Un général français à la tête d’un commandement « suprême » de l’OTAN

0
Le général de l'Armée de l'air française Jean-Paul Paloméros, au centre (Photo: ministère français de la Défense)
Le général de l’Armée de l’air française Jean-Paul Paloméros, au centre (Photo: ministère français de la Défense)

Le chef d’état-major de l’armée de l’air française, Jean-Paul Paloméros, a été nommé par l’OTAN « commandant suprême allié de la transformation » de l’Organisation.

L’Allied Command for Transformation (ACT), que dirigera le général Paloméros, a été créé pour favoriser la transformation et l’interopérabilité des forces armées de l’Organisation.

Le général Paloméros  prendra ses nouvelles fonctions à la fin du mois de septembre au quartier général du commandement suprême allié transformation à Norfolk, aux États-Unis.

Le défi du général Paloméros

L’objectif principal de l’ACT est  la «défense intelligente», un concept en vertu duquel l’OTAN  et ses 28 états membres mettent en commun leurs ressources pour  améliorer le rapport coût-efficacité alors que les dépenses militaires sont en baisse en Europe comme aux États-Unis  et au Canada.

La campagne de bombardements de l’OTAN de sept mois de la Libye l’an dernier – menée principalement par les européens – a révélé de graves lacunes dans le transport stratégique, la surveillance aérienne, le ravitaillement en vol et les drones, dont la plupart devaient être fournies par les États-Unis.

C’est un Canadien né à Chicoutimi au  Québec, le  lieutenant-général Charles Bouchard, qui avait commandé la guerre de l’OTAN contre la Libye.

Les États-Unis ont reconnu la contribution de Charles Bouchard à titre de commandant adjoint de la force interarmées interalliée à Naples et de l’opération «Unified Protector» tenue d’octobre 2009 à décembre 2011 contre l’ancien régime libyen et le général Charles Bouchard a même reçu la Légion du Mérite des États-Unis pour cette mission couronnée de succès.

Toutefois, en 2011,  le secrétaire à la Défense des États-Unis, Leon Panetta, avait averti ses alliés qu’ils ne devraient pas reposer sur les lauriers de la réussite de la campagne militaire alors en cours en Libye, et que l’Amérique à court d’argent ne pourrait pas toujours payer la facture lorsque l’alliance est loin.

« Il y a des questions légitimes quant à savoir, si les tendances actuelles se poursuivent, si  l’OTAN sera de nouveau en mesure de soutenir le genre d’opérations que nous avons vu en Libye et en Afghanistan sans les États-Unis en prenant  plus de responsabilités », avait alors dit Panetta à une réunion à Bruxelles.

L’OTAN espère donc que les pays mettront de côté les questions de souveraineté pour créer des capacités de défense conjointes – un objectif qui s’est révélé difficile dans les  63 ans d’histoire de l’OTAN.

Le général Paloméros succède au général Abrial

Le général Paloméros succède au général français d’armée aérienne Stéphane Abrial, dont la nomination en 2009 marquait le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’Alliance atlantique, dont le général de Gaulle avait claqué la porte en 1966.

Il est donc le deuxième français à occuper ce poste depuis le retour de la France dans le giron de l’OTAN.

L’autre principale fonction militaire de l’OTAN, celle de commandant suprême des forces alliées en Europe, est  octroyée traditionnellement à un Américain, présentement l’Amiral James Stavridis, qui opère depuis le quartier général des forces alliées en Europe, à Mons (Belgique).

 

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.