Le F-35 : les limites de la furtivité selon les concurrents de Lockheed

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Le « Air Systems Centre » de Cassidian à Manching (Bavière) en Allemagne (Photo: Cassidian)
Le « Air Systems Centre » de Cassidian à Manching (Bavière) en Allemagne (Photo: Cassidian)

Alors que la furtivité avait été présentée comme l’un des principaux atouts du chasseur F-35, le nouveau radar passif de Cassidian limiterait considérablement cet avantage.

Déjà, début juillet, dans un article publié par le US Naval Institute, le commandant en chef de la US Navy, l’amiral Jonathan Greenert, avait publiquement remis en question les avantages à long terme de la technologie furtive, comme celle utilisée dans le chasseur F-35, suggérant plutôt que des drones et d’autres solutions alternatives seraient la voie de l’avenir.

Voilà que maintenant, dans un communiqué publié le 19 juillet, Cassidian, la division de défense et de sécurité d’EADS, un concurrent européen de l’industrie aérospatiale américaine, dit avoir a développé un radar dit « passif », susceptible de détecter même des objets volants difficilement détectables, comme, précisément, les « avions furtifs » tels que le nouvel avion de chasse de Lockheed Martin. Qui plus est, ce radar serait lui-même pratiquement impossible à repérer. Contrairement aux radars traditionnels, le radar passif n’émet lui-même aucun rayonnement, mais exploiterait, pour la reconnaissance des objets, les réflexions des rayonnements d’autres émetteurs, tels que les stations de radio ou de télévision.

« Le principe du radar passif est connu depuis longtemps déjà », déclare Elmar Compans, responsable de l’unité Sensors & Electronic Warfare chez Cassidian, « mais nous avons eu recours aux possibilités d’avant-garde des technologies numériques en matière de récepteurs et de traitement des signaux, en vue d’augmenter sensiblement aussi bien portée qu’exactitude de détection grâce à l’utilisation simultanée de différents émetteurs. »

Ce radar offrirait des possibilités élargies d’utilisation pour le contrôle du trafic aérien civil et la reconnaissance militaire de l’espace aérien. Dans le domaine militaire, affirme Cassidian, « l’utilisation du système permet la surveillance de vastes zones grâce à l’emploi de récepteurs mis en réseau, tout en présentant l’avantage opérationnel déterminant d’empêcher l’adversaire de détecter le radar passif. Les qualités particulières des signaux radio omniprésents utilisés permettent de repérer des objets même difficilement détectables, comme par exemple les avions ou navires dits furtifs ».

Il faut dire que Cassidian est une filiale de l’européenne EADS , un leader mondial de l’aéronautique, de l’espace, de la défense et des services associés. En 2011, le Groupe, qui comprend Airbus, Astrium, Cassidian et Eurocopter – a dégagé un chiffre d’affaires de 49,1 milliards d’euros (60 M$). Il emploie plus de 133 000 personnes. Il est un concurrent de l’industrie aérospatiale américaine dont un des fleurons est Lockheed Martin, qui produit le controversé F-35, qui a fait l’objet sur 45e Nord ce 25 juillet d’un long reportage illustré de Nicolas Laffont, de retour d’une visite à l’usine de Lockheed à Fort-Worth, au Texas.

Cassidian est quant à lui, avec un chiffre d’affaires en 2011 de 5,8 milliards d’euros (7 M$), un leader mondial dans le domaine des solutions et systèmes de sécurité intégrés et de l’intégration de grands systèmes : systèmes aériens (aéronefs et systèmes de drones), systèmes navals, terrestres et « interarmées », renseignement et surveillance, cybersécurité, communication sécurisée, systèmes de test, missiles, services et support. Il emploie 28 000 personnes.

Finalement, la furtivité… un atout indispensable, une illusion ou, plus simplement, un avantage dont il ne faut pas exagérer l’importance? À suivre! Réponse lors de la prochaine guerre peut-être…

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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