Jour du Souvenir: où sont les Mohawks de Kahnawake?

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La culture autochtone fait partie de la culture des Forces canadiennes (Photo: Forces canadiennes)
La culture autochtone fait partie de la culture des Forces canadiennes (Photo: Forces canadiennes)

Dimanche, les Mohawks de Kahnawake vont célébrer le Jour du Souvenir. Une occasion, pour la plupart, de se rappeler leurs années de service sous le drapeau… américain, car il y  peu de Mohawks qui ont servis dans les Forces canadiennes.

Les Abénaquis d’Odenak, les Mohawks de Kahnawake, de Kanesatake et d’Akwesasne, la nation huronne-wendat et la nation Métis Québec ont combattu aux côtés des milices francophones, anglophones et britanniques pour repousser les envahisseurs américains pendant le conflit de 1812-1814, mais lors des deux grandes guerres de 14-18 et de 39-45, c’est plutôt du côté américain qu’ont servis les Mohawks d’ici.

Il faut se rappeler que pour les Mohawks, qui étaient là bien avant l’arrivée des Européens, la frontière canado-américaine n’a aucune valeur : ils vont et viennent entre les deux pays sans s’occuper de la frontière des « blancs». Beaucoup de Mohawks de Kahnawake étaient en train de travailler aux États-Unis comme ouvriers de la construction quand la Première et la Deuxième Guerre mondiale ont éclaté. Rien n’obligeait les autochtones à s’enrôler, mais ceux qui voulaient se battre se sont alors enrôlés dans l’armée américaine et, tout naturellement, leurs fils ont ensuite fait de même lors des conflits qui suivirent.

La vaste majorité des Mohawks de Kahnawake à avoir servi sous les drapeaux l’ont donc fait sous le drapeau des États-Unis. À la Légion royale canadienne de Kahnawake, il y a même un mur de plus d’une centaine de photos d’anciens soldats de la réserve, revêtus de l’uniforme de l’armée américaine.

À l’heure actuelle, rapportait un quotidien montréalais en cette veille du Jour du Souvenir, ils seraient une demi-douzaine de la réserve à servir encore dans l’armée américaine, en Irak et en Afghanistan. Il y a par ailleurs à Kahnawake deux vétérans de la Seconde Guerre mondiale, quelques anciens de la guerre de Corée, des vétérans du Vietnam et du Kosovo.

Il faut aussi se rappeler que, depuis la crise d’Oka  en 1990, où «Warriors» Mohawks (dont plusieurs avaient servi dans l’armée américaine) et soldats canadiens se sont affrontés, l’armée canadienne n’a pas la cote à Kahnawake.

Les Forces canadiennes par contre, font de vrais efforts pour intégrer les autochtones et offrent plusieurs programmes de formation à leur intentiin, notamment le Programme d’initiation au leadership à l’intention des Autochtones (PILA) au Collège royal militaire de Kingston, d’une durée d’un an, ainsi que trois programmes d’été de développement des jeunes, les programmes Bold Eagle (Alberta), Raven (British Columbia) et Black Bear (Ontario) et, finalement, le programme d’enrôlement des Autochtones des Forces canadiennes (PEAFC) qui dure trois semaines et se donne à Halifax ou à Borden.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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