La militaire américaine qui demandait l’asile au Canada expulsée le 20 septembre (MàJ)

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Kimberly Rivera, qui a servi en Iraq en 2006 et demandé par la suite l'asile au Canada (Photo: Young war resisters)
Kimberly Rivera, qui a servi en Irak en 2006 et demandé par la suite l’asile au Canada (Photo: Young war resisters)

Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) a ordonné l’expulsion d’une femme soldat de l’armée américaine, qui avait fui les États-Unis et s’était réfugiée au Canada, car elle refusait d’être déployée une deuxième fois en Irak en 2007.

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Mise à Jour du 21 septembre

Ça y est, la  militaire américaine qui demandait l’asile a été déportée.

La soldate américaine qui s’était  réfugiée au Canada en 2007 parce qu’elle refusait de retourner combattre en Irak a été renvoyée aux États-Unis le 20 septembre tel que prévu. Après avoir été reconduite  à la frontière, Kimberly Rivera a été immédiatement arrêtée, détenue et remise entre les mains de l’armée américaine.

Le secrétaire parlementaire du ministre de l’Immigration Jason Kenney, Rick Dystra, a confirmé les évènements. Le cabinet du ministre Kenney a affirmé que le Canada ne croyait pas que les États-Unis  persécuteraient la demanderesse à son retour dans son pays.

Toutefois, l’avocate de la soldate américaine, Me Alyssa Manning, conteste l’évaluation du risque auquel est exposée Mme Rivera en tant qu’opposante publique à la guerre en Irak. Ken Marcinec, de la Campagne d’appui aux résistants à la guerre, déclare pour sa part s’inquiéter de l’impact sur les enfants de Mme Rivera: «Pour ses trois plus vieux enfants, ils seront séparés de leur mère, et de la seule école qu’ils auront jamais connue», dit-il.

Amnistie international, le Congrès du travail du Canada, et le  Prix Nobel de la paix Desmond Tutu, avaient appuyé la cause de Kimberley Rivera. En outre, 19 000 personnes avaient signé une pétition en ligne contre sa déportation, et des manifestations ont eu lieu mercredi, veille de sa déportation, dans plusieurs villes canadiennes pour demander au gouvernement d’y surseoir.

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Kimberly Rivera va maintenant être extradée vers les États-Unis le 20 septembre après une décision de Citoyenneté et Immigration Canada annoncée le jeudi 30 août, rapporte la Campagne d’appui aux résistants, qui soutient les militaires américains qui refusent de participer à la guerre américaine en Irak, lors d’une conférence de presse le 31 août en matinée à Toronto.

La militaire américaine était partie au Canada lors d’une permission et,  une fois ici, elle a demandé le statut de réfugiée.

Rivera, qui vit aujourd’hui à Toronto avec son mari et ses quatre enfants, devra faire face à l’emprisonnement aux États-Unis en cas d’expulsion, a déclaré Michelle Robidoux, porte-parole de la Campagne d’appui aux résistants à la guerre.

Le groupe de soutien affirme que deux autres résistants américains à la guerre, Robin Long et Clifford Cornell,  qui avaient été renvoyés du Canada, ont chacun reçu respectivement aux États-Unis des peines de 15 et 12 mois de prison pour s’être opposé à la guerre en Irak.

L’invasion américaine de l’Irak a eu lieu en 2003. Washington a déclaré à l’époque que l’action militaire visait à découvrir de prétendues armes de destruction massive du régime de l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein. Toutefois, aucune arme de destruction massive n’a jamais été trouvée en Irak.

Le Canada, jadis, avait accueilli des dizaines de milliers de déserteurs américains pendant la guerre du Vietnam, mais,  lors du conflit en Iraq, les déserteurs qui ont fui au Canada et ont tenté d’obtenir le statut de réfugié n’ont pas eu gain de cause. Près de 200 déserteurs américains vivraient ici, dont certains dans la clandestinité.

Le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Jason Kenney, avait qualifié les résistants à la guerre en Irak de « faux demandeurs d’asile ». Il  a fait parvenir en juillet 2010 un bulletin à tous les agents d’immigration dans lequel il affirmait que les demandes d’asile de militaires américains qui avaient refusé de servir en Iraq étaient inacceptables.

La Commission de l’immigration et du statut de réfugié avait donc ordonné à Rivera de quitter le Canada en janvier 2009. Kimberly Rivera avait fait appel de cette décision, mais en vain. Aujourd’hui, son avocate, Me Alyssa Manning,  a indiqué qu’elle pourrait  encore en appeler encore de la décision de la déporter parce que des erreurs juridiques auraient été commises lors l’étude de risque en prévision de son renvoi aux États-Unis.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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