«Plan C», le futur de l’Afghanistan, diviser pour mieux régner

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Alors que la plupart des pays qui ont une présence en Afghanistan se retireront d’ici 2014, certains se demandent encore comment le pays pourra être aussi autonome pour ne plus jamais être un refuge sûr pour les terroristes.

Malgré cette quiétude, quelques sources haut placées dans le gouvernement britannique auraient informé le journal The Independent que Tobias Ellwood, député conservateur et assistant parlementaire sur les questions des affaires étrangères au Parlement britannique, aurait présenté à son ministre des affaires étrangères, William Hague, et à la Maison-Blanche, un « Plan C » pour l’après 2014.

Ce « Plan C » consisterait à diviser l’Afghanistan en huit régions différentes dont chacune aurait son conseil qui serait supervisé par un ou plusieurs pays. (Kaboul, Kandahar, Herat, Mazar-i-Sharif, Kunduz, Jalalabad, Khost et Bamyan).

En revanche, M. Ellwood soutient que quelques régions pourraient également être gouvernées par des talibans. Le député croit que l’on doit inclure la coopération (bref, des liens) avec les talibans si c’est la seule manière d’arriver à une stabilité en Afghanistan.

The Independent fait également mention d’un rapport qui explique que les enjeux politiques et économiques ne sont pas les mêmes partout sur le territoire de l’Afghanistan. C’est pourquoi, en formant huit régions principales, on chercherait une structure moins centralisée politiquement. Divisé par plates-formes économiques et différences ethniques, le pays risquerait de moins chuter à cause d’une seule personne au pouvoir et pourra se concentrer sur sa région.

Les mêmes sources affirment également que M. Tobias Ellwood, celui qui est à l’origine de ce plan, aurait déjà discuté non seulement avec Washington, mais également avec des représentants du Pakistan à Londres.

Rappelons qu’entre 1994 et 1996, c’est soutenus par l’armée pakistanaise, que les talibans conquerraient l’essentiel de l’Afghanistan et instauraient une dictature fondamentaliste. C’est également au Pakistan que l’on a capturé Ben Laden en 2011. Le Pakistan doit-il une nouvelle fois participer au sort de son proche voisin ?

Beaucoup de critiques ont affirmé que la Grande-Bretagne ne devrait pas imposer un système politique en Afghanistan et devrait plutôt se concentrer sur le rapatriement de leurs troupes. Il faut rappeler que face à la menace expansionniste russe sur les Indes britanniques, en 1838, le Royaume-Uni a déclenché la première « guerre afghane » contre la Russie en envahissant l’Afghanistan. En 1842, l’armée britannique est décimée par une révolte populaire. C’est pourquoi plusieurs voient en ce plan un pays qui veut avoir ce qu’il n’a jamais obtenu : le contrôle du Royaume Uni sur l’Afghanistan.

C’est à cause de divisions comme celles-ci qu’en 1994 a débuté la création des « seigneurs de la guerre » (Warlords) qui s’est traduite par le régime des talibans, relève Thomas Ruttig, codirecteur d’Afghanistan Analysts Network.

Déjà, les réactions de l’Afghanistan démontrent que ceux-ci ne sont pas en faveur de ce plan. Il ne reste qu’à attendre les réactions de Washington et du gouvernement Afghan à ce « Plan C ».

Fille de deux parents militaires, Raymonde Thériault grandit sur différentes bases militaires. À l’université, elle est directrice du journal étudiant. En novembre 2010, elle est déployée avec la Roto 10 en Afghanistan.

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