L’amiral Maddison et Stephen Harper d’accord: notre économie « flotte sur l’eau salée »

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Le NCSM Athabaskan, en tête, le NCSM Montréal (au centre), le NCSM Charlottetown (à gauche) et le NCSM Fredericton (à droite) lors de l'exercice du groupe opérationnel dans l’ Atlantique, en novembre 2010 (Photo : caporal Johanie Maheu, F.C.)
Le NCSM Athabaskan, en tête, le NCSM Montréal (au centre), le NCSM Charlottetown (à gauche) et le NCSM Fredericton (à droite) lors de l’exercice du groupe opérationnel dans l’ Atlantique, en novembre 2010 (Photo : caporal Johanie Maheu, F.C.)

Le 3 mai 2012, le premier ministre Harper avait déclaré : « Entourés comme nous le sommes par trois océans, notre économie flotte sur l’eau salée », se référant, bien sûr à l’Atlantique, au Pacifique et à l’océan Arctique. Ce qui justifie bien, à ses yeux, la modernisation de notre Marine au coût de 33 milliards $.

En entrevue au Business news network le 29 août, le vice-amiral Paul Maddison a abondé dans le même sens. « Le Canada est une puissance maritime, avec le plus long littoral au monde et des océans immenses » a-t-il dit, soulignant que 90% du commerce mondial passe par des routes maritimes. « Notre qualité de vie et nos intérêts nationaux dépendent de ces routes et la Marine canadienne doit être en mesure de les protéger, aussi bien en cas de catastrophes naturelles que de menaces militaires. »

À Toronto avec les marins de la frégate NCSM Ville de Québec dans le cadre de sa tournée des Grands Lacs pour commémorer la guerre de 1812, le vice-amiral Maddison a noté que les Torontois, qui vivent au centre du pays, lorsqu’ils regardent par leur fenêtre et voit le lac Ontario, n’aperçoivent aucun navire de la Marine canadienne et n’ont ainsi pas l’occasion de se rendre compte de toute la pertinence des paroles du premier ministre.

Les nouveaux navires de patrouille

Interrogé sur notre présence dans le Nord, le commandant en chef de la Marine a déclaré que l’Arctique aussi flottait sur l’eau salée et que, plus il y aurait d’activités, plus grande devrait être la présence de notre Marine.

Selon le vice-amiral, c’est ici qu’interviendront nos nouveaux navires extracôtiers de patrouille de l’Arctique qui seront capables d’opérer non seulement dans les glaces d’un an, d’une épaisseur d’environ 1 mètre, comme c’est le cas maintenant, mais aussi à l’avenir dans les glaces de formation plus ancienne et beaucoup plus épaisses, nous permettant ainsi d’opérer dans le Haut-Arctique comme dans le Bas-Arctique pendant la saison de navigation de juin à septembre.

Le contrat pour ces navires a été accordé à Irving Shipbuilding, de Nouvelle-Écosse, qui en construira de 6 à 8, et le vice-amiral Maddison s’attend à ce que les premiers de ces navires sortent des chantiers d’Halifax « bien avant la fin de la présente décennie ».

Les sous-marins

Le Canada a besoin de sous-marins pour la surveillance de ses eaux, soutient le vice-amiral, qui se dit très heureux des progrès du programme canadien de sous-marins.

« Après des débuts difficiles, on voit enfin la lumière au bout du tunnel. » Une étape importante a en effet été franchie cet été quand le NCSM Victoria a pris part à l’exercice naval multinational RIMPAC 2012 et lancé une torpille qui a coulé un navire-cible.

Le vice-amiral a également affirmé que les trois autres sous-marins devraient suivre comme prévu. Ils ne peuvent toutefois pas naviguer sous la glace comme le feraient des sous-marins nucléaires, mais ils navigueront dans des zones libres près des glaces, là justement où naviguent les navires de surface, et c’est précisément ce qu’on attend d’eux.

Pour le commandant en chef de la Marine canadienne,  il ne fait aucun doute qu’il est nécessaire pour le Canada d’avoir une force sous-marine, et que cette nécessité ne disparaîtra pas dans un avenir prévisible.

Même s’il est conscient des contraintes économiques et budgétaires, le vice-amiral Maddison soutient que la force sous-marine doit être préservée.

Le nouveau chef d’État-Major

Le vice-amiral, dont le nom avait souvent été cité comme possible successeur du Général Natynczyk au poste de chef d’État-Major, a salué la nomination de Thomas Lawson à ce poste, déclarant que lui et les autres officiers supérieurs des Forces canadiennes étaient ravis du choix du premier ministre.

Le vice-amiral Maddison a aussi ajouté que Thomas Lawson était un visionnaire, un très bon ami et un splendide officier,  énergique et compréhensif. Il s’est déclaré enchanté de le servir comme il avait servi son successeur et d’ainsi contribuer aux succès des Forces armées canadiennes.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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