Rencontre avec le commandant en second du NCSM Algonquin

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Capitaine de corvette Pascal Belhumeur, commandant en second du destroyer canadien NCSM Algonquin sur sa passerelle (Photo: Nicolas Laffont)

Notre journaliste Nicolas Laffont se trouve actuellement à Hawaii, dans le cadre de l’exercice aéronaval RIMPAC. Il a auparavant effectué la traversée de San Diego à Hawaii à bord du NCSM Algonquin. 

45eNord: Tout d’abord quelle est l’histoire de ce navire ?

Capitaine de corvette Belhumeur: L’Algonquin a été construit dans les années 70 à Lauzon, au Québec, et il a été mis en service en 1973. Son rôle principal était de lutter contre les sous-marins. Dans les années 90, le navire a été complètement changé pour un rôle plus anti-aérien. Et puis on a eu des nouveaux systèmes à bord et la capacité d’accueillir l’amiral de la côte ouest ou de la côte est avec tout son staff à bord, ce qui nous permet de contrôler les autres navires de la flotte. L’équipage est d’environ 308 membres pour supporter l’amiral des deux côtés du pays.

L’an dernier, l’Algonquin a aussi participé à une opération internationale, Panamax.

Oui, nous sommes descendus pour l’exercice Panamax, qui est un exercice afin de lutter contre les menaces envers le canal de Panama. Juste après ça, on a aussi fait une opération de lutte contre les drogues qui viennent d’Amérique du Sud, passent par le Mexique et finissent en Amérique du Nord.

L’Algonquin et son équipage sont maintenant en route pour participer à RIMPAC, le plus grand exercice aéronaval au monde. Quel est tout d’abord le rôle de l’Algonquin dans cette traversée de San Diego à Hawaii ?

Vu que nous sommes un navire ayant la capacité de recevoir un staff à bord, que c’est un exercice avec beaucoup de pays qui y participent, et que plusieurs [des navires]viennent de la côte ouest, au lieu d’y aller un à la fois, on a mis tous les navires ensemble pour aller à Pearl Harbor. Notre rôle dans cette partie-là, consiste à supporter un staff américain qui est venu à bord pour contrôler les mouvements des autres navires et puis gérer les exercices que l’on fait durant notre voyage.

Finalement, l’Algonquin agit comme vaisseau amiral ?

C’est tout à fait ça. C’est le vaisseau amiral de la flotte.

Une fois arrivé à Hawaii, vous pourrez profiter de quelques jours de repos avant de vous lancer dans RIMPAC. Mais en quoi cela consiste RIMPAC?

RIMPAC existe depuis 1971 et se déroule chaque deux ans sous l’impulsion de la 3e flotte américaine du Pacifique. C’est pour essayer de pratiquer l’interopérabilité des différentes marines participantes. Ca nous aide dans le futur à travailler ensemble, comme avec l’OTAN ou d’autres organisations pour supporter des missions. Et c’est ça le but de l’exercice parce que les communications entres tous ces différents pays c’est compliqué, alors il faut se pratiquer pour être capable d’exécuter des missions en temps de guerre ou de supporter des pays alliés.

Dans tout ça, sur chaque navire il y a un commandant (CO) et un commandant en second (XO). Quel sont leurs rôles ?

Le commandant, c’est lui qui porte les responsabilités et fonctions de tout le navire. Le commandant en second le supporte dans ce rôle-là et en temps de guerre, le commandant en second est en charge du contrôle des incendies et inondations à bord, pendant que le commandant s’occupe de la défense du navire.

Pour conclure, qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager dans la Marine ?

Pourquoi moi je suis rentré dans la Marine ? (il sourit)  Je pense que c’est important de redonner quelque chose au pays, et puis j’ai trouvé que ça serait un rôle intéressant … parce que je suis citoyen canadien et puis je me suis dit pourquoi pas dans la Marine et je pourrai visiter le reste du monde en même temps.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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