Il était un petit navire!

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Après les F-35, la construction de nouveaux navires poserait un autre problème au gouvernement conservateur (Photo: Cpl Johanie Maheu, Formation Imaging Services, Halifax, Nova Scotia)

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la Marine Royale Canadienne était la troisième plus grande flotte au monde, elle comptait environ 434 navires. Aujourd’hui, la situation a bien changé! En juin 2010, le gouvernement du Canada a annoncé la mise en place d’une Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (SNACN). Cette Stratégie a pour but la construction de navires destinés au ministère de la Défense nationale et au ministère de la Pêche et Océans Canada.

En janvier dernier, le gouvernement fédéral a annoncé l’octroi de deux contrats pour la construction de ces navires. Le premier, d’un peu moins de huit milliards a été donné à Seaspan Marine, dans l’Ouest, pour sept bateaux civils. Quant au deuxième contrat, il a été donné au chantier Irving Shipbuilding Inc. dans l’Est du Canada, à Halifax, pour la construction de 21 navires au coût de 25 milliards de dollars.

Bernard Valcourt, ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada invitait récemment les entrepreneurs de l’Atlantique à rester attentif au besoin d’Irving Shipbuilding Inc. L’Association des industries canadiennes de défense et de sécurité avait estimé en avril la création de 15 000 emplois directs et indirects avec l’annonce de ces contrats.

Aujourd’hui, l’opposition remet en question la stratégie du gouvernement en ce qui concerne ces contrats. Seront-ils affectés par les coupes budgétaires de 2 milliards de dollars du portefeuille de la Défense nationale? Rona Ambrose, ministre des Travaux Publics, assure que non, tandis que les critiques en matière de Défense du parti libéral et du NPD affirment le contraire.

Ces derniers mentionnent également que les contrats ne sont pas encore signés et que certains navires ont déjà pris du retard. Les portes-paroles mentionnent également la peur de voir ces contrats finir comme plusieurs autres, comme cela est le cas avec les F-35.

Le chef d’état major de la Défense, le général Walter Natynczyk annonçait le 12 juin, devant la Légion royale canadienne, qu’il était temps de « commencer à couper l’acier » et qu’en matière de modernisation des équipements militaires canadiens, sa préoccupation était les navires qui sont devenus très vieux et bientôt inutilisables. Il n’a toutefois pas mentionné si l’enveloppe de 33 milliards allait être révisé dû aux coupes budgétaires de 2 milliards.

Rappelons que dans un article daté du 20 avril dernier (L’achat de nouveaux navires coûtera-il plus cher que prévu?), nous vous indiquions qu’une porte-parole du ministère de la Défense nationale, avait déclaré lors d’une interview téléphonique qu’il était impossible de connaître pour l’instant tous les coûts d’exploitation des navires puisqu’ils ne sont pas encore construits et que certains sont encore à l’état de simple dessins sur une planche. « L’évaluation de l’ensemble des coûts ne pourra se faire que lorsque le design des navires sera défini, ce qui devrait être fait dans le courant de l’année. »

Alors, plus cher et en retard?

Fille de deux parents militaires, Raymonde Thériault grandit sur différentes bases militaires. À l’université, elle est directrice du journal étudiant. En novembre 2010, elle est déployée avec la Roto 10 en Afghanistan.

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