Eau contaminée à Shannon: la bataille se poursuit

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Contamination au TCE de la nappe phréatique à Shannon (Illustration: Développement et Paix)
Contamination au TCE de la nappe phréatique à Shannon (Illustration: Développement et Paix)

À Shannon, à 10 minutes de la base de Valcartier dans la région de Québec, dans l’affaire de l’eau contaminée au trichloréthylène (TCE), le Regroupement des citoyens de Shannon entend en appeler de la décision du juge Godbout dans ce dossier.

En juin dernier, le juge Bernard Godbout de la Cour supérieure du Québec rendait sa décision dans ce dossier du recours collectif déposé au nom des résidents de la municipalité de Shannon. Le juge avait alors entériné la position du gouvernement du Canada selon laquelle les preuves n’ont pas permis d’établir de lien de cause à effet entre les problèmes de santé allégués par les participants au recours collectif et l’exposition au TCE.

Mince consolation, le juge avait toutefois accordé une compensation financière forfaitaire allant jusqu’à 15 000 $ aux adultes dont la résidence a été raccordée au réseau d’aqueduc de la municipalité de Shannon entre le 21 décembre 2000 et le 31 décembre 2001, en raison des inconvénients subis. Ceci ne représentait qu’environ 160 résidences.

Le Regroupement des citoyens de Shannon était loin d’être satisfait de la décision du juge Godbout.  Il faut savoir que la représentante du recours collectif contre le gouvernement, Marie-Paule Spieser, réclamait 200 millions de dollars pour 600 résidents qui ont développé des cancers et 3 000 personnes qui ont vécu sur la base militaire de Valcartier, dans cette affaire de contamination de la nappe phréatique.

Un quotidien de Québec nous apprend maintenant dans son édition du 21 juillet que leur avocat a déposé un avis pour porter la décision en appel.

Pour les demandeurs dans cette affaire, les raisons qu’avait le juge de restreindre autant la définition de ceux pouvant faire partie du groupe visé par le recours sont tout simplement inexplicables. Dans le document déposé au tribunal vendredi 20 juillet,  on reproche au juge « de s’être appuyé sur des hypothèses non pertinentes et non supportées par la preuve ».

L’avocat des appelants, Me Chales Veilleux, de Shannon, a déclaré : « On a donné tout ce qu’on pouvait dans ce dossier-là et si je l’ai fait, c’est parce que j’ai vu des gens souffrir, j’ai vu des familles brisées, puis j’ai constaté qu’il y avait une contamination de la nappe phréatique avec un produit cancérigène. Je ne peux pas rester insensible à ça ».

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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