En direct, le débat Obama-Romney: l’Amérique cherche un Commandant en chef

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Suivez le débat avec nous ce 22 octobre. Vous pouvez soit regarder en direct le débat grâce à la vidéo YouTube, soit à compter de 21h et en rafraîchissant cette page (F5), lire un compte-rendu en français!

Les thèmes officiels du débat étaient: le rôle des États-Unis dans le monde, la guerre en Afghanistan et la relation avec le Pakistan, les changements au Proche-Orient et le nouveau visage du terrorisme et les relations avec la Chine.

Obama a tenté de projeter l’image d’un homme fort mais un homme de paix, a tablé comme prévu sur la lassitude des Américains avec une décennie de guerres coûteuses et souligé que c’est lui qui a mis fin à la guerre en Iraq.Bien que le débat devait porter sur les questions de politique étrangère et de sécurité il s’est déplacé plusieurs fois sur le terrain de l’économie dont les deux candidats ont abondamment parlé.

L’affaire de Benghazi.

Romney évoque le printemps arabe, l’espoir d’un monde arabe plus modéré et la déception qui a suivi.  Il affirme qu’il faut une stratégie ferme pour favoriser l’émergence de forces modérés dans cette partie du monde.

Obama réitère qu’il fera tout pour assurer la sécurité ds diplomates américains dans le monde et trouver et punir les coupables de l’assassinat de l’ambassadeur Stevens.

Il précise que, lorsque nous avons reçu ce coup de téléphone, ( sur les évènements à Benghazi) j’ai immédiatement fait en sorte que, premièrement, que nous avons fait tout notre possible pour sécuriser les Américains qui étaient encore en danger, deuxièmement, que nous allions enquêter sur ce qui s’est passé, et le numéro trois, le plus important , que nous pourchassions ceux qui ont tué des Américains et que nous les traduisions en justice. Et c’est exactement ce que nous allons faire.

Obama ajoute:

Je pense qu’il est important de prendre du recul et de réfléchir à ce qui s’est passé en Libye. Gardez à l’esprit que les Américains ont pris le leadership dans l’organisation d’une coalition internationale qui fait en sorte que nous avons pu, sans mettre des troupes sur le terrain ,à un prix inférieur à ce nous dépensions en deux semaines en Irak, libérer un pays qui avait été sous le joug de la dictature pendant 40 ans.  Nous nous sommes débarrassé d’un despote qui avait tué des Américains et, par conséquent, en dépit de cette tragédie, vous avez eu des dizaines de milliers de Libyens après les événements de Benghazi qui se disent que «l’Amérique est notre ami.» Nous sommes avec eux.

Romney affirme qu’il faut favoriser au Moyen Orient le développement économique, l’égalité des sexes et la primauté du droit mais aussi s’en prendre aux ennemis de l’Amérique.

Mais Romney affirme aussi:

Nous ne voulons pas un autre Irak, nous ne voulons pas un autre Afghanistan. Ce n’est pas la bonne voie pour nous. La bonne voie pour nous est de faire en sorte que nous pourchassions les gens qui sont responsables de ces différents groupes anti-américains et ces – ces djihadistes, mais aussi aider le monde musulman.

Obama souligne les contradictions passés et présentes de Romney en matière de politique étrangère.

Obama  dit : Gouverneur Romney, je suis heureux que vous reconnaissiez que Al-Qaïda est une menace, car il y a quelques mois quand on vous a demandé quelle est la plus grande menace géopolitique face à l’Amérique, vous avez dit Russie, pas Al-Qaïda, vous avez dit la Russie. Les  les années 1980 nous appellent  là, elles demandent que vous leur rendiez maintenant leur politique étrangère parce que, vous savez, la guerre froide est finie depuis 20 ans.

Mais gouverneur, quand il s’agit de notre politique étrangère, vous semblez vouloir importer les politiques étrangères des années 1980, tout comme les politiques sociales des années 1950 et les politiques économiques des années 1920.

Vous dites que vous n’êtes pas intéressé à reproduire ce qui s’est passé en Irak. Mais seulement il ya quelques semaines, vous avez dit que nous devrions avoir plus de troupes en Irak en ce moment. Et, chaque fois que vous avez émis une opinion, vous avez eu tort. Vous avez dit que nous devions aller en Irak, malgré le fait qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive.

Obama souligne que les USA ne peuvent pas continuer à faire du «nation building» dans le monde, qu’ils doivent plutôt en faire ici même en Amérique.

La Syrie

Sur la Syrie, les candidats expriment, chacun à leur manière, des vues très semblables:

Romney affirme que le départ de Bashar El Assad est une priorité.

Obama assure que les USA feront tout ce qui est possible pour aider l’opposition en Syrie.

Obama: Ce que nous avons fait, c’est l’organisation de la communauté internationale, en disant: Assad doit partir. Nous avons pris des sanctions contre ce gouvernement. Nous avons fait en sorte qu’il soit isolé. Nous avons fourni une aide humanitaire et nous aidons l’opposition à s’organiser, et nous sommes particulièrement intéressés à faire en sorte de mobiliser les forces modérées à l’intérieur de la Syrie.

