Menace iranienne: les Canadiens ne se sentent pas visés

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Le président Ahmadinejad d’Iran à l’université Columbia (Photo: Daniela Zalcman, New-York, WikiCommons)
Le président Ahmadinejad d’Iran à l’université Columbia (Photo: Daniela Zalcman, New-York, WikiCommons)

Un sondage en ligne menée par Abacus, un institut de sondage d’Ottawa, montre que, même s’ils sont convaincus que l’Iran pourrait bientôt posséder l’arme nucléaire, la majorité des Canadiens n’en perdent pas pour autant le sommeil, ne se sentent pas directement visés et, surtout, s’opposeraient à une guerre contre l’Iran.

Une grande majorité de Canadiens (74 %) croient que le gouvernement iranien devrait développer des armes nucléaires au cours des cinq prochaines années, et la majorité croit (60 %), que l’Iran pourrait les utiliser contre d’autres pays. Cependant, les Canadiens sont divisés sur si la question d’une éventuelle participation du Canada à des actions militaires pour empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires et une importante majorité est carrément hostile à toute invasion terrestre qui impliquerait des troupes canadiennes.

Lorsqu’on leur a demandé d’évaluer l’importance de la menace que les actions du  gouvernement iranien représentent pour les personnes vivant au Canada, en Israël et en Europe, la perception de l’importance de la menace pour le Canada a été nettement inférieure à ce qu’elle était pour Israël et l’Europe.

Une grande majorité de Canadiens (74 %) interrogés, donc, croyaient que le gouvernement iranien est très probable ou assez probable de développer des armes nucléaires au cours des cinq prochaines années. Quinze pour cent ont dit les chances étaient soit peu probable, très peu probable, ou qu’il n’y avait aucune chance du tout.

Quand on leur a demandé quelles étaient les chances que le gouvernement iranien utilise l’arme nucléaire contre un autre pays, 60 % ont dit les chances étaient très ou assez probable tandis que 28 % estimaient qu’il était peu probable que le gouvernement iranien utilise ces armes contre un autre pays.

Les Canadiens interrogés se sont aussi déclarés d’accord avec les sanctions économiques (80 % tout à fait / plutôt d’accord) mais le soutien est moins probable quand il s’agit de la cyberguerre (52 % de soutien), de bombardement des installations nucléaires de l’Iran (37 %) ou d’une invasion terrestre impliquant des troupes canadiennes ( d’appui 25 %).

En outre, seulement 22 % estiment que le Canada devrait soutenir toute action militaire lancée par Israël contre les installations nucléaires iraniennes. Un autre 59 % croyait que le Canada ne devrait pas s’impliquer tandis que 19 % étaient incertains de ce que le Canada devrait faire.

Quant à  la décision du gouvernement fédéral de fermer l’ambassade du Canada à Téhéran et d’expulser les diplomates iraniens du Canada, six répondants sur dix (64 %) soit appuient fortement ou quelque peu la décision tandis que 18 %  y sont opposés. L’appui à la décision du gouvernement Harper était plus élevé chez les militants du Parti conservateur et chez les Canadiens âgés.

Bref, enfin un sondage dont les résultats doivent certainement réconforter ce brave M. Ahmadinejad. Rassurant?

Méthodologie

Le sondage a été mené en ligne avec 1208 répondants en anglais et en français au moyen d’un sondage en ligne programmé et des données recueillies par Abacus. Un échantillon aléatoire de panélistes du Forum Angus Reid (un panel représentatif de plus de 150.000 Canadiens)a été invité à participer à l’enquête. Le sondage a été réalisé à partir du 14 au 18 septembre 2012.

Comme l’enquête en ligne n’est pas une étude probabiliste, la marge d’erreur ne peut être calculée.  La marge d’erreur pour un sondage de 1208 répondants en utilisant un échantillon probabiliste est de + / – 2,9 %, 19 fois sur 20.

Les données ont été pondérées selon les données du recensement afin de s’assurer que l’échantillon apparié population canadienne selon l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, et de la région.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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