Des soldats québécois s’envolent pour Kaboul (PHOTOS)

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C’est à 13 h 15 que l’avion avec 90 militaires à bord a décollé de l’Aéroport International Jean-Lesage en direction de Kaboul, Afghanistan.

Pour une dernière fois avant de partir,vers 11 h 30 ce matin, ces 90 militaires ont fait leur au revoir et serré leurs famille dans leurs bras une dernière fois avant de se diriger vers les autobus devant les mener à l’Aéroport. Ce premier contingent de Valcartier annonce la deuxième rotation de l’Opération Attention. Cette opération vise à former les militaires et policiers afghans.

Il y avait des larmes ce matin dans le bâtiment qui abrite le 3e bataillon du Royal 22e Régiment sur la base de Valcartier.

La joie, mélangée à la tristesse, était sur les visages des familles venues reconduire leur fils ou leur fille, leur père, leur mère ou leur conjoint, revêtu de l’uniforme beige qu’ils porteront en Afghanistan. Les familles resteront sur le qui-vive jusqu’au retour de ceux et celles qui seront ainsi déployés jusqu’en juin 2013.

Pour les militaires, c’est la fin d’un long entrainement et le début de la mission. Pour les familles, c’est l’inquiétude qui commence. Même si un militaire a reçu l’entrainement le plus rigoureux, tout peut survenir… même le pire. Mais les militaires en sont plus que conscients.

Pourquoi un militaire accepte un tel risque?

Comparez-le à un joueur de tennis qui pratique tous les jours, fait quelques matchs amicaux, mais n’arrive jamais à jouer dans les grand tournois internationaux. Un joueur de tennis a beau s’entraîner dur pour performer, s’il n’a pas la chance de disputer un véritable match, un match qui compte, à quoi bon s’entraîner?

Au Canada, les militaires pratiquent ce qu’ils font le mieux et chacun a son métier. Les militaires ont l’occasion de pratiquer dans les matchs «locaux», mais l’envie des matchs d’envergure n’est pas satisfaite. Le militaire canadien ne cherche pas qu’à gagner, mais à acquérir une expérience réelle et nécessaire, à améliorer ses connaissances avec l’aide de leurs homologues des autres nations et à aider ces derniers à leur tour grâce à ses compétences. La comparaison peut paraître surprenante, mais nous a été servie par plusieurs militaires au cours des années.

Les plus grands admirateurs de ces militaires étaient rassemblés à proximité: les enfants de ceux qui vont bientôt se déployer en Afghanistan jouaient dans un jeu gonflable tout près ou faisaient des dessins, tout en admirant une dernière fois ceux qui partaient tout en leur promettant d’être de retour dans huit mois, après l’année scolaire.

La moitié des 850 militaires qui partiront en mission sur l’Opération Attention à Kaboul en sont à leur premier déploiement. En revanche, le colonel Roch Pelletier, commandant de la FO 4-12 explique: « Les militaires se sont entraînés pour faire leur job. Ils ont suivi plusieurs cours et formations. De la culture afghane à quoi faire dans des situations précises si ça se complique. » Il a également mentionné que le Canada n’était pas là pour changer les Afghans, mais bien pour les aider pour qu’eux (les Afghans) sachent comment bien faire leur travail.»

Les militaires ont quitté leur famille pour se diriger vers un espace réservé pour la vérification des bagages. Le moment était chargé d’émotion. Après la vérification, une dernière parade pour donner quelques consignes et entendre le brigadier-général Richard Giguère leur adresser un dernier mot avant de prendre le chemin de l’aéroport.

« On va arrêter d’en parler et on va y aller ! », a aussitôt déclaré Richard Giguère en prenant la parole. Le général, commandant du Secteur du Québec de la Force Terrestre a lui-même été déployé deux fois en Afghanistan. Il explique que lui-même était père et grand-père lors de son déploiement et que les amis avaient de a difficulté à comprendre comment c’était possible de laisser ainsi famille et amis au pays.

« Ce n’est pas facile, mais c’est la bonne chose à faire. Nous sommes des gens de devoir et le succès de la mission repose sur nous. » a-t-il déclaré. Pour ensuite enchaîner avec le succès des missions jusqu’ici et la réputation du Canada en sol afghan. « Vous êtes prêts et prêtes à partir avec certitude. Nous devons également avoir la certitude que la job là-bas va être faite correctement et ça, je sais qu’on peut compter sur vous. Vous êtes des gens qui ont à cœur la défense et la sécurité. Et on part de loin, on peut se rappeler qu’en 2001, il n‘y avait ni police, ni militaires afghans. »

Après le discours, les militaires ont été invités à monter dans les deux autobus qui se trouvaient à l’extérieur du 3e bataillon du R22eR pour prendre la direction de l’Aéroport.

Sur 850 militaires qui seront présents dans la région de Kaboul, 500 d’entre eux viennent de Valcartier, 200 d’autres régions du Québec et 250 du reste du Canada. Jusqu’à la mi-novembre, une dizaine de petits groupes quitteront ainsi Québec pour s’envoler pour l’Afghanistan. Cette mission à Kaboul doit être la dernière de l’Op Attention en nAfghanistan pour les soldats de Valcartier. Lorsque ceux-ci reviendront, ce sont les unités de l’Ouest canadien, entre autres le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, qui devraient prendre la relève.

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Fille de deux parents militaires, Raymonde Thériault grandit sur différentes bases militaires. À l’université, elle est directrice du journal étudiant. En novembre 2010, elle est déployée avec la Roto 10 en Afghanistan.

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