Les Forces canadiennes à la 5e conférence internationale sur la stigmatisation

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Plusieurs militaires des Forces canadiennes, des représentants du groupe de Recherche et développement pour la défense Canada, ainsi que de grands spécialistes civils du ministère de la Défense nationale ont pris part à la 5e conférence internationale sur la stigmatisation.

Se déroulant du lundi 4 au mercredi 6 juin au Centre Delta à Ottawa et organisée par la Commission de la santé mentale du Canada et par la section scientifique sur la stigmatisation et la maladie mentale de l’Association mondiale de psychiatrie, la conférence réunissait plus de 500 chercheurs, professionnels de la santé mentale, responsables des orientations politiques et utilisateurs de services intéressés par la stigmatisation et la discrimination. La conférence portait plus sur les interventions efficaces pour combattre la stigmatisation et la discrimination à l’endroit des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Le contre-amiral Andrew Smith, chef du personnel militaire, a profité de l’allocution qu’il a prononcée à la conférence pour souligner l’initiative Soyez la différence, lancée par son commandement en vue de mobiliser les dirigeants à tous les échelons pour créer un milieu de travail et un climat culturel où les maladies mentales sont mieux comprises et où ceux qui en souffrent sont encouragés à se faire soigner.

Pour sa part, le lieutenant-colonel Suzanne Bailey, travailleuse sociale principale des Forces canadiennes, a présenté les programmes pré et post déploiement mis en place par les Forces pour s’assurer que les militaires et leur famille sont préparés le mieux possible à faire face aux facteurs de stress associés au déploiement.

En effet, encadrés, les militaires se suicideraient moins que la population générale, mais les deux dernières années ont été particulièrement éprouvantes: en 2011, pour 58 623 militaires de la Force régulière de sexe masculin en service, il y a eu 19 suicides et, l’année précédente, en 2010, pour 58 723 militaires de la Force régulière de sexe masculin en service, il y en avait eu 12.

Même si le  nombre de suicides dans les Forces canadiennes a augmenté l’an dernier alors que des milliers de soldats sont rentrés d’Afghanistan, le ministère canadien de la Défense refuse d’y voir le début une tendance à la hausse.

Quant à lui, le ministre Mackay a déclaré à la conférence « Les besoins des militaires en matière de santé globale et de santé mentale figurent en tête de liste des priorités du gouvernement du Canada. Je salue le leadership de la communauté de chercheurs et de professionnels de la santé de la Défense, qui s’est engagée dans le cadre de cet important dialogue national et qui reconnaît l’importance de lutter contre la stigmatisation rattachée aux maladies mentales. »  a déclaré le ministre.

Pourtant, en mai dernier, le gouvernement conservateur ne semblait pas être prêt à reculer sur son plan visant à réduire les emplois des professionnels de la santé du ministère de la Défense travaillant aux programmes de prévention du suicide et au suivi des troubles de stress post-traumatique.

Un quotidien d’Ottawa avait révélé mercredi le 2 mai que le ministère de la Défense nationale avait décidé de supprimer ces emplois en dépit des affirmations par le MDN et les Forces canadiennes que le traitement de ces problèmes de santé est une priorité. Il aurait obtenu un rapport interne de la Base de Petawawa affirmant que le système de traitement de santé mentale est en «crise». Le rapport, rédigé par un groupe de cliniciens civils qui assurent une grande partie de la prise en charge des centaines de soldats atteints de troubles mentaux,  à partir de la base, décrivait un système qui est mal financé, sans planification à long terme, arrivant à peine à fournir les soins les plus élémentaires alors que des soldats souvent suicidaires doivent attendre quatre mois ou plus avant qu’un psychiatre ou un psychologue ne puisse les traiter.

Interrogé en Chambre le jeudi 3 mai, sur les suppressions d’emplois et la situation à Petawawa, le ministre de la Défense Peter MacKay avait alors rejeté ces préoccupations.

Comme il l’avait fait en Chambre, le ministre a répété que  le programme de santé mentale des Forces canadiennes est exécuté par quelque 378 intervenants en matière de santé mentale et employés de soutien dans 26 cliniques à l’échelle du pays et que chaque année, 38,6 millions de dollars canadiens sont dépensés en soins de santé mentale pour les militaires des Forces.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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