Les États-Unis prêts à reconnaître le nouveau «Conseil de l’opposition syrienne»

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Les combats continuent entre les rebelles et le régime d'Al Assad en Syrie
Les combats continuent entre les rebelles et le régime d’Al Assad en Syr

L’administration Obama se prépare à reconnaître le nouveau « Conseil de l’opposition syrienne»  comme le représentant légitime du peuple syrien dans les prochaines semaines, ouvrant la voie à un plus grand soutien de la part des  États-Unis aux groupes qui cherchent à renverser le régime du président Bachar Al-Assad. C’est du moins ce que rapporte l’Associated Press.

L’annonce de cette reconnaissance se ferait le 12 décembre à l’occasion d’une conférence réunissant plus de 70 pays  à Marrakech, au  Maroc, à laquelle prévoit asssiter la secrétaire d’État américaine Hillary Rodham Clinton.

Cette reconnaissance devrait être accompagnée de promesses de soutien humanitaire et logistique supplémentaire, mais il est peu probable qu’elle mène à une assistance militaire américaine, du moins pour le court terme. La fourniture d’armes reste un sujet âprement débattu au sein même de l’administration américaine.

S’exprimant lors d’une conférence sur la Syrie à Washington, l’ambassadeur américain en Syrie, Robert Ford, a d’ailleurs affirmé que la position de l’administration évoluait vers la reconnaissance de l’opposition du conseil de la Syrie. «Ils sont  les représentants légitime des aspirations du peuple syrien» a-t-il dit, en parlant des membres du Conseil de l’opposition syrienne,  «Et nous allons travailler avec eux. Nous allons coopérer avec eux. Ils ont une vision de la Syrie. C’est une vision que nous appuyons fortement d’un pays qui serait démocratique, qui respecte les droits de l’homme, et ce serait une force de stabilité dans la région ».

Avec la reconnaissance du conseil comme le seul représentant de la population de la Syrie, les États-Unis seraient sur la même longueur d’ondes que la Grande-Bretagne, la France et plusieurs des alliés arabes de l’Amérique, qui ont reconnu le nouveau «Conseil» peu après sa création au Qatar le 11 novembre dernier.

L’évolution  des États-Unis  en cette matière n’est pas sans rappeler le même processus  l’an dernier en Libye.

Dans ce cas, le «Conseil national de transition de Lybie» était passé du statut de «un représentant légitime » à celui de « représentant légitime du peuple libyen», puis, alors que la révolution était encore en cours, le Conseil a ensuite ouvert un bureau à Washington, et l’administration a envoyé l’ambassadeur Chris Stevens à Benghazi, en Libye, en tant que délégué. Cette reconnaissance avait également permis aux nouveaux dirigeants libyens d’accéder à des milliards de dollars d’actifs gelés dans les banques américaines et  qui avaient appartenu au régime de Kadhafi.

Quant à la fourniture d’armes, l’ambassadeur Ford , tout en affirmant que cela restait une option, a expliqué pourquoi il pensait que c’était toujours une mauvaise idée. «Les armes ne sont pas une stratégie, les armes sont une tactique », a-t-il dit. «Une solution militaire n’est pas la meilleure méthode pour la Syrie et cela pourrait tout simplement prolonger la violence et en fait aggraver une situation humanitaire déjà terrible. La Syrie a besoin d’une situation politique. »

Ford a déclaré en outre que toute discussion sur les armes doit tenir compte de la présence croissante des extrémistes en Syrie, mentionnant le groupe Jabhat al-Nusra, dans la mouvance d’Al Quaïda, ainsi que les récents combats entre les Kurdes et les extrémistes.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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