Ottawa veut une base militaire canadienne à Singapour

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Le Canada pourrait avoir prochainement une nouvelle base militaire à Singapour, dans le sud-est asiatique

Selon ce qu’a appris La Presse Canadienne, le Canada tente actuellement de conclure une entente avec Singapour afin d’y établir une base militaire.

Le secrétaire américain de la Défense, Leon Panetta, a annoncé lors d’une rencontre à Singapour avec plusieurs responsables en matière de défense, que les États-Unis redéploieront la plus grande partie de leur flotte navale vers l’océan Pacifique d’ici 2020 dans le cadre de leur nouvelle stratégie militaire axée sur l’Asie. De 50%-50% entre l’Atlantique et le Pacifique, la part passera à 40%-60%. Ce changement d’orientation des États-Unis survient alors que la Chine hausse ses dépenses militaires à un rythme affolant.

Singapour est un lieu stratégique pour la défense de la Mer de Chine méridionale (Photo: Google Maps)

Lors d’une entrevue, alors qu’il participait à la rencontre, le ministre de la Défense Peter MacKay a donné quelques détails sur le projet.

Pour M. MacKay, il est clair que ses homologues asiatiques sont nerveux face aux démonstrations de force de la Chine, y compris ses réclamations territoriales en Mer de Chine méridionale, qui sont, rappelons-le, potentiellement riche en ressources.

« Dans les couloirs, j’entend parler de beaucoup de tensions, le tout est vu comme une provocation par les pays qui sont rassemblés ici », a-t-il dit.

Le ministre estime aussi qu’une présence militaire à Singapour permettrait au Canada de réagir beaucoup plus rapidement en cas de désastre naturel ou d’autres crises en Asie du Sud.

Le Canada a des ententes similaires avec le Koweït et la Jamaïque, ce qui lui permet d’avoir une présence militaire au Moyen-Orient et dans les Caraïbes. L’entente avec le Koweit (signée en juillet 2011) permet aux militaires canadiens d’avoir un accès sécuritaire à un aéroport, ainsi qu’à un port pour retourner de l’équipement d’Afghanistan vers le Canada. La coopération militaire avec la Jamaïque remonte, quant à elle, aux années 1960.

« Tout ce que font les États-Unis est démesuré par rapport à tous les autres. Mais d’autres pays, dont le nôtre, envisagent d’avoir une plus grande présence militaire et une capacité de mobilisation plus importante dans cette région. Cela comprend des missions d’aide humanitaire. »

La question de la menace chinoise reste toutefois délicate, puisque Ottawa est également en discussion avec Pékin pour donner un coup de pouce aux échanges bilatéraux et aux exportations énergétiques canadiennes en provenance des sables bitumineux de l’Alberta.

M. MacKay a souligné que le Canada devait trouver un moyen de maintenir un équilibre entre les nouvelles priorités économiques du Canada en Asie et ses intérêts en matière de sécurité dans la région.

La Chine a en tout cas immédiatement réagi par la voix de l’agence officielle Chine Nouvelle, en assurant que ce n’était pas le moment de « créer des vagues » en Mer de Chine méridionale, actuel terrain de disputes territoriales. Pékin dénonce aussi « le concept très surévalué de ‘menace chinoise’ à la liberté de navigation en Mer de Chine méridionale ».

Rappelons également qu’avec la montée en puissance militaire de la Chine, le plus grand exercice naval au monde, RIMPAC, aura lieu dans un mois tout près des côtes hawaïennes, et impliquera de nombreux pays du pourtour de la Mer de Chine méridionale.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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