Le Canada en Libye n’aurait qu’aidé les uns à massacrer les autres, dit un prof de Concordia

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L’Université Concordia, à Montréal (Photo: AIEQ)
L’Université Concordia, à Montréal (Photo: AIEQ)

Dans son livre «La marche vers Syrte: La guerre de l’OTAN contre la Libye et l’Afrique», qui sera publié en décembre, le professeur Maximilian Forte déclare que, loin de l’image romantique de la Libye tout entière dressée contre le tyran, on a simplement vu lors de la guerre de 2011, un côté de la Libye détruire l’autre à l’aide des forces étrangères.

Pour le professeur de Concordia, les Canadiens auraient simplement aidé des Libyens à massacrer d’autres Libyens, thèse qu’illustre le  professeur par l’exemple du sort de la ville de Syrte, détruite lors de cette guerre.

L’auteur de ce livre, Maximilian Forte, professeur associé d’anthropologie à l’Université Concordia à Montréal, est titulaire d’un doctorat en anthropologie, de l’Université d’Adélaïde, en Australie et d’une maîtrise en anthropologie culturelle de l’Université d’État de New York à Binghamton. Il a signé plusieurs ouvrages sur des questions d’anthropologie, mais également sur des questions militaire.

La guerre de l’OTAN en Libye, et son rôle dans le renversement du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a été saluée par les responsables gouvernementaux et militaires d’ici comme une victoire de l’OTAN, et tout particulèrement du Canada. En outre, la guerre a été présentée par les gouvernements occidentaux comme ayant contribué grandement à l’établissement de la démocratie en Libye.

Maximilien Forte est en désaccord avec cette vision de la campagne de 2011 en Libye.

La ville libyenne de Syrte, qui se trouve à mi-chemin entre Tripoli et Benghazi, en est un exemple.Ville natale Mouammar Kadhafi, Syrte avait été favorisée dans le passé par le gouvernement Kadhafi. La ville était le dernier bastion important des loyalistes dans la guerre civile et c’est là, d’ailleurs, qu’a été tué Kadhafi par les forces rebelles, le 20 octobre 2011. Au terme de la bataille, Syrte a été laissée presque complètement en ruines, avec de nombreux bâtiments totalement détruits ou endommagés.

«Syrte a subi une catastrophe selon. . .  les descriptions de nombreux témoignages d’interminables rangées de bâtiments en feu, des cadavres de personnes exécutées, allongées sur les pelouses des hôpitaux, des charniers, des maisons pillées et brûlées par les insurgés, des immeubles aplatis par les bombes de l’OTAN. Est-ce cela «protéger les civils» ou cela ressemble-t-il plutôt à des crimes contre l’humanité », écrit Maximilian Forte.

Dans sa revue du livre du professeur montréalais,  le journaliste et critique Dan Kovalik, de la célèbre revue d’information politique et d’enquête CounterPunch, résume ainsi le thème central de l’ouvrage: «Comme Forte l’explique, l’intervention de l’OTAN était prévisible depuis de nombreuses années. L’OTAN, dirigée par les États-Unis, a profité du «printemps arabe» et des manifestations bien réelles et légitimes en Libye pour mener à bien un désir qu’elle avait depuis longtemps, se débarrasser d’un gouvernement nationaliste qui avait aidé des luttes de libération nationale comme celles de l’ANC, des sandinistes et de l’OLP.

«En outre,» ajoute Kovalik, « la Libye sous Kadhafi jouait de plus en plus un rôle de leader important en Afrique et bloquait ainsi les possibilités d’investissements et les possibilités économiques des États-Unis en Libye elle-même ainsi qu’une plus grande pénétration dans l’Afrique dans son ensemble. »

Pour Maximilian Forte, bien que l’OTAN ait affirmé qu’elle envahissait la Libye pour protéger les civils, la population civile de Syrte a été décimée, et la ville détruite.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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