Le Canada envisage l’utilisation de navires sans équipage

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Démonstration d’un USV de Textron advanced systems au large de Norfolk, Virginie, en juillet 2011 (Photo: US Navy)

Ils seront dangereux, ils seront intelligents, mais… ils ne seront pas humains et, un peu comme les Daleks dans la série culte Dr Who, ils vous lanceront peut-être un terrifiant « Exterminez! Exterminez! ».

Après les robots sous-marins pour détecter des mines enfouies dans les profondeurs de l’océan, que les navires de la garde côtière ont déjà utilisé pour des exercices conjoints avec la marine américaine, et des aéronefs sans pilotes, les drones que Northrop Grumman veut nous vendre pour la surveillance de l’Arctique, la Marine royale canadienne envisage maintenant l’utilisation de navires sans équipage (USV, de l’anglais Unmanned Surface Vessel).

La Presse canadienne rapportait cette semaine que, selon le ministre de la Défense, Peter MacKay, de pareils navires pourraient bien faire leur apparition chez nous dans un avenir pas si lointain.

Le commandant de la marine, le vice-amiral Paul Maddison, a confirmé en effet que l’intégration de navires sans équipage dans la prochaine flotte canadienne représentait un scénario déjà à l’étude. Ces navires robotisés pourraient apparaître vers la fin de la prochaine décennie.

La technologie des navires robotisés n’en est qu’à ses débuts, mais la recherche va bon train et annonce des résultats impressionnants pour un avenir proche.

Déjà, aujourd’hui, au Canada, la technologie de contrôle de véhicules à distance est à l’essai. La marine canadienne procède à des tests avec les Scan Eagle, de petits véhicules aériens inhabités,qui décollent du pont des frégates.

Par ailleurs, le ministre de la Défense Peter MacKay avait déjà annoncé l’octroi de trois millions $ à la compagnie Rolls-Royce Canada pour soutenir la recherche sur les navires robotisés en Nouvelle-Écosse, dans le cadre des initiatives de recherche et développement de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique.

Quant aux impacts de l’arrivée de ces navires robotisés sur le remplacement de la flotte traditionnelle, avec un équipage à bord, ils ne peuvent être véritablement précisés maintenant.

Pendant ce temps, dans une galaxie près de chez vous

Chez nos alliés américains, on compte déjà développer toute une flotte de navires robotisés, avec plusieurs types de navires: des petits de classe X, pour le soutien aux opérations spéciales, aux plus grands, de classe Fleet, pour la lutte aux mines sous-marines, en passant par les navires robotisés de classe Harbour (soutien aux opérations et lutte antimines) et Harbour (mesures antimines).

La lutte antiterroriste pourrait devenir une spécialité de ces navires sans équipage.

Des navires sans équipage existaient déjà à l’époque de la Seconde Guerre mondiale, mais c’étaient de simples navires contrôlés à distance. La version 21e siècle de ces navires est beaucoup plus avancé que leurs homologues des années 1940.

Ils sont de véritables navires robotisés et… ils sont intelligents: « Il n’y a pas de personnes (humaines) impliquées, sauf si vous voulez être impliqués. Ils (les navires robotisés) adoptent leur propre comportement. Leur cerveau fait tout ce qu’il doit faire et il le fait par lui-même, » avait déclaré lors d’un exercice naval en 2011 le capitaine Carl Conti, le directeur de la flotte d’expérimentation américaine.

Le laser rotatif au sommet des USV sonde l’environnement autour du navire, transmet au  cerveau électronique de l’information sur l’approche des bateaux afin qu’il puisse prendre les mesures appropriées. Une fois les menaces potentielles identifiées par le USV, vous entendrez : « Si vous continuez sur votre parcours actuel, vous serez en danger. Je le répète, vous entrez dans une zone restreinte ».

« C’est un peu énervant, ouais! » de déclarer pour sa part le capitaine Rich Najarain, commandant du bateau « ennemi » dans cet exercice. Le capitaine Conti, ajoute cependant que c’est le but: « Si un terroriste y pense à deux fois avant de s’approcher nous grâce à cette technologie, nous aurons accompli notre mission ».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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