Cyber-attaques, n’attendons pas un Pearl Harbour électronique lance Panetta

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Le secrétaire américain à la Défense,Leon Panetta, lance une sévère mise en garde sur la cybersécurité à New-York le 11 octobre 2012 (Photo: Erin A. kirk-Cuomo, DoD)
Le secrétaire américain à la Défense,Leon Panetta, lance une sévère mise en garde sur la cybersécurité à New-York le 11 octobre 2012 (Photo: Erin A. kirk-Cuomo, DoD)

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a lancé un appel le jeudi 11 octobre aux Américains et à leurs alliés, les enjoignant à prendre au sérieux la menace croissante posée par la cyber-guerre.

En entrevue au magazine Time, il n’a pas mâché ses mots: « Nous ne pouvons pas tout simplement pas rester les bras croisés et attendre qu’une p… de crise se produise (…). Dans ce pays, c’est ce que nous avons tendance à faire (attendre), et cela me préoccupe.»

C’est à New-York, le centre financier de la nation et la plus probable cible d’une cyber-attaque, que Leon Panetta a lancé son cri de guerre. Parlant des ennemis qui veulent paralyser l’économie américaine avec des «vers» et «malware» informatiques et qui peuvent infecter les réseaux informatiques via l’Internet ou par un sabotage de l’intérieur, l’ex directeur de la CIA a déclaré: «C’est le genre de capacité qui peut essentiellement faire tomber un réseau électrique ou faire dérailler un train. Nous sommes maintenant dans un monde où nos ennemis sont capables de ce genre d’attaques qui peuvent pratiquement paralyser un pays.»

À la suite de cette très sévère mise en garde du secrétaire américain à la Défense, au Canada des experts et des critiques de l’opposition ont déclaré le lendemain que le gouvernement doit revoir ses priorités face à la menace croissantes des cyber-attaques.

L’appel de Panetta survient après les préoccupations soulevées plus tôt cette semaine au Canada sur le danger qu’il y a pour les grandes sociétés canadiennes de télécommunications à faire affaire avec la société de télécommunications chinoise Huawei, ainsi que la capacité du Canada à assurer la sécurité de l’information après que le sous-lieutenant Jeffrey Paul Delisle eut admis s’être emparé de secrets à l’aide d’une simple disquette.

Les experts disent que ce n’est pas seulement la perte d’informations qui devrait nous inquiéter, mais la menace que des pirates informatiques puissent arrêter les services d’eau potable, faire dérailler des trains ou même libérer des substances chimiques toxiques.

«La (Cyber sécurité) est vraiment le problème de tous, vraiment de tout le monde qui est connecté à l’Internet», a déclaré à ce sujet John Aycock, un expert sur les logiciels malveillants et la sécurité informatique de l’Université de Calgary.

Le Rapport du SCRS 2010-201 (le Service canadien de enseignement de sécurité), publié en septembre dernier, avait aussi souligné les dangers en matière de cybersécurité. Richard Fadden, son directeur, soulignait « Auparavant, nous savions grosso modo quelle menace pesait sur nous et qui étaient nos adversaires. De nos jours, il peut être difficile de les repérer. Dans le monde de l’espionnage, les cyberattaques contre des systèmes d’informations sensibles sont menées instantanément, à la vitesse d’Internet; les victimes ne savent pas ce qui les a touchés ni par qui elles l’ont été, et dans certains cas, ne savent même pas qu’elles ont été touchées. »

À lire aussi:

Rapport du SCRS déposé au Parlement: menaces, dangers et incertitudes! >;>;

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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