Un Tupolev TU-154M russe dans le ciel du Canada en juin

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Carte des 34 États du traité Ciel ouvert ( Photo Super cyclist)
Carte des 34 États du traité Ciel ouvert ( Photo Super cyclist)

Je te surveille, tu me surveilles, nous nous surveillons… Du 26 au 28 juin 2012, un avion Tupolev TU-154M de la Fédération russe effectuera une mission d’observation au-dessus du Canada en vertu du traité de surveillance mutuelle « Ciel ouvert ».

Le traité Ciel ouvert vise à augmenter la confiance et la sécurité par la mise en place d’un programme de vols de surveillance non armés sur la totalité du territoire des 34 États signataires. Ce programme entend promouvoir ainsi l’ouverture et la transparence entre les nations grâce à un concept d’observation mutuelle.

Il avait été proposé la toute première fois par le président américain Eisenhower en 1955, puis repris par George Bush père en 1989, pour être finalement signé à Helsinki en 1992, ratifié l’année suivante par les États-Unis et par la Russie en 2001, pour finalement entrer en vigueur en janvier 2002.

En vertu de ce traité, chaque État signataire doit accepter de recevoir un certain nombre de vols d’observation (« quota passif ») et peut mener, au maximum, autant de vols d’observation qu’il en a reçus (« quota actif »). L’État observé doit être averti au moins 72 heures à l’avance du vol d’observation que prévoit l’État observant.

Les appareils utilisés pour ces missions varient d’un pays à l’autre. Les États-Unis utilisent des OC-135 B Open Skies (une version militaire du Boeing 707) et le Canada utilise, vous l’aurez deviné… un C-130 Hercules.

Quant à eux, les Bulgares, les Russes, les Roumains et les Ukrainiens, utilisent des Antonov An-30. La Russie, elle, utilise également une variante du Tupolev Tu-154.

C’est cette variante de l’avion Tupolev qui est arrivé à la 8e Escadre Trenton samedi le 23 juin. Conformément à ses obligations en vertu du traité « Ciel ouvert », le Canada l’a autorisé à effectuer des vols d’observation au-dessus du territoire canadien.

Pour des raisons de sûreté, de sécurité et de vérification du respect des termes du traité, des militaires canadiens escorteront l’avion russe.

Grâce à ses divers systèmes d’imagerie, l’avion pourra observer et vérifier les secteurs qui présentent un intérêt ou sont une source de préoccupations pour les Russes : installations militaires, complexes industriels, agglomérations urbaines et installations de transport. Pour des raisons de sûreté, de sécurité et de vérification du respect des termes du traité, des militaires canadiens escorteront l’avion russe.

La mission d’observation du Tupolev russe sera la huitième mission du genre qu’accueille le Canada depuis l’entrée en vigueur du traité, la première ayant eu lieu en 2004.

 

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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