Nouveaux camions pour l’Armée: c’est pas demain la veille

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Une équipe de pièce du 1e Régiment, Royal Canadian Horse Artillery, à bord d’un VLMR, remorque un obusier C-3 de 105 mm pendant un exercice en 2005 à la BFC Wainwright, en Alberta (Photo: caporal John Bradley, FC)
Une équipe de pièce du 1e Régiment, Royal Canadian Horse Artillery, à bord d’un VLMR, remorque un obusier C-3 de 105 mm pendant un exercice en 2005 à la BFC Wainwright, en Alberta (Photo: caporal John Bradley, FC)

C’est un retour à la case départ pour le projet d’achat de camions militaires destinés à remplacer les vieux camions défaillants de l’Armée canadienne qui avait été stoppé en juillet dernier.

Travaux publics Canada devait relancer le processus peu après, mais les jours sont devenus des semaines et les semaines des mois sans que rien ne bouge.

Chronologie de l’avortement d’un processus d’acquisition

2004- Le ministère de la Défense prévient dans un rapport interne que sa flotte de camions est dans un état « catastrophique» : freins défectueux, systèmes de direction défaillants, rouille excessive. On craint des accidents qui pourraient entraîner des blessures graves ou des morts.

2009- Après bien des péripéties, le ministère de la Défense reçoit l’approbation du gouvernement en 2009 pour aller de l’avant avec l’achat pour 430 millions de dollars de 1500 camions de taille moyenne.

Mais, dans les années subséquentes, le ministère et les responsables militaires commencent à ajouter plus de fonctionnalités à ce qu’ils voulaient dans les véhicules, atteignant ainsi un coût estimatif de 730 M$ à 800 M$.

Fait sans précédent, les fonctionnaires du ministère de la Défense auraient été de l’avant avec le programme d’achat sans en référer au Conseil du Trésor pour approbation afin de couvrir le montant additionnel de 300 à 370 M$.

2012-Lorsque le Conseil du Trésor et les fonctionnaires du gouvernement conservateur ont découvert ce qui se passait, ils sont donc intervenus et, trois minutes avant l’heure limite de dépôt des soumissions pour cet achat, ont stoppé le processus.

Et tout s’arrête!

Où en sommes- nous?

Le ministère des Travaux publics avait avisé par courriel les soumissionnaires de l’annulation du contrat, affirmant que les « circonstances budgétaires et économiques ainsi que la situation des marchés » avaient changé depuis l’annonce du programme en 2006.

Le ministère avait alors déclaré aux soumissionnaires qu’il était nécessaire de réévaluer le programme afin de s’assurer que le bon équipement est acheté pour l’Armée, et ce, au montant le plus avantageux possible pour le Canada, avant de procéder à l’achat de camions.

Le processus pour ce projet d’acquisition urgent devait être relancé peu après et le ministère de la Défense et celui des Travaux publics et approvisionnements laissaient entendre qu’ils convoqueraient les fournisseurs qui souhaitaient soumissionner pour ce projet à une réunion d’information dans les semaines suivantes.

2004, 2008, 2009, 2012, juillet, août, septembre!  Plusieurs ministres titulaires et ministres associés plus tard,  après des problèmes avec les programmes d’achat des navires, des avions de sauvetage, des hélicoptères, et  la controverse des avions de chasse F-35, toujours pas de camions! Dur, dur de mener à terme un projet d’acquisition!

Achat de camions: dépenses additionnelles de 300 M$ sans approbation stoppées >>

L’affaire des camions militaires: la goutte d’eau qui fait déborder le vase >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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