L’inconduite de ses soldats complique la présence militaire des États-Unis au Japon

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Le commandant des Forces américaines au Japon, le lieutenant-général Sam Angelella, avec le secrétaire-adjoint à la Défense Ashton Carter, à la base de Yokota, au Japon, en juillet 2012 (Photo: quartier-maître Chad J. McNeeley, US Navy)

Des responsables militaires et diplomatiques américains et japonais doivent se réunir mercredi pour discuter des moyens additionnels d’en finir avec l’inconduite des soldats américains des bases des États-Unis au Japon qui complique sérieusement la présence militaire américaine.

Certains cas d’inconduite ont été particulièrement graves et ont provoqué l’ire des populations locales.

Deux réservistes de la Marine ont été arrêtés à la mi-octobre et accusés de harcèlement et du viol d’une femme japonaise qu’ils avaient rencontrés dans un bar.

Suite à ce viol présumé, le commandant des forces américaines au Japon, le lieutenant-général Sam Angelella, avait décrété le vendredi 19 octobre un couvre-feu immédiat et obligatoire qui, pour la première fois, s’appliquait à tous les militaires américains en poste au Japon.

Cette décision avait été prise pour apaiser les tensions qui ont suivi l’arrestation de deux marins de la Marine des États-Unis impliqués dans le viol présumé de cette femme de la région d’Okinawa. «Je tiens personnellement à présenter des excuses pour la douleur et le traumatisme que la victime a subi et la colère que cela a provoquée chez les habitants d’Okinawa», avait alors déclaré le lieutenant-général Sam Angelella, ajoutant: «Nous continuerons à faire tout notre possible pour nous assurer que la relation américano-japonaise reste forte.»

La majeure partie des forces américaines au Japon sont basés à Okinawa et c’est là qu’ont eu lieu plupart des incidents. Un crime particulièrement odieux s’y était produit 1995 quand une fillette de 12 ans avait été violée par trois militaires américains sur le chemin de l’école.

L’alcool étant en cause dans la plupart des cas, le commandement américain , non seulement a imposé un couvre-feu de 23h à 5h pour tous les militaires américains au Japon, mais la Marine a aussi interdit de boire après 22 heures, même dans les clubs et les restaurants sur la base, et les marins impliqués dans les précédents incidents liés à l’alcool ne sont pas autorisés à quitter leurs bases sans une autorisation spécifique.

Mais tous ces incidents ont déjà exacerbé les tensions avec les populations locales. L’impact de l’inconduite des soldats américains est particulièrement fort dans une société japonaise policée où les étrangers ne sont pas particulièrement bien vus.

Le Japon a un taux de criminalité bien en dessous de la plupart des pays développés, et les vagues de protestations provoquées par ces incidents complique la présence militaire des États-Unis au Japon au moment même où s’intensifient les luttes territoriales en Mer de Chine et que les dirigeants américains et japonais doivent composer avec les efforts de la Chine pour étayer ses revendications territoriales sur les îles japonaises Senkaku, que les Chinois appellent Diaoyu. Plusieurs navires de patrouille chinois naviguent dans ou à proximité des eaux territoriales japonaises autour des îles presque tous les jours depuis plus d’un mois et la crise est loin d’être résolue.

Pendant ce temps, l’inconduite des soldats américains au Japon et la méfiance des civils japonais qui s’ensuivit a déjà eu des conséquences: Ie déploiement de l’Osprey V-22 à Okinawa a été bloqué pendant près d’un an en raison des protestations locales, et la «relocalisation» de la base aérienne vieillissante de Futenma a encore été retardée. Certes, certains opposants sont motivés par des questions de sécurité et des questions «environnementales» mais beaucoup, maintenant, veulent simplement se débarrasser des soldats américains.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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