Les Afghans ne seraient pas prêts en 2014, selon un rapport au Congrès américain

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Le major général  Jim Ferron, commandant adjoint de la mission de formation de l’OTAN en Afghnanistan (NTM-A) en conférence en août dernier (Photo: U.S. Navy , Mass Communication Specialist 2nd Class (SW) Cory Ros)
Le major général Jim Ferron, commandant adjoint de la mission de formation de l’OTAN en Afghnanistan (NTM-A) en conférence en août dernier (Photo: U.S. Navy , Mass Communication Specialist 2nd Class (SW) Cory Ros)

 

Un rapport du Special inspector general for Afghanistan reconstruction, remis au Congrès américain le 30 octobre dernier, indique que les Afghans ne seront vraisemblablement pas capables de reprendre les bases laissées par l’OTAN au départ de la Force internationale en 2014.

Le SIGAR assure une surveillance indépendante et objective des 89,5 milliards $ d’aide supplémentaire accordée par le Congrès américain à l’Afghanistan en aide humanitaire et au programme de reconstruction.

Le rapport de 54 pages du SIGAR indique que les forces afghanes ne possèdent pas «le personnel ayant les compétences techniques requises pour exploiter et entretenir les installations critiques, tels que l’approvisionnement en eau, le traitement des eaux usées et la production d’énergie».

La responsabilité de la sécurité en Afghanistan doit passer progressivement de l’OTAN et de sa Force internationale d’assistance (ISAF) aux Forces de sécurité nationale afghanes. L’objectif, bien sûr, est de laisser l’entière responsabilité aux Afghans d’ici 2014. Cet objectif a été fixé au sommet de 2010, l’OTAN à Lisbonne et confirmé par les dirigeants alliés lors du sommet de Chicago en mai 2012.

En février 2011, la North Atlantic Treaty Organization Training Mission Afghanistan (NTM-A) a créé l’Infrastructure Training Advisory Group (ITAG) pour assurer le transfert des opérations et de la maintenance des infrastructures à l’Armée nationale afghane transition (ANSF) et au gouvernement afghan

Ce qu’a découvert le SIGAR

Le gouvernement afghan sera probablement incapable de soutenir pleinement les installations après la transition en 2014 et la baisse attendue de l’aide américaine et de la coalition. Le gouvernement afghan doit surmonter deux problèmes de taille: le manque d’effectifs et la piètre qualité de son personnel, ainsi qu’un système peu développé de planification, d’approvisionnement et de logistique.

Le rapport souligne, notamment, que

  • En date du 1er juin 2012, le gouvernement afghan assumait moins de 40 pour cent des responsabilités d’Opération et Maintenance (O&M) qu’il aurait dû assumer. Les responsables américains citent les écarts salariaux entre les emplois au sein des Forces nationales de sécurité afghanes (FSNA) et les emplois du secteur privé comme un facteur primordial nuisant aux efforts de recrutement en retard.
  • Les FSNA manquent de personnel possédant les compétences techniques requises pour exploiter et entretenir des installations essentielles, telles que l’approvisionnement en eau, le traitement des eaux usées et la production d’énergie.
  • Le ministère de la Défense afghan s processus est incapable de fournir à l’armée afghane avec des approvisionnements en temps opportun.
  • Le ministère de l’Intérieur n’a pas fait encore son premier budget pour l’Opération et la maintenance des sites de la police jusqu’à mars 2012.
  • En 2012, 25 bases avaient commencé le processus de transition. Cependant, le Corps américain de génie (USACE) a dû continuer à payer pour ces bases, le gouvernement afghan n’ayant pas pris la relève à cet égard.

Prêt, pas prêt, nous partons en 2014

La NTM-A et l’USACE ont pris des mesures pour développer la capacité du gouvernement afghan telles que la formation et l’encadrement du personnel des FSNA, mais le gouvernement afghan a résisté à certaines de ces mesures.

Les Afghans seront-ils prêts un jour? Quoi qu’il en soit, en 2014 ce sera: «prêt, pas prêt», nous partons!

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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