ZAPLIGHT: un laser pour tous les éliminer

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ZAPLIGHT (Photo: Recherche et développement Canada, Ministère de la Défense nationale)

Nous sommes en 2025. Le gouvernement canadien vient officiellement de déclarer la guerre aux cartels de la drogue sud-américain et envoie ses troupes régler la situation. S’inspirant des Talibans lors de la deuxième guerre d’Afghanistan des années 2000, les cartels posent de nombreux engins explosifs improvisés sur les routes, y compris dans les grandes villes.

Les forces armées canadiennes se déploient sur place et prennent possession des lieux, kilomètre par kilomètre.

Rafaël est un jeune poseur de bombe. Après avoir pris ses instructions du « boss », il installe un engin explosif sur un chemin de campagne peu fréquenté. Les canadiens doivent passer par là dans quelques heures.

Le caporal-chef Stevenson sert dans les Forces canadiennes depuis 8 ans déjà. Bien installé dans son char d’assaut Leopard 2 qui vient de subir une mise à jour, il parcourt avec son équipe, les routes de Bolivie.

En cette matinée du 4 septembre 2025, il aperçoit quelque chose sur un obscur chemin. Avec précaution, ses hommes analysent la menace et l’identifie comme un engin explosif improvisé. Ils décident de tester leur nouveau jouet: le « destructeur de bombe », plus connu sous son nom scientifique de ZAPLIGHT ou Zone Active Protection Laser Ionization for Guidance of High-Energy Transients (Ionisation laser de protection active de zone pour la direction de la haute tension).

ZAPLIGHT était un projet de recherche mené à la fin des années 2000 et début 2010 par l’agence Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC).

En ce temps, l’objectif du projet ZAPLIGHT de RDDC Valcartier consistait à mettre au point une solution au problème des engins explosifs improvisés (EEI). Même s’ils sont assez rudimentaires, et même si ceux-ci se sont améliorés avec le temps, les EEI posaient problème du point de vue de la détection et des contre-mesures. RDDC a donc mis sur pied le projet ZAPLIGHT, utilisant la technologie de laser femtoseconde pour « orienter diverses formes d’énergie et déjouer les menaces qui pèsent sur les véhicules terrestres ». Un laser femtoseconde est un type de laser assez particulier qui produit des impulsions ultra-courtes dont la durée est extrêmement brève. Plus son diamètre est petit, plus il est concentré et donc puissant.

C’est donc ainsi que le caporal-chef Stevenson enclenche le laser et détruit l’engin explosif en moins de deux minutes. La route sécurisé, le caporal-chef et son équipe continue leur mission contre les cartels de la drogue.

Le projet des Forces canadiennes suit toujours son cours, mais une porte-parole de Recherche et développement pour la défense Canada nous a cependant indiqué qu’aucune autre information au sujet de ce projet ne pouvait être divulguée pour des raisons de sécurité opérationnelle.

Interrogé sur la question des applications, le professeur Richard Leonelli du Département de physique de l’Université de Montréal explique qu’avec un laser femtoseconde, son opérateur serait en mesure de percer des trous dans l’engin explosif improvisé et pourrait le faire exploser à distance voire de le désactiver en ciblant très précisément le mécanisme de détonation ou l’explosif en lui-même.

Plusieurs contrats de Recherche & Développement ont été octroyés à des universités par le canal de ce projet, et des scientifiques de l’Institut national de recherche scientiique (INRS) – Énergie, matériaux et télécom- munications et de l’Université Laval ont grandement contribué à sa réussite. Le savoir faire acquis grâce au projet a également rendu possible la mise en chantier d’un nouveau programme R & D de laser femtoseconde en collaboration avec la France dans le cadre de l’arrangement spécifique 35. Au moyen de l’entente, les scientifiques des deux pays se transmettent de l’information. Un essai pratique commun de laser femtoseconde est prévu pour la fin 2009.

Dans un rapport annuel, RDDC indique que le projet leur a permis d’acquérir une solide connaissance théorique et pratique de la technologie de laser femtoseconde térawatt. « Il a en outre ouvert la voie à toute une gamme de nouveaux projets et d’applications appuyant directement divers aspects de la Stratégie S&T pour la Défense. De plus ce projet de Recherche & Développement a permis aux scientifiques de RDDC « de prendre une part active dans un nouveau domaine scientifique et a ouvert la voie à des échanges constructifs et à une collaboration avec des pays étrangers.

Juste avant le dévoilement du budget fédéral 2012 et des compressions au Ministère de la Défense qui force RDDC Valcartier a se débarasser d’une soixante d’employés civils, le centre de recherche était composé de 400 civils et 20 militaires, pour un budget annuel d’un peu plus de 70 millions $.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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