Cyberattaques: gare aux Russes!

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L'heure est aux cyberattaques (Photo: Newzilla)
L’heure est aux cyberattaques (Photo: Newzilla)

Une menace invisible et insoupçonnée peut très bien vous tuer. Du moins, c’est ce que prétendent les experts américains en cybersécurité, et cela semble viser tout autant les Canadiens que les Américains. Les experts soulignent en outre que la menace la plus sérieuse pourrait venir tout aussi bien des Russes que des Chinois.

Chaque jour la Chine, la Russie et d’autres gouvernements étrangers, des pirates et des criminels travaillent à violer les réseaux informatiques nord-américains. Ils ont ciblé les grandes entreprises et les entrepreneurs militaires; l’année dernière, il y a eu 200 attaques contre des infrastructures vitales – les centrales électriques,  les réseaux électriques, les raffineries, les réseaux de transport et les systèmes de traitement d’eau.

La plupart de ces installations en Amérique sont la propriété du secteur privé, dont les défenses sont dangereusement faibles. Beaucoup d’entreprises n’ont même de codes sécurisés pour les ordinateurs.  Les scénarios de cauchemar comprennent des attaques informatiques qui forceraient la  fermeture de la bourse, d’une centrale nucléaire, du système ferroviaire ou les trois à la fois.

Les Russes, plus dangereux que les Chinois

Le 19 juillet dernier, l’ex-ambassadeur David Smith, maintenant chercheur au Potomac Institute, un institut de recherche américain où il dirige le Potomac Institute Cyber Center  qui s’intéresse tout particulièrement aux menaces à la cybersécurité des États-Unis, a déclaré dans une conférence à l’American Council Foreign Policy que la Russie est une tout aussi grande cybermenace que la Chine et que, d’ailleurs, ses pirates sont moins susceptibles de se faire coincer.

Alors que ce sont les menaces chinoises qui ont le plus attiré l’attention récemment, les Russes sont tout aussi dangereux, et peut-être même plus dangereux, a déclaré M. Smith, qui a été impliqué quand il était ambassadeur dans les négociations sur le contrôle des armes avec ce qui était alors l’Union soviétique.

David Smith passe maintenant la moitié de son temps dans l’ancienne république soviétique de Géorgie, qui a subi une cyberattaque russe en même temps qu’une invasion classique en 2008.

Les Russes ont une population bien éduquée avec des compétences informatiques et une pègre prospère qui collabore avec les responsables gouvernementaux, de sorte que le Kremlin peut mobiliser des légions de « hackers » (pirates informatiques) en « une vaste force » pour des attaques en ligne, dit David Smith, en citant les attaques sur la Géorgie et sur l’Estonie en 2007.

Les entreprises nord-américaines interreliées 

Jadis, dit M. Smith, si des ennemis voulaient s’emparer de quelque chose sur votre territoire, ils devaient se battre contre les armées et la marine de votre pays, abattre le  mur de votre ville, avant de pouvoir se livrer au pillage. Dans notre nouveau monde de l’interconnexion, un agresseur peut accéder à des systèmes informatiques civils directement – et, une fois qu’il est dans le réseau d’une entreprise, il peut l’utiliser pour attaquer d’autres entreprises.

« Il n’y a pas que votre entreprise qui est en jeu dans la façon dont vous sécurisez le réseau de votre société», déclare David Smith. « Il y a une question de sécurité nationale …. Les États-Unis d’Amérique pourraient être attaqués grâce à vous. »

« Nous parlons…  ici de millions de systèmes reliés dans tous les domaines de la vie civile. Pour défendre ce vaste réseau, nous devons faire un effort commun » de conclure le chercheur.

 Pendant ce temps, les législateurs américains … 

Début août, aux États-Unis, les sénateurs républicains ont pourtant bloqué une nouvelle mesure visant à protéger les réseaux informatiques de l’Amérique, vulnérable aux attaques par des gouvernements étrangers potentiellement hostiles..

Le projet de loi demandait simplement aux entreprises de partager des données sur les cyberattaques avec le gouvernement, et aurait créé un cadre pour des normes de sécurité minimales de protection informatique. Mais la Chambre de Commerce et d’autres intérêts commerciaux ont déclaré que les règles seraient trop coûteuses et intrusives. Le résultat a été de reporter l’adoption de mesures visant à améliorer la cybersécurité de l’Amérique.

Entretemps, la « Forteresse Amérique », à l’intérieur de laquelle s’abritent les Canadiens comme les Américains, est bien mal protégée s’il faut en croire les experts en sécurité informatique.

 

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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