Les États-Unis ont consacré 2,4 milliards $ à la lutte aux engins explosifs improvisés en 2012

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Le sergent de l’armée américaine Antonio Magdaleno, un spécialiste des explosifs du Vanguard Military Intelligence Company, Regimental Support Squadron, 11th Armored Cavalry Regiment (Photo: US Army)
Le sergent de l’armée américaine Antonio Magdaleno, un spécialiste des explosifs du Vanguard Military Intelligence Company, Regimental Support Squadron, 11th Armored Cavalry Regiment (Photo: US Army)

Le JIEDDO, le «Joint Improvised Explosives Devices Defeat Organisation», qui dirige la lutte du ministère américain de la Défense pour contrer les IED, a reçu 2,4 milliards de dollars l’an dernier et a demandé 1,9 milliard de dollars pour l’exercice 2013.

Les IED, le premier tueur sur les champs de bataille

Les IED (de l’anglais Improvised explosives devices , engins explosifs improvisés ou bombes artisanales), ont remplacé l’artillerie comme «tueur» numéro un sur les champs de bataille modernes selon le lieutenant-général américain Michael D. Barbero, chef du JIEDDO. Ce général de l’Armée américaine a déclaré que ces engins explosifs improvisés étaient une «menace globale et durable»  avec laquelle l’armée américaine aurait à composer longtemps après la fin de sa participation au combat en Afghanistan, désormais prévue pour 2014.

En Afghanistan, Barbero a déclaré, lors d’une conférence organisée par le Conseil de l’Atlantique, la plus haute instance civile gouvernant l’OTAN, que les IED avaient causé 60 pour cent des pertes subies par les forces américaines et de la coalition. Même si le nombre d’incidents reliés aux IED sur une base annuelle est à la baisse, on a enregistré en juin dernier le plus grand nombre d’incidents en 11 ans en Afghanistan, a dit le général.

La lutte aux IED

Les bonnes nouvelles, ajoute Michael Barbero, c’est que le nombre d’IED qui est trouvé et dégagé avant qu’ils n’explosent ne cesse d’augmenter et que le nombre de victimes, lui, est en baisse. Cela signifie que le «taux effectif» des armes improvisées – celles qui causent des pertes – cette année est de 55 pour cent de moins que l’an dernier, a-t-il précisé.

Mais cela ne suffit pas, dit-il, décrivant la lutte contre ces engins rudimentaires mais mortels comme un cycle constant de réponses aux nouveaux types de dispositifs ou de nouvelles tactiques. En raison de ce cycle, le général souligne que la plus importante caractéristique de l’organisation qu’il dirige, le JIEDDO, était sa capacité à mettre en place rapidement de nouveaux systèmes pour contrer la menace en constante évolution.

Barbero, qui a un pouvoir discrétionnaire de dépenser jusqu’à 25 millions de dollars sans avoir à obtenir l’approbation de sa hiérarchie ou du Congrès et peut même, au-delà de 25 millions, obtenir une approbation rapide du secrétaire adjoint à la Défense, a souligné la création de sous-vêtements «balistiques» pour réduire les blessures à l’aine et aux intestins des soldats victimes des ces engins ainsi que la mise en service de petits véhicules terrestres sans pilote que réclamaient les Marines américains.

Les vêtements de protection ont été développés et distribués en quatre mois, à partir d’un concept britannique, alors que les minirobots ont été développés et mis en service sur le terrain en huit mois.

La lutte se déplace

Le général Barbero a aussi souligné que le défi se déplace de la terre à la mer. Le JIEDDO finance donc aussi plusieurs programmes de la marine américaine visant à contrer les menaces sous-marines, y compris, par exemple, les engins explosifs improvisés qui pourraient être attachés aux navires amarrés aux quais ou disposés ailleurs dans le port . Il soutient également des programmes de détection de nageurs qui tenteraient d’installer un engin explosif, ainsi que de la recherche de moyens de contrer les essaims de petits bateaux à moteur rapides, comme ceux utilisés par la marine iranienne de la Garde républicaine dans le golfe Persique.

De plus, Barbero a noté que des explosifs improvisés ont également fait leur apparition aux États-Unis, citant en exemple la multitude de dispositifs explosifs mortels trouvés dans l’appartement du tireur qui a tué 12 personnes et blessé 58 dans Aurora, au Colorado, en juillet. Il a mentionné aussi la bombe posée par un terroriste dans le coffre d’une voiture abandonnée à New York à Times Square en 2010 et une longue liste d’explosifs improvisés et d’attentats-suicides en Afrique, en Amérique latine et en Europe.

Plan stratégique 2012-2016

La stratégie du JIEDDO pour les les cinq prochaines années est donc de profiter des leçons apprises au cours des dix dernières années, depuis le début des opérations en Afghanistan et en Irak. Le plan définit cinq objectifs principaux: rapidement identifier, valider et prioriser les besoins immédiats et futurs en matière de lutte contre les IED, mener des opérations de renseignement; chercher, développer et trouver rapidement des solutions anti-IED, diriger la lutte et l’entraînement contre les IED et, finalement, bâtir une la communauté internationale et intergouvernementale d’action et de lutte contre ces engins meurtriers.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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