Affaire Petraeus: la sécurité nationale n’a pas été compromise, dit le président Obama

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David Petreaus (Photo: DoD)
David Petraeus (Photo: DoD)

Le président Barack Obama a déclaré ce mercredi 14 novembre en conférence de presse, qu’il n’avait vu aucune preuve que le scandale qui a conduit à la démission du directeur de la CIA David Petraeus ait nui à la sécurité nationale.

«Je n’ai aucune preuve à ce stade, à partir de ce que j’ai vu, que des informations classifiées aient été révélées d’une façon qui aurait eu un impact négatif sur notre sécurité nationale», a déclaré le président américain en réponse à une question d’un journaliste, lors de cette conférence de presse d’un peu moins d’une heure où le Barack Obama voulait surtout aborder les questions économiques.

Il n’a pu toutefois éviter les questions sur l’affaire Petraeus, le général à la retraite américain qui a dû démissionner de son poste de directeur de la CIA suite au scandale qui a éclaté lorsqu’il fut révélé qu’il avait eu une liaison avec sa biographe Paula Broadwell. Un peu plus tard, c’était au tour du général John Allen d’être éclaboussé par ce scandale et soupçonné lui aussi de «relations inappropriées».

Éloge du général Petreaus

Le président a aussi déclaré « Évidemment, il y a une enquête en cours. Je ne veux pas commenter les détails de l’enquête (…)« avant de terminer sa réponse par un éloge de David Petraeus: «Je tiens à souligner  ce que je l’ai déjà dit: le général Petraeus a eu une carrière extraordinaire. Il a servi son pays avec grande distinction en Irak, en Afghanistan, et en tant que chef de la CIA. Selon sa propre évaluation, il ne remplissait plus les normes qu’il jugeait nécessaires en tant que directeur de la CIA et c’est pourquoi j’ai accepté sa démission. Je tiens à souligner que nous sommes plus en sécurité à cause du travail que Dave Petraeus a fait.»

Les scandales des «relations inappropriées»  du général à la retraite David Petreaus et du général commandant de l’ISAF John Allen, compliquent toutefois la redistribution de postes de toute première importance pour la sécurité des États-Unis et de leurs alliés en vue du second mandat du président démocrate. Non seulement faut-il remplacer David Petreaus à la tête de la CIA, mais il faudra peut-être aussi trouver une autre personne que le général Allen pour le poste de commandant suprême de l’OTAN où John Allen devait succéder bientôt à l’amiral James Stavridis.

D’autres généraux dans la tourmente

D’autres officiers de haut rang sont dans la tourmente . Plusieurs haut gradés ont fait l’objet d’accusations de mauvais comportement.

Il y a un grand nombre de généraux et de colonels dans l’armée des États-Unis. En principe, le nombre d’officiers généraux dans l’armée américaine ne devrait pas dépasser les 658 personnes (230 pour l’armée, 160 pour la marine, 208 pour l’armée de l’air et 60 pour les marines). Pourtant, selon le «Bureau of Labor Statistics», l’armée compte maintenant 964 généraux d’active et plus de 12 260 colonels prêts à leur succéder.

Outre Allen et Petreaus, voici quelques autres officiers de haut rang qui furent objet de scandale récemment.

William « Kip » Ward, ancien commandant américain pour l’Afrique, a été sanctionné et condamné le mardi 13 novembre à rembourser plusieurs dizaines de milliers de dollars indûment utilisés et, ayant été rétrogradé, il devra prendre sa retraite avec le grade de lieutenant-général » (trois étoiles, une étoile en moins).

Dans un rapport de 99 pages publié en juin, l’Inspection générale du DoD  lui reproche d’avoir utilisé à des fins personnelles l’avion mis à sa disposition et prolongé des voyages professionnels pour des motifs personnels. La femme du général Ward l’aurait accompagné à 15 reprises sans raison officielle ni justification.

Le général aurait également utilisé l’argent des contribuables pour un voyage de onze jours à Washington et Atlanta, d’un coût de 129 000 dollars,  pour lui et ses collègues, alors qu’un séjour de trois jours seulement était nécessaire.

Le général de brigade Jeffrey Sinclair, adjoint du commandant de la 82e division aéroportée, a été démis de ses fonctions en Afghanistan après avoir été accusé d’agressions sexuelles et de menaces de mort.

James H. Johnson III, ancien commandant de la 173e Brigade aéroportée, a été condamné pour pour bigamie, fraude et adultère et à rembourser 300 000 dollars ou cinq ans de prison.

Le lieutenant-général Patrick O’Reilly  est accusé, lui, d’avoir tyrannisé son personnel à l’Agence américaine de défense antimissile.

Et la Marine

La Navy, pour sa part, a relevé le contre-amiral Charles Gaouette de son commandement du porte-avions U.S.S. John C. Stennis le 27 octobre alors qu’il était en mission dans la mer d’Arabie. Il fait partie des 22 officiers de haut rang démis de leurs fonctions cette année pour des manquements divers, selon le Navy Times.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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