Rapport du SCRS déposé au Parlement: menaces, dangers et incertitudes!

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Vue aérienne du siège du SCRS à Ottawa (Photo: Normand lester, WikiCommons)
Vue aérienne du siège du SCRS à Ottawa (Photo: Normand Lester, WikiCommons)

Le SCRS, le Service canadien du renseignement de sécurité, a déposé son rapport public 2010-2011 le jeudi 20 septembre au Parlement canadien.

Le rapport n’est peut-être pas une lecture à conseiller avant de se mettre au lit. On y décrit un monde parsemé d’embûches et de dangers. Le terrorisme, l’espionnage, mais, surtout, des menaces nouvelles et parfois imprécises nous guettent, s’il faut en croire le rapport du SCRS.

Richard B. Fadden, le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité affirme, dans le mot qu’il adresse aux Canadiens dans ce rapport, que « … la violence commise au nom d’idéologies politiques ou religieuses extrémistes est encore un fléau mondial. Des gouvernements oppressifs continuent de produire, ou de chercher à produire, des armes de destruction massive, mettant ainsi la sécurité internationale en péril. La concurrence économique et stratégique que se livrent les nations les pousse à mener des activités d’espionnage hostiles semblables à celles observées au temps de la guerre froide. »

Richard Fadden souligne « Auparavant, nous savions grosso modo quelle menace pesait sur nous et qui étaient nos adversaires. De nos jours, il peut être difficile de les repérer. Dans le monde de l’espionnage, les cyberattaques contre des systèmes d’informations sensibles sont menées instantanément, à la vitesse d’Internet; les victimes ne savent pas ce qui les a touchés ni par qui elles l’ont été, et dans certains cas, ne savent même pas qu’elles ont été touchées. »

Le directeur du SCRS ajoute encore «Pour ce qui est du terrorisme, Internet permet aux extrémistes de créer des communautés virtuelles. Les terroristes n’ont plus à assurer la sécurité de leur repaire, car ils peuvent discuter des méthodes à employer depuis leur petit appartement.»

 Le rapport aborde plusieurs sujets controversés

Le rapport de 50 pages aborde plusieurs sujets : le contexte de la menace, le terrorisme et l’extrémisme , le financement du terrorisme, les armes chimiques, biologiques,radiologiques et nucléaires ,la cybersécurité, l’espionnage et les ingérences étrangères,le programme de filtrage de sécurité (conçu pour empêcher les personnes qui représentent une menace pour la sécurité du Canada d’entrer au pays ou d’y obtenir un statut ou d’avoir accès à des sites et des informations sensibles).

Notons, parmi les sujets couverts par le rapport, les opérations à l’étranger, la collaboration à l’échelle internationale, et l’échange responsable d’information, sujet qui avait fait les manchettes en août dernier quand les Canadiens avaient appris que le partage d’information avec des pays qui recourent à la torture serait dorénavant autorisé dans certains cas où la sécurité du Canada primera sur la prévention de la brutalité envers les prisonniers.

Des documents révélaient alors que le ministre de la Sécurité publique Vic Toews a transmis ces directives à la GRC et à l’ASFC peu de temps après avoir donné des directives presque identiques au Service canadien de renseignement de sécurité.

Lorne Waldman, l’avocat de Maher Arar, victime de torture après que des informations erronées fournies par le Canada eurent conduit à sa déportation en Syrie par les autorités américaines, avait alors déclaré que les directives du ministre de la Sécurité publique aux agences fédérales démontrent que le Canada n’a pas tiré les leçons de l’affaire Arar.

Conclusion

Si on devait inventer un slogan pour faire la publicité de ce rapport, ce slogan pourrait être « Après la lecture de ce rapport, rien ne vous semblera plus comme avant »!

« Nous préférerions tous vivre dans un monde où un pays pacifique comme le nôtre n’aurait pas besoin d’un robuste appareil de sécurité et de renseignement. (…) Malheureusement, ce n’est pas le monde dans lequel vivent les Canadiens. », conclut Richard Fadden.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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