Cet avion CC-130H Hercules vole…à la moutarde

0

Une première dans les annales de l’aviation canadienne, l’Aviation royale canadienne a testé, lors d’un  vol d’essai  d’un CC-130H Hercules, un  carburant semi-synthétique fait à partir de la Camelina sativa, une plante oléagineuse de la famille de la moutarde.

Ce biocarburant est particulièrement prometteur pour remplacer le carburant traditionnel, car il n’entre en compétition avec aucune chaîne alimentaire, la plante en question ne faisant partie d’aucun régime alimentaire humain ou animal.

Les carburanst aviations produits à partir de plantes pourraient d’ailleurs constituer une avenue prometteuse pour les fermiers du Canada.

« Bien que la plante Camelina soit principalement cultivée aux États-Unis, un type similaire de plante appelé Brassica Carinata est mieux adapté au sol et au climat canadiens », a affirmé M. Pierre Poitras du CETQ, le Centre d’essais techniques de la qualité. Le CETQ, qui a participé à l’évaluation de ce nouveau carburant, est une unité du ministère de la Défense nationale dont le mandat est d’offrir des services d’enquête, d’évaluation, de consultation aux Forces canadienne sur les questions de technologie.

Cette plante est cultivée en cycle avec le canola et la moutarde dans l’Ouest canadien. On peut la faire pousser en 90 jours pour extraire ensuite les lipides de ses graines et commencer la production du biocarburant qui peut alors être raffiné en carburant aviation.

Le carburant aviation biologique tiré de cette plante, « aurait de fortes chances de devenir une solution de remplacement durable et renouvelable au carburant traditionnel, ce qui offrirait une souplesse aux Forces canadiennes en ce qui concerne la sécurité des approvisionnements en carburant », a même ajouté M. Poitras.

Le test

Le carburant aviation semi-synthétique avait déjà été testé avec succès en septembre et octobre 2011 sur un moteur compatible à l’avion Hercules de modèle H, le Rolls-Royce/Allison T-56-A-15, à la 8e Escadre. . L’essai s’est donc poursuivi le 23 mai 2012, à la 8e Escadre Trenton, en Ontario,  avec ce vol de démonstration a permis de tester l’efficacité d’un carburant composé à 50 pour cent de carburant aviation classique (le F-34) et à 50 p. 100 d’un carburant dérivé de la Camelina.

« Nous avons effectué plusieurs vérifications sur le moteur à partir de la surface jusqu’à 21 000 pieds d’altitude, ce qui comprend les vérifications concernant les pannes et le démarrage en vol d’un moteur fonctionnant avec un mélange de carburants biologique, a déclaré le major Wayne Sippola, pilote au 424e Escadron.

« Le mélange de carburants biologique a donné le même rendement que le carburant F-34. Nous n’avons constaté aucune différence. » a-t-il déclaré.

L’avenir est au bio-carburants

« Notre interopérabilité avec nos alliés de l’OTAN et américains est essentielle aux opérations des Forces canadiennes », a précisé pour sa part le lieutenant-colonel Geoffrey Carter de la direction des carburants et des lubrifiants au Quartier général de la Défense nationale. « Étant donné que nos alliés étudient l’utilisation de carburants aviation biologiques, nous tenons également à collaborer avec eux afin que notre équipement, nos méthodes de manipulation ainsi que le type de carburant utilisé soient interopérables. »

Un carburant traditionnel mélangé avec du carburant provenant de plantes est meilleur choix pour l’environnement en raison de son potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Les émissions de carbone par les moteurs des aéronefs sont fonction de la concentration d’hydrocarbures aromatiques permise dans le carburant aviation traditionnel. Le carburant aviation biologique KPS dérivé de Camelina ne contient pas de composés aromatiques. Quand il est mélangé avec 50 p. 100 de F-34, les émissions de carbone sont donc réduites » a précisé le lieutenant-colonel  Carter.

« Nous avons observé une diminution allant jusqu’à 40 p. 100 des émissions de carbone et de matière particulaire en utilisant un carburant de remplacement mélangé à 50 p. 100 avec du carburant traditionnel. La quantité de polluants émise est donc nettement plus faible » conclut-il.

 

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.