Le soldat Pylypow refuse de blâmer son supérieur, le major Watts, pour ses blessures

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La cour martiale du major Watts se déroule au Mewata Armoury, à Calgary (Photo: Wiki Commons)

Le caporal-chef. William Pylypow, qui témoignait au procès en cour martiale du major Daryll Watts, accusé d’homicide involontaire coupable, a refusé de blâmer son chef pour l’explosion meurtrière lors d’un entraînement en Afghanistan au cours de laquelle le caporal Pylypow a été blessé.

William Pylypow a témoigné mardi matin à Calgary au sujet de l’explosion 2010, qui a entraîné la mort du caporal Joshua Baker: «C’est une zone de guerre. Ce n’est pas intentionnel. Je ne sais pas quelles sont les circonstances, je ne sais pas si je le veux classer (cet évènement) comme un accident, mais nous sommes au combat. C’est malheureux. Je ne veux pas que cela se produise, mais il n’est pas question de blâme.»

Pylypow est complètement remis de ses blessures. Il a décrit Watts, qui était capitaine à l’époque, comme toujours bien préparé – un officier qui se soucie de tout le monde sous son commandement.

Il se rappelle l’explosion meurtrière: «J’ai senti  le souffle de l’explosion frapper votre visage, puis mon bras a été touché et s’est tordu, alors j’ai pensé que j’avais perdu mon bras, pour être honnête avec vous, parce que tout était engourdi et il a été coincé derrière mon kit», a dit le caporal Pylipow , «Quand j’ai repris mes esprits, oui, je pensais que c’était (une attaque) des Talibans