Mais, en fin de compte, les Syriens vont devoir déterminer leur propre avenir. Et, tout ce que nous faisons, nous le faisons en collaboration avec nos partenaires dans la région, y compris Israël, qui a de toute évidence un grand intérêt à voir ce qui se passe en Syrie.

Romney: La a bonne voie pour nous, est de travailler auprès de nos partenaires et avec nos propres ressources, afin d’identifier les parties responsables au sein de la Syrie, de les organiser, de les réunir en un – dans une forme de – si ce n’est pas le gouvernement, une forme de – de – de conseil qui peuvent prendre l’initiative en Syrie. Et puis nous assurer qu’ils ont les armes nécessaires pour se défendre. Nous avons besoin de s’assurer qu’il n’y ait pas d’armes qui tombent dans le – de mauvaises mains. Ces armes pourraient être utilisées  contre nous. Nous devons nous assurer de coordonner cet effort avec nos alliés, et en particulier avec Israël.

Le rôle de l’Amérique dans le monde

Pour Romney, les USA ont la responsabilité de promouvoir ses principes de liberté dans le monde. Pour remplir son rôle l’Amérique doit être forte et la la bonne tenue de l’économie est une condition de cette force. Il affirme ausi que les USA doivent soutenir clairement leurs alliés,se référant notamment à Israël. Obama parle de se recentrer aussi sur les alliances  négligés pendant que les USA se focalisaient sur l’Afghanistan.

Admettant que l’Amérique ne peut jouer son rôle dans le monde sans une économie forte, il reproche aux républicains leur refus de demander aux plus riches de faire leur part.

Le débat se déplace sur le terrain de l’économie et du budget

Obama défend son bilan en éducation et souligne que les progrès en éducation sont nécessaires au progrès de l’économie et qu’il faut améliorer la compétitivité à long terme des USA.

Romney affirment qu’il faut surtout de meilleurs professeurs.

Obama rétorque à Romney qui affirme des ponctions budgétaires ne doivent pas affaiblir les forces armées américaines, qu’il faut contrôler la roissance dues dépenses militaires et ne certainement pas donner aux militaires plus d’argent qu’ils n’en demandent.

Obama a également tourné en dérision le souhait vœu de Romney d’augmenter la taille de la Marine comme montrant bien que la vision de Romney était dépassée.

«Gouverneur, nous avons également moins de chevaux et de baïonnettes, parce que la nature de nos besoins militaires a changé. Nous avons ces choses que nous appelons porte-avions, sur lesquels se posent avions se poser sur eux. Nous avons ces navires qui vont sous l’eau, des sous-marins nucléaires. Tout ça n’est pas un jeu de bataille navale où on compte les bateaux»

Israël-Iran

Obama réitère que si Israël est attaquée, les USA soutiendront Israël. Il souligne qu’il a imposé les plus sévères santions économiques contre l’Iran et qu’elles fonctionnent. Il réitère qu’aucune option n’est écartée mais que l’option militaire doit être la dernière option.

Obama: Je vais rester avec Israël s’ils sont attaqués. Et c’est la raison pour laquelle, en collaboration avec Israël, nous avons créé la plus forte coopération militaire et de renseignements entre nos deux pays dans l’histoire.

En fait, cette semaine, nous allons réaliser le plus grand exercice militaire avec Israël dans l’histoire, cette semaine même. Mais à la question de l’Iran, aussi longtemps que je suis président de l’Iran Etats-Unis ne sera pas obtenir une arme nucléaire. J’ai été clair quand je suis arrivé dans le bureau.

Nous avons alors organisé la plus grande coalition et les plus fortes sanctions contre l’Iran dans l’histoire, et il est paralysant son économie. Leur monnaie a chuté de 80 pour cent. Leur production de pétrole a plongé à son plus bas niveau depuis qu’ils menaient une guerre contre l’Irak il ya 20 ans. De sorte que leur économie est en ruines.

Romney admet que les sanctions fonctionnent mais qu’il adopteraient des sanctions encore plus sévères. Il ajoute que l’on devrait traiter les Iraniens comme on a traité l’Afrique du Sud au moment de l’apartheid et isoler le régime iranien.

Obama précise qu’il ne laissera l’Iran gagner du temps en s«,engageant dans des négociations qui ne mèneraient nulle part.

