Hausse de la consommation de drogues à la base Borden

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Plant de cannabis (Photo: Wiki Commons)
Plant de cannabis (Photo: Wiki Commons)

Des officiers des Forces canadiennes à la BFC Borden, un centre de formation clé pour l’armée, ont tiré la sonnette d’alarme sur l’augmentation de la consommation de drogues à cette base. C’est du moins ce que rapportait cette semaine un quotidien de la capitale fédérale.

«Il y a eu un sommet important dans l’augmentation du nombre de cas liés à la drogue dans la région de la BFC Borden», selon une note d’information produite pour le commandant du Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEFC) dont le quotidien aurait eu copie.

Le Service national des enquêtes (SNE) est l’organe d’enquête de la Police militaire des Forces canadiennes. Le SNEFC enquête sur les infractions contre les biens, les personnes, et le ministère de la Défense nationale. L’officier commandant du SNEFC (CO) est un lieutenant-colonel, qui relève directement du Grand prévôt des Forces canadiennes (GPFC), qui, lui, commande la police militaire.

Entre le 1er janvier 2011 et  le 26 mars 2012, il y a eu 22 dossiers liés à la drogue, indique la note, qui souligne aussi que, jusqu’à cette récente vague d’activité, il s’était écoulé près de sept ans sans qu’il y ait d’arrestation dans des affaires de drogue à Borden.

«Il semble que le commandant de la BFC Borden soit de plus en plus inquiet du nombre de dossiers liés à la drogue sur sa base» précise le document obtenu en vertu de la loi sur l’accès l’information.

En moyenne, la BFC Borden, située à environ 100 kilomètres au nord de Toronto, forme 15 000 militaires par an. La base emploie environ 3 250 militaires et 1 500 civils.

Les documents notent également un nombre croissant de cas liés à la drogue dans la région de la BFC Gagetown au Nouveau-Brunswick : dans une période d’un an couvrant 2009, le SNEFC a rapporté 42 cas d’utilisation ou de trafic de drogue.

Cependant, le major Kevin Cadman, commandant adjoint du SNEFC, sans minimiser le problème, a déclaré pour sa part «que les Forces canadiennes sont à bien des égards le reflet de la société.», ajoutant  qu’il «n’a pas vu d’augmentation particulière dans l’usage de drogues en général dans les Forces canadiennes.»

Outre un programme général de lutte contre la drogue, l’armée procède à des tests de dépistage obligatoires chez tous ceux et celles qui occupent des postes où la sécurité est primordiale comme les soldats déployés en Afghanistan, les sous-mariniers, les plongeurs et d’autres catégories de personnel spécialisé. Mais, bien sûr, ce ne sont pas tous les militaires qui sont testés.

Les plus récentes statistiques montrent que près de la moitié de ceux dont le test de dépistage était positif avaient consommé de la marijuana , un tiers de la cocaïne, et les autres des amphétamines, des opiacés ou du PCP.

L’armée souligne toutefois que le taux de consommation de drogues illicites chez les militaires serait bien inférieur aux taux dans la population canadienne et qu’il a chuté au fil des ans parce que les soldats en route vers l’Afghanistan ont été tenus de passer des tests de dépistage avant d’être envoyés en mission.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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