11,4 M$ additionnels pour la santé mentale dans les Forces canadiennes

0
« Nous sommes entraînés pour prendre soin de nos collègues » dit une photo illustrant un texte sur la prévention du suicide sur le site de l’Armée canadienne (Photo: MDN)

À l’occasion d’une visite au Centre de soutien pour trauma et stress opérationnels de la Base des Forces canadiennes à Halifax, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a annoncé le 12 septembre un investissement supplémentaire de 11,4 millions de dollars pour améliorer le programme de soins de santé mentale des Forces canadiennes. Plus particulièrement,  dit-il dans cette annonce, les fonds serviront à réduire le temps d’attente au moyen de campagnes de recrutement et de méthodes de traitement novatrices.

Années difficiles en matière de santé

Les deux dernières années ont été éprouvantes en matière de santé dans les Forces canadiennes, confrontées particulièrement au problème de suicide: en 2011, pour 58 623 militaires de la Force régulière de sexe masculin en service, il y a eu 19 suicides et, l’année précédente, en 2010, pour 58 723 militaires de la Force régulière de sexe masculin en service, il y en avait eu 12.

Un quotidien d’Ottawa, le 2 mai dernier, se basant sur un rapport interne de la Base de Petawawa,  affirmait que le système de traitement de santé mentale était en «crise». Le rapport, rédigé par un groupe de cliniciens civils (qui assurent une grande partie de la prise en charge des centaines de soldats atteints de troubles mentaux à partir de la base) décrivait un système mal financé, sans planification à long terme, arrivant à peine à fournir les soins les plus élémentaires alors que des soldats souvent suicidaires doivent attendre quatre mois ou plus avant qu’un psychiatre ou un psychologue ne puisse les traiter.

Le gouvernement critiqué durement pour les lacunes en santé mentale

Le gouvernement conservateur avait été critiqué durement pour les lacunes du programme de santé mentale dans les Forces canadiennes. On accusait alors le gouvernement de vouloir aller de l’avant avec un plan visant à réduire les emplois des professionnels de la santé du ministère de la Défense travaillant aux programmes la prévention du suicide et au suivi des troubles de stress post-traumatique.

Interrogé en Chambre le jeudi 3 mai sur les suppressions d’emplois et la situation à Petawawa, le ministre de la Défense Peter MacKay avait répliqué: « Les Forces canadiennes ont augmenté le nombre de services de santé mentale », a dit M. MacKay. « En fait, nous avons maintenant plus de 378 professionnels à temps complet en santé mentale et nous travaillons à en embaucher plus.»

Pour sa part, lors d’une entrevue à 45eNord.ca en mai dernier, le lieutenant-commandant et psychiatre Kenneth Cooper, s’exprimant au nom des Forces canadiennes, avait tenu à préciser que, comme des milliers de soldats reviennent de l’Afghanistan, le gouvernement fédéral prenait son rôle très au sérieux pour assurer la santé mentale des soldats et le ministère fait tout son possible pour prévenir le suicide et fournir des services de santé mentale pour les soldats qui reviennent.

Les Forces canadiennes mènent, nous disait le commandant Cooper, une importante étude chez les quelque 40 000 soldats qui ont servi en Afghanistan depuis 2001, une équipe de médecins militaires analysant le dossier médical de 2045 soldats déployés de 2001 à 2008, afin de déterminer l’importance des «blessures dues au stress opérationnel».

Cette étude, dont a  fait état le 12 septembre un quotidien montréalais , a finalement révélé que le syndrome de stress post-traumatique fut le principal problème observé chez les soldats de retour d’Afghanistan :  8% souffrent du syndrome de stress post-traumatique et 5,2% de dépression et d’anxiété.

12 septembre, le ministre annonce enfin des fonds additionnels

Le Canada dépensait annuellement 38,6 millions de dollars pour fournir des soins de santé mentale aux militaires. L’investissement total sera donc de 50 millions de dollars au cours de l’exercice financier en cours et la somme de 11,4 millions de dollars sera réattribuée de façon permanente au budget des soins de santé des FC.

Le ministre MacKay déclare maintenant : « Notre gouvernement a la volonté de soutenir les hommes et femmes en uniforme. Les besoins en santé, notamment ceux en santé mentale, figurent en tête de liste de mes priorités à titre de ministre de la Défense et je me suis engagé à faire l’impossible pour fournir à ceux qui défendre notre pays les soins dont ils ont besoin ».

Voici comment seront employés les fonds additionnels :

L’embauche de :

  • 4 psychiatres (ou plus);
  • 13 psychologues (ou plus);
  • 10 infirmiers en santé mentale (ou plus);
  • 11 conseillers en dépendance ou (ou plus);

1 million de dollars afin d’augmenter le nombre de cliniciens en soins primaires dans n’importe quelle clinique des Forces canadiennes où le temps d’attente dépasse la norme;

et, finalement,

2,7 millions de dollars afin d’éviter à avoir à réduire de neuf le nombre de cliniciens dans neuf de nos plus grandes cliniques.

Le ministre MacKay a déclaré à ce sujet : « Notre gouvernement a la volonté de soutenir les hommes et femmes en uniforme. Les besoins en santé, notamment ceux en santé mentale, figurent en tête de liste de mes priorités à titre de ministre de la Défense et je me suis engagé à faire l’impossible pour fournir à ceux qui défendre notre pays les soins dont ils ont besoin ».

De plus, le communiqué qui accompagne cette annonce souligne que, en sus du financement accordé le 12 septembre,  plus de 98 millions de dollars ont été engagés entre 2003 et 2009 dans le cadre de l’Initiative en matière de santé mentale afin de permettre l’embauche de près de 218 praticiens supplémentaires en santé mentale pour augmenter jusqu’à 447 le nombre de professionnels de la santé mentale.

À lire aussi:

Encadrés, les militaires canadiens se suicident moins que les civils >>

 

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.