Exportation illégale de technologie par Pratt & Whitney: la Chine nie tout

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Le turboréacteur à postcombustion F135 développé par Pratt & Whitney et destiné à propulser les Lockheed Martin F-35 Lightning II (Photo : Pratt & Whitney, Canada)
Le turboréacteur à postcombustion F135 développé par Pratt & Whitney et destiné à propulser les Lockheed Martin F-35 Lightning II (Photo : Pratt & Whitney, Canada)

L’agence de presse Chine Nouvelle (Xinhua) annonce qu’un porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale a réfuté le 26 juillet les accusations selon lesquelles l’hélicoptère d’attaque chinois Z-10 aurait été développé avec des technologies américaines copiées, assurant que le fabricant d’hélicoptère avait utilisé des droits de propriété intellectuelle distincts.

Il faut noter que l’agence Chine Nouvelle n’est pas une agence de presse indépendante, mais rattachée au Conseil des affaires de l’État de la République populaire de Chine. Les Occidentaux la perçoivent plutôt, à tort ou à raison, comme un outil de propagande. Elle a néanmoins le mérite de nous faire connaître clairement la position des autorités chinoises qui est, dans cette affaire, de tout nier en bloc.

Pourtant, Pratt & Whitney Canada avait accepté de plaider coupable le jeudi 28 juin aux États-Unis à deux accusations criminelles fédérales – violation d’une loi de contrôle des exportations des États-Unis et fausses déclarations. Les autorités américaines avaient alors déclaré que l’entreprise de Longueuil avait vendu à la Chine un logiciel permettant aux autorités chinoises de développer et produire leur premier hélicoptère moderne d’attaque militaire, le nouveau Z-10.

D’ailleurs, loin de nier, dans un communiqué publié le 28 juin, Louis Chenevert, le président du Conseil et chef de la direction de la société mère de Pratt & Whitney, l’américaine United Technologies, avait plutôt fait « amende honorable » : « Ces violations ont révélé d’importantes possibilités de renforcer notre programme de conformité à l’exportation. Nous avons pris des mesures considérables pour améliorer nos contrôles à l’exportation et améliorer notre infrastructure de conformité », avait-il déclaré.

lnvité lors d’un point de presse mensuel à commenter les déclarations de la société américaine United Technologies, Yang Yujun, porte-parole du ministère chinois de la Défense, a déclaré pour sa part : « Les hélicoptères d’attaque chinois et leurs moteurs sont entièrement développés par la Chine et ont obtenu des droits de propriété intellectuelle ». M. Yang, a même ajouté que le soi-disant piratage « est bien loin de la réalité ».

« Le développement des équipements militaires chinois respecte depuis toujours le principe de l’innovation indépendante et compte sur ses propres capacités de recherche et de production », a encore souligné le porte-parole chinois.

La Pratt & Whitney se retrouve donc coupable d’une exportation illégale vers un pays, la Chine, qui nie totalement, quant à elle, s’être rendue coupable d’importation illégale de technologie et prétend avoir développé elle-même son hélicoptère d’attaque.  Si ce n’était de la crainte d’un jeu de mots facile, on serait tenté d’ajouter que ce genre d’explication des autorités de la République populaire, c’est vraiment du chinois.

 

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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