Qui protège les diplomates canadiens en Afghanistan ?

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Les entreprises privées de sécurité décrochent de nombreux contrats lucratifs en zones de guerres. Ici, Blackwater en Irak. (Photo: Blackwater)

La mort de l’ambassadeur américain en Libye aura mis en lumière un phénomène que l’on oublie bien souvent: le personnel diplomatique envoyé dans des zones à risques n’est pas du personnel militaire et n’est pas payé pour risquer leur vie.

10 millions $ pour un an, c’est ce qu’il en a récemment coûté au gouvernement canadien pour assurer la protection de l’ambassade du Canada en Afghanistan. Et il lui en coûtera très bientôt la même chose.

Dans le contexte actuel d’attaques incessantes, de manifestations et de menaces en tout genre, le personnel diplomatique à Kaboul est en danger tous les jours. Pour assurer sa sécurité, le gouvernement du Canada a contracté une firme de sécurité privée au printemps 2011.

Le contrat, d’une valeur de 10 millions $ pour un an fut attribué à Sabre International, une société basée aux Émirats arabes unis. On retrouve des traces de la présence de Sabre International en Afghanistan, en Irak, en Bosnie, en Ouganda, en Ukraine, en Albanie, en Roumanie, au Népal, aux États-Unis, au Brésil et au Royaume-Uni.

45eNord.ca a appris que le premier contrat arrive à terme et qu’un autre contrat, à court terme, avait été donné à la firme de sécurité, le temps de faire un nouvel appel d’offres auquel des sociétés comme Academi, GardaWorld et Page Group pourraient se montrer intéressées.

« La sécurité de notre personnel en Afghanistan et partout dans le monde est une priorité, a dit à 45eNord.ca, Amanda Reid, porte-parole d’Affaires étrangères et Commerce international Canada. Un contrat à court terme a été délivré à l’entrepreneur actuel afin de laisser suffisamment de temps pour une nouvelle demande de propositions et au processus d’approbation ultérieur du Conseil du Trésor. Pour des raisons de sécurité, nous ne sommes pas en mesure de divulguer plus de détails sur ce contrat. »

Située dans le quartier de Wazir Akbar Khan, en plein Kaboul, l’ambassade abrite une quarantaine de Canadiens et une cinquantaine d’Afghans.

Le Canada a aussi fait appel à une autre entreprise de sécurité, mais cette fois pour évaluer les risques.

L’anglaise Control Risks, qui fournit déjà la protection pour les ambassades et consulats britanniques, a travaillé entre le 25 janvier et le 31 mars pour près de 2 millions $. Le but de l’opération était d’obtenir le plus de renseignements possibles sur les risques encourus par le personnel diplomatique en termes de terrorisme, d’instabilité et de catastrophes naturelles dans 174 pays, dont 46 villes importantes.

Il ne fait aucun doute que l’Afghanistan fait parti du Top 10 des pays les plus dangereux.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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