Il y a 50 ans, la crise des missiles de Cuba

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En ce mois d’octobre, nous fêtons le 50e anniversaire d’un évènement qui a bien failli plonger la Terre dans une Troisième guerre mondiale: la crise des missiles de Cuba.

Paroxysme de la guerre froide, du 16 au 28 octobre 1962, États-Unis et URSS s’affronteront à propos de l’installation par les Russes de missiles nucléaires à Cuba.

Durant ces 13 jours d’octobre 1962 où le monde a probablement frôlé une guerre nucléaire, le président américain John Fitzgerald Kennedy et le président russe Nikita Khrouchtchev se sont fait face et ont tenté de « sauver les meubles » dans les derniers jours.

Chronologie de la crise des missiles de Cuba

Tout commence en mai 1962 quand le président soviétique lance l’opération Anadyr et envoie 50 000 soldats, trente-six missiles nucléaires SS-4 et deux SS-5 ainsi que quatre sous-marins à Cuba pour empêcher les États-Unis d’envahir l’île.

Quelques mois plus tard, c’est l’opération Kama qui débute: quatre sous-marins d’attaque diesel-électrique de la marine soviétique appareillent et ont pour mission de protéger un convoi de cargos soviétiques qui font route vers Cuba, avec des missiles nucléaires à leur bord.

Le 14 octobre 1962, un avion espion U-2 américain photographie les sites d’installation des missiles.

Le 15 octobre, la lecture des films révèle aux États-Unis que l’URSS est en train d’installer des missiles SS-4 à tête nucléaire à Cuba.

Le 16 octobre, John Kennedy convoque le Conseil de sécurité nationale, qui souhaite une action militaire directe. Robert McNamara propose un blocus maritime ne visant que l’approvisionnement en armes offensives de l’île de Cuba jusqu’au retrait des missiles.

Le 22 octobre, alors que le commandant Anderson Jr. annonce que la mise en place du blocus maritime prendra environ 149 jours, on informe le Président Kennedy de la présence de quatre sous-marins soviétiques. Il demande immédiatement à Khrouchtchev l’arrêt des opérations en cours.

Le 23 octobre, l’ordre du blocus est signé. Ce même jour, les sous-marins soviétiques atteignent la ligne de blocus en même temps que les navires de la flotte des États-Unis. Kennedy, obtient la promesse que la France, le Royaume-Uni et les autres États membres de l’OTAN le soutiendront en cas de guerre contre l’URSS.

Il faut noter que le Canada est un peu tardif à cause de l’animosité entre le Premier ministre John Diefenbaker et Kennedy. Cependant, le ministre de la Défense canadien de l’époque met en état d’alerte les forces maritimes, aériennes et terrestres sans avertir le Premier ministre.

Le 24 octobre au matin, deux cargos soviétiques arrivent sur la ligne de blocus qui vient d’être mise en place. Une trentaine d’autres sont en route. Le président soviétique estime qu’il est inutile de rompre le blocus puisque les missiles déjà en place à Cuba sont bien suffisants.

Le lendemain, la US Navy manque l’interception du cargo Bucarest et renonce à le poursuivre car elle avait la certitude qu’il ne transportait pas de matériel militaire.

Le 26 octobre, Nikita Khrouchtchev fait savoir à John Kennedy, par un intermédiaire, qu’il continuera son action : « Si les États-Unis veulent la guerre, alors nous nous retrouverons en enfer. » Un des sous-marins soviétiques est détecté au sonar par les Américains. La chasse est lancée.

Le 27 octobre, alors que Khrouchtchev n’a pas donné l’ordre, l’avion espion U2 du commandant Anderson Jr. est abattu. Kennedy donne l’ordre en cas de nouvelle agression de bombarder les sites de missiles. Le 27 octobre, Khrouchtchev laisse entendre par courrier qu’il est prêt à négocier.

Le 28 octobre, alors que la CIA annonce que 24 missiles russes sont pointés vers le sol américain, Krouchtchev annonce le démantèlement des armes offensives installées à Cuba, en contrepartie de l’engagement de non-invasion de l’île de John F. Kennedy et du démantèlement de tous les missiles Jupiter de Turquie de Grèce et d’Italie. Cet accord enclenche la fin de la crise…

Le 29 octobre, l’URSS recule et fait retirer ses navires.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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