La cause des propos haineux sur Facebook: des carrés rouges sur un monument du Royal 22e

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Quatre militaires de Valcartier qui ont écrit le printemps dernier des propos disgracieux sur Facebook subiront un procès sommaire en octobre au terme duquel seront prises des actions afin que les militaires ne récidivent pas et fassent attention à l’avenir à leurs propos sur les médias sociaux. Ce sont des carrés rouges sur le monument du Royal 22e régiment qui auraient provoqués ces propos déplacés.

Un peu de contexte

Suite à une manifestion dans la Capitale nationale sur la hausse des frais de scolarités, des manifestants avaient déposé des carrés rouges à plusieurs endroits… notamment sur un monument du Royal 22e Régiment à la place George V sur la Grande Allée.

Ce monument a été dévoilé le 11 novembre 1989 pour célébrer le 75e anniversaire du Régiment. De chaque côté du monument central, on retrouve les noms des membres décédés sur un terrain de bataille. Les monuments militaires sont importants aux yeux des militaires et de leur famille. Ces monuments n’évoquent aucune joie, ni aucun sentiment de deuil, ils sont là pour qu’on se souvienne de ceux qui ont servi leur pays.. La devise du Royal 22e régiment est d’ailleurs: « Je me souviens », ce souvenir de ceux qui ont servi leur pays.

Avec un esprit d’équipe très présent dans l’armée, lorsque quelqu’un subit un affront, tous, ou presque, le  « prennent personnellement ». C’est ce qui est arrivé début avril quand certains manifestants ont mis des carrés rouges sur le monument. Plusieurs militaires se sont sentis attaqués.

Les images se sont alors propagées sur Facebook et, durant cette période où se déchaînaient les médias sociaux, tous ont exprimé sur Facebook leurs pensées, y compris ces quatre militaires de Valcartier qui ont tenus des propos  disgracieux. Sauf que… un militaire reste un militaire, qu’importe où il se trouve. Il a des règles qu’il doit respecter.

Ces quatre membres des Forces armées canadiennes devront donc subir un procès, non pas parce qu’ils se sont exprimés, mais parce que leurs propos sur Facebook ne respectaient pas les valeurs des Forces canadiennes et sa politique quant à l’utilisation des médias sociaux. « Ouais manifester à Aushwitz, dans les petites chambre spéciale bande de connard, on va les réouvrir juste pour vous! » a écrit l’un des quatre soldats. Ce commentaire tiré de Facebook est évidemment très poussé, surtout pour un militaire qui travaille pour une armée qui a aidé à libérer plusieurs pays tombés durant la Deuxième Guerre mondiale aux mains des Nazis.

On pouvait également lire:

« Eille, les étudiants braillards, vous auriez pas dû mettre vos criss de carrés rouges sur notre insigne régimentaire du r22r! Vous êtes des asti de fif, pis j’espère que grâce à Facebook, vous allez voir mon commentaire. Vous voulez vous frotter aux militaires, vous aller en manger une criss! Aucune pitié pour vous autres gang de vermine. Votre carré rouge, on va vous l’enfoncer dans la gorge! Fuck you all! »

 « Est chanceuse, c juste une dent attender que larmer debarque aik nos 12 a balle de rubber vs allez vous calmer les nerfs jpense. »

Les militaires risquent des mesures disciplinaires: réprimande, amende, exécutions de tâches supplémentaires et même jusqu’à la suppression de congés.

Le commandant de la base de Valcartier, le colonel Stéphane Lafaut, a rappelé ceci aux militaires de sa base:

« Le 5e Groupe-brigade mécanisée du Canada (5 GBMC) est une organisation dont les membres sont reconnus pour personnifier quatre valeurs militaires essentielles : le sens du devoir, la loyauté, l’intégrité et le courage. Au travail ou à la maison, un militaire doit s’exprimer en utilisant des termes dignes des Forces canadiennes.

Il appert que certains militaires auraient récemment contribué à déshonorer ces valeurs fondamentales en véhiculant sur les réseaux sociaux des propos disgracieux. Ce comportement ne représente en rien les valeurs véhiculées par le 5 GBMC et, à titre de Formation, de tels propos ne sauraient être tolérés.

Il est à noter que tout militaire du 5 GBMC qui émet publiquement des propos qui entachent l’intégrité et la dignité humaine fera l’objet d’une enquête. »

Fille de deux parents militaires, Raymonde Thériault grandit sur différentes bases militaires. À l’université, elle est directrice du journal étudiant. En novembre 2010, elle est déployée avec la Roto 10 en Afghanistan.

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