Soins de santé aux militaires: l’élève peut mieux faire, dit l’ombudsman

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Le syndrome de stress post-traumatique figure parmi les préoccupations des Canadiens (Photo: Cplc Marc-André Gaudreault, Caméra de combat des Forces canadiennes, © 2012 DND-MDN Canada)

En matière de soins offerts aux militaires aux prises avec des problèmes de santé mentale, l’ombudsman de la Défense et des Forces canadiennes accorde au gouvernement Harper la note de passage, mais note que l’élève peut faire mieux et, même, doit faire mieux!

On se rappelle que le ministre de la Défense, Peter MacKay, avait annoncé le 12 septembre un investissement supplémentaire de 11,4 millions de dollars pour améliorer le programme de soins de santé mentale des Forces canadiennes. Plus particulièrement,  disait-on dans cette annonce, les fonds serviront à réduire le temps d’attente au moyen de campagnes de recrutement et de méthodes de traitement novatrices.

Dans son dernier rapport spécial intitulé Ténacité dans l’adversité : Évaluation de la prestation des soins offerts aux membres des Forces canadiennes souffrant de traumatismes liés au stress opérationnel, l’ombudsman, Pierre Daigle, estime que cela est nettement insuffisant et que le problème de manque de personnel est loin d’être réglé.

Ce rapport, publié le 17 septembre, est la troisième enquête de suivi qui porte sur la capacité des Forces canadiennes à relever le défi que représentent le syndrome de stress post-traumatique et les autres traumatismes liés au stress opérationnel.

Le rapport admet que les Forces canadiennes ont réalisé « d’importants progrès dans la mise en œuvre des recommandations précédentes formulées par le Bureau et dans l’examen des lacunes en ce qui concerne le dépistage, la prévention et le traitement des problèmes de santé mentale liés aux opérations ».

Malheureusement, dit le rapport,  le système de soins en santé mentale des Forces canadiennes « présente toujours des lacunes importantes qui nuisent gravement aux soins et au soutien offerts à ceux qui souffrent d’un problème de santé mentale lié aux opérations et à leurs membres de famille immédiats. »

Les lacunes

Parmi les lacunes, le rapport cite « le manque chronique de personnel des soins en santé mentale qualifié, ce que l’ombudsman voit comme le principal obstacle à la prestation de soins et de traitement universels de haute qualité aux militaires qui souffrent de problèmes de santé mentale.

Le rapport précise que, bien que les Forces canadiennes doivent employer 447 praticiens en santé mentale, leur effectif n’a jamais dépassé en réalité les 380 employés et il n’a pas augmenté depuis 2010.

Il souligne que la pénurie dans la communauté des fournisseurs de soins de plusieurs bases militaires était en fait plus grande que la pénurie nationale persistante de 15 à 22 p.100, alors que les problèmes sur ces bases étaient plus aigus que dans la population générale.

Finalement, le rapport déplore que le Ministère et les Forces canadiennes continuent d’ignorer une recommandation formulée dans les rapports spéciaux du Bureau de 2002 et de 2008 et que l’ombudsman juge cruciale: la création d’une base nationale de données qui reflète exactement le nombre de membres des Forces canadiennes qui souffrent de  trouble de stress post-traumatique.

Les recommandations: maintenons les efforts, car on n’est pas sorti de l’auberge

Pierre Daigle recommande une campagne de recrutement plus novatrice pour accroître le nombre de praticiens en santé, la mise en œuvre d’une mesure de rendement systémique du programme sur les traumatismes liés au stress opérationnel, une réévaluation globale de la capacité visée des Forces canadiennes en matière de traumatismes liés au stress opérationnel et l’examen d’une application plus moderne du principe de l’universalité du service.

Il recommande aussi de maintenir des efforts concertés sur la prestation de soins et de soutien à ceux qui souffrent de syndrome de stress post-traumatique et d’autres traumatismes liés au stress opérationnel.

L’ombudsman de la Défense, dans son rapport, juge très improbable que les défis des Forces canadiennes en matière de santé mentale diminuent à l’avenir. Il incite donc le gouvernement à la prudence lors des examens futurs relatifs à une réduction des ressources ou des programmes de prestation de soins et de soutien aux membres des Forces canadiennes souffrant d’un traumatisme lié au stress opérationnel.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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