Écrasement d’un avion à Resolute Bay: un an plus tard

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Il y a un an jour pour jour, un Boeing 737 de la compagnie First Air s’écrasait à quelque centaines de mètres seulement de la piste d’atterrissage de Resolute (Nunavut). 12 personnes y trouvèrent la mort, trois survécurent.

Avec des prières, la communauté de Resolute s’est recueillie aujourd’hui au pied du nouveau mémorial en hommage aux victimes de la tragédie.

“Juste quelques prières et nous ferons nos adieux” a déclaré Aziz Kheraj, le propriétaire d’hôtel à Resolute qui avait affrété l’avion et qui a perdu des amis, des employés et sa petite-fille de sept ans dans l’écrasement.

Le 20 août 2011, le vol 6560 de First Air était parti de Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) pour rallier Resolute. À son bord, quatre membres d’équipage et 11 passagers.

À 11 h 42, heure locales, alors qu’il approche de la piste d’atterrissage 35T, l’avion percute une colline à 120 mètres au-dessus du niveau de la mer et à environ 1 kilomètre à l’est de la mi-piste de l’aéroport de Resolute Bay, dont l’élévation est de 66 mètres. Sous la force de l’impact et de l’incendie qui s’ensuit, l’avion est détruit. Huit passagers et les quatre membres d’équipage perdent la vie. Trois passagers sont grièvement blessés et sont secourus par du personnel des Forces canadiennes qui se trouve à Resolute Bay dans le cadre de l’Opération Nanook.

Une équipe de recherche à bord d’un hélicoptère des Forces arrive à se rendre sur place en 12 minutes avec l’aide de la Garde côtière, trouve les trois survivants qui sont alors  transportés dans un hôpital militaire de campagne qui avait été mis en place pour l’exercice.

Le Gouverneur général du Canada, David Johnston, se trouvait dans la région au moment de l’accident. Il avait à l’époque été « profondément attristé par la catastrophe » et il pouvait « témoigner du professionnalisme et du dévouement de nos Forces canadiennes et des organisations civiles alors qu’elles ont rapidement et efficacement réagi […] ».

Mobilisés immédiatement après l’écrasement, le Bureau de la sécurité des transports (BST) a commencé une enquête afin de déterminer les causes du drame.

Joint par téléphone, Yannick Sarazin, enquêteur au BST, annonce que l’équipe d’enquête en est rendue à l’étape 3 de l’enquête qui en compte… 3, c’est à dire la production du rapport. « Après avoir entrepris son travail d’analyse de la somme considérable de données, l’équipe en est à l’étape de production, de rédaction du rapport, que nous nous attendons à rendre public dans la prochaine année [NDLR: d’ici un an].

Quelques minutes après l’écrasement du vol 6560 pendant l’Opération Nanook 2011 à Resolute Bay (Photo: Nicolas Laffont)

Les premières conclusions

Dans un premier rapport, le Bureau de la sécurité des transports indique que 40 minutes avant l’accident, le plafond nuageux était de seulement 200 mètres avec une visibilité de 16 kilomètres, mais que peu après il était de 91 mètres avec une visibilité de 8 kilomètres.

Le rapport précise aussi qu’en raison de ces conditions météorologiques, l’équipage a du faire une approche à l’aide des instruments de vol et de navigation.

L’équipage a remis les gaz 2 secondes avant l’impact. À ce moment-là, les volets étaient à la position 40, le train d’atterrissage était sorti et verrouillé, la vitesse était de 157 nœuds et la liste de vérifications finale avant l’atterrissage avait été passée en revue.

Environ 20 minutes après l’accident, un autre avion a réussi à effectuer une approche ILS de la piste 35T. Le 22 août 2011, NAV CANADA a procédé à une vérification en vol de l’équipement au sol de l’ILS, et le tout a été jugé en bon état de service.

[…]

L’examen technique de l’avion sur le lieu de l’accident a révélé l’absence de problèmes techniques antérieurs à l’impact. D’après l’analyse des renseignements de l’enregistreur des données de vol ainsi que l’examen des moteurs sur place, ceux-ci fonctionnaient et produisaient une puissance considérable au moment de l’accident. L’analyse des instruments de vol et de navigation de l’avion se poursuit.

À l’heure actuelle, le BST considère cet événement comme un accident résultant d’un impact sans perte de contrôle (CFIT). Ce genre d’accident se produit lorsqu’un aéronef en état de navigabilité est dirigé en vol contrôlé contre le relief, des obstacles ou un plan d’eau sans que l’équipage ne se doute qu’une collision est sur le point de se produire. Les accidents CFIT font partie des problèmes de sécurité soulignés dans la Liste de surveillance du BST.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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