partenaires 1,3 milliard et le gouvernement afghan 500 millions $.

S’il est clair que les troupes étrangères doivent quitter l’Afghanistan, les conditions dans lesquelles cela se fera devront être clairement établies pour ne pas faire de cette sortie un échec et avouer par la même occasion que la décennie de guerre n’aura servi à rien. Jim Townsend, en charge de l’OTAN au Pentagone déclare, à ce sujet: « Nous sommes entrés ensemble, nous devons sortir ensemble. Il est absolument crucial de s’assurer que le passage de témoin se passe bien, et que les Afghans soient prêts en 2014 ».

Quel avenir pour l’OTAN?

Ce 25e sommet de l’OTAN s’annonce comme celui de la crise. Les budgets européens de défense ne cesse de baisse, ce qui nourrit le doute entre partenaires. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a pour objectif de faire adopter par les 28 membres une déclaration politique sur leur engagement à mieux coordonner leurs investissements militaires. C’est la politique de la « défense intelligente », mettre en commun ce qui peut l’être. Près de 25 projets devraient ainsi être lancés.

Que ce soit l’entraînement des soldats, la médecine sur le champ de bataille, la police du ciel des pays baltes, des patrouilles maritimes ou encore une gestion en commun des munitions, les projets ne manquent pas.L’un de ces projets couvrira un domaine qui a manqué durant l’opération libyenne, « l’intelligence, surveillance et reconnaissance » (ISR). C’est une initiative franco-américaine, qui est présentée comme un succès. Autre projet: les ravitailleurs en vol. En Libye, ce sont les appareils américains qui ont assuré la quasi-totalité des moyens. Sur initiative de l’Allemagne, de la France et des Pays-Bas, l’Union européenne a lancé un projet de flotte en mars.

Toutefois, les grands pays européens craignent que la défense intelligente ne revienne qu’à favoriser les matériels américains au détriment de leurs industries nationales.

De plus, la réforme de la bureaucratie otanienne se poursuit, et elle est radicale! Après une première diminution en 2009, les effectifs permanents doivent baisser de 30 % d’ici à la fin de l’année 2013, pour passer de 13 000 à 9 000. Cinq états-majors seront dissous, ce qui revient à supprimer le commandement interarmées de Lisbonne et les QG terrestres de Madrid (Espagne) et Heidelberg (Allemagne). Ceux de Naples (Italie) et d’Izmir (Turquie) seront réduits.

Bref, deux jours d’intenses discussions à prévoir.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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