La soi-disant «tournée d’excuses»

Romney reproche au président d’avoir dans le passé fait une «tournée d’excuses» dans le monde où il se serait excusé des valeurs de l’Amérique. Romney, à propos du soi-disant « tour d’excuses» du monde d’Obama, ajoute  «Vous avez dit que l’occasion l’Amérique avait dicté sa volonté à d’autres pays. M. le Président, l’Amérique n’a pas dicté sa volonté à d’autres nations. Nous avons libéré les autres nations de dictateurs. »

Obama rétorque que cette affirmation « est le plus grand mensonge de la campagne» riposte rapidement: «Si nous allons parler des voyages que nous avons effectué», se référant au voyage à l’étranger de Romney  cet été, quand il a été largement critiqué pour avoir insulté la Grande-Bretagne et l’état de préparation des  Jeux olympiques et pour avoir, à l’occasion de ces voyages, s’être livré à des activités de collecte de fonds à Londres et en Israël. «Lorsque j’étais candidat à la présidence, le premier voyage que j’ai effectué était de visiter nos troupes. Et quand je suis allé en Israël en tant que candidat, je n’ai pas rencontré de bailleurs de fonds. Je n’ai pas assisté des collectes de fonds. »

Obama réitère, donnant l’exemple de l’élimination d’Ousama  Ben Laden, que son administration fait ce qui est nécessaire pour la sécurité de l’Amérique

Afghanistan et Pakistan

Romney affirme l’importance d’un Pakistan stable pour la sécurité de l’Amérique et de l’Afghanistan.

Obama souligne que l’Amérique a concentré avec raison son attention sur l’Afghanistan,a décimé Al Quaeda, et qu’il n’y a maintenant aucune raison que des Américains meurent pour faire le travail des Afghans et l’heure d’un retrait responsable et ordonné d’Afghanistan approche.

Comme sur la Syrie, les vues d’Obama et de Romney sur l’Afghanistan ne diffèrent guère:

Romney: Eh bien, nous allons en avoir terminé d’ici à 2014, et quand je serai président, nous allons nous assurer que nous  ramenons nos troupes à la maison d’ici la fin de l’année 2014. Les commandants et les généraux y sont en voie de le faire.

Nous avons constaté des progrès au cours des dernières années. L’augmentation des troupes a été un succès et le programme de formation se poursuit rapidement. Il y a maintenant un grand nombre de forces de sécurité afghanes, 350 000 qui sont prêtes à intervenir pour assurer la sécurité et nous allons être en mesure de faire la transition d’ici la fin de l’année 2014.

Donc, nos troupes rentreront chez eux à ce moment-là.

Je peux vous dire en même temps, que nous ferons en sorte de regarder ce qui se passe au Pakistan, et de reconnaître que ce qui se passe au Pakistan va avoir un impact majeur sur la réussite en Afghanistan

Obama: Et nous sommes maintenant dans une situation où nous avons atteint un grand nombre des objectifs que nous avions quand nous sommes  arrivés là(en Afghanistan) en premier lieu.

 Une partie de ce qui s’était passé, c’est que nous avions oublié pourquoi nous étions allés. Nous sommes allés parce qu’il y avait des gens là-bas qui étaient responsables de 3 000 décès américains. Et donc nous avons décimé la direction centrale d’Al-Qaïda dans les régions frontalières entre l’Afghanistan et le Pakistan.

Nous avons ensuite commencé à mettre en place les forces afghanes. Et nous sommes maintenant dans une position où nous pouvons procéder à la transition, parce que il n’y a aucune raison pourquoi les Américains devraient mourir lorsque les Afghans sont parfaitement capables de défendre leur propre pays.

Maintenant, cette transition doit se faire de façon responsable. Nous avons été là depuis longtemps, et nous devons nous assurer que nous et nos partenaires de la coalition se retirent de façon responsable en donnant Afghans les capacités dont ils ont besoin.

Les plus grandes menaces

Obama affirmque qu’avec la menace terroriste, il faudra toujours être vigilant, mais enchaîne sur la Chine, insistant  pour qu’elle joue selon les règles mais que, si on ne s’assure pas d’avoir le meilleur système d’éducation et si on n’investit pas dans l’innovation l’Amérique ne sera pas compétitive

Romney réplique que la Chine est une puissance commerçante, elle ne voudra pas la guerre, elle doit être un partenaire. Mais pour Romney la Chine manipule sa devise, se livre au piratage informatique, ne respecte pas la propriété intellectuelle, se livre à la contrefaçon,  et il faut que cela cesse

Le débat se déplace de nouveau sur le terrain de l’économie

Obama fait allusion aux emplois que Romney a exporté vers la Chine à l’époque où il dirigeait Bain Capital. Obama souligne aussi qu’il faut envoyer un message clair à la Chine que l’Amérique protégera ses intérêts en Asie-Pacifique.

Romney affirme que l’attaquer, lui Romney, n’est pas un programme. Il affirme que le gouvernement n’a pas à investir dans des compagnies et que la solution est de favoriser les entrepreneurs et tente de justifier sa position passée sur l’aide de Washington à l’industrie automobile.

Obama attaque Romney pour avoir refusé à Détroit l’assistance dont elle avait besoin lors de la crise des constructeurs automobiles.

Finalement

Après une décennie à voir les emplois fuir à l’étranger , Obama affirme qu’on n’a pas les moyens de revenir aux politiques qui nous ont amené à la situation actuelle.

Romney réitère combien il est important de créer un climat favorable à l’entreprise et…que cela ne se fera pas en embauchant des professeurs.

La transcription du «verbatim» du débat est disponible sur le site de plusieurs médias, dont, ici, le Washington Post.

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Pour suivre le débat de politique étrangère Romney-Obama >>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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