2 000 soldats américains tués en Afghanistan(MàJ)

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Des soldats américains de la 3e division d’Infanterie à l’aéroport de  on Kandahar, en Afghanistan, en septembre 2012 (Photo: sergent  Ashley Curtis, US Army)
Des soldats américains de la 3e division d’Infanterie à l’aéroport de on Kandahar, en Afghanistan, en septembre 2012 (Photo: sergent Ashley Curtis, US Army)

Mise à jour, 01-09-12

Avec l’attaque de lundi matin le 1er octobre, le compte passerait à 2004. Trois soldats de la Force internationale, que l’on peut présumer être américains,car la plupart des soldats déployés dans la région sont américains, sont morts dans une attaque-suicide lundi matin dans l’est de l’Afghanistan.

Selon les données du Pentagone indiquant le nombre de soldats et de civils américains tués en Afghanistan depuis le début de cette guerre il y a 11 ans, les deux nouveaux décès de samedi le 29 septembre ont fait passer  le nombre total de d’Américains travaillant pour le ministère américain de la Défense tués en Afghanistan à plus de 2 000, soit, très précisément, 2001.

Les chiffres

En effet, le 29 septembre, un soldat américain des Forces de l’OTAN et un employé civil du ministère américain de la Défense sont morts suite à une nouvelle attaque d’initiés dans l’est de l’Afghanistan qui a fait aussi des blessés du côté de  l’Armée nationale afghane. Le nombre de victimes d’attaques de membres de la coalition par leurs homologues afghans cette année passe donc maintenant de 51 à 53. Quant au nombre total d’Américains tués en Afghanistan depuis le début du conflit par des attaques d’insurgés, des engins explosifs, des attaques initiés ou d’autres moyens, il passe, quant à lui, de 1999 au 27 septembre (1996 soldats et 3 employés civils) à 2001 au 29 septembre (1997 soldats et 4 employés civils).

Bien sûr, derrière ces chiffres, il y a les vies perdues.

Le dernier incident

Le dernier incident se serait  produit «après une dispute verbale entre les deux parties» samedi vers 17h30 locale, rapporte l’Agence France Presse, citant Shahidullah Shahid, porte-parole du gouverneur de la province du Wardak, à l’ouest de Kaboul.

Cette attaque est la première attaque d’initiés depuis  le 16 septembre dernier alors que quatre soldats de la Coalition avaient trouvé la mort dans le sud de l’Afghanistan lors d’une attaque de l’intérieur par des  membres de la police afghane. Ces attaques de soldats ou policiers afghans contre leurs homologues de la Coalition avaient amené le général des Marines John R. Allen, commandant de l’OTAN en Afghanistan, à ordonner à la mi-septembre une réduction considérable de toutes les opérations conjointes. En outre, début septembre, la Coalition avait aussi dû arrêter la formation de recrues afghanes pour revérifier leurs antécédents pour essayer d’éliminer les infiltrés ou les nouvelles recrues qui pourraient présenter des risques pour les troupes de la coalition qui travaillent avec eux.

Ce n’est que le 27 septembre que le secrétaire américain à la Défense,  Leon Panetta, a annoncé que les troupes afghanes et de l’OTAN reprenaient les opérations conjointes qui avaient été suspendues plus tôt.

La frustration d’un général

Le général Allen, réputé généralement peu loquace,  a fait part de sa frustration au sujet de ces attentats meurtriers : « Ça me rend dingue, pour être honnête avec vous », a-t-il dit, dans une interview à l’émission « 60 Minutes » sur le réseau CBS diffusée dimanche 30 septembre.  « Elle résonne (cette question des attaques) partout à travers les États-Unis. Vous savez, nous sommes prêts à sacrifier beaucoup pour cette campagne, mais nous ne sommes pas prêts à être assassinés pour cela. »

Allen avait admis plus tôt dans une interview réalisée et diffusée par le Pentagone que la hausse des massacres par des initiés a créé de la « méfiance » et aggravé les inquiétudes parmi les alliés de l’OTAN concernant le maintien de leurs troupes en Afghanistan jusqu’en 2014. « Ils n’ont pas envoyé leurs troupes pour être tués. »,  a dit le général Allen.

Tout ceci, bien sûr, n’est pas sans compliquer le processus de transition par lequel l’OTAN et la Force internationale doivent transférer aux Afghans la responsabilité de la sécurité, le but étant « que les forces de sécurité afghanes assument la pleine responsabilité de la sécurité dans tout le pays d’ici à 2014, conformément à l’objectif fixé au sommet de l’OTAN à Lisbonne en 2010.»

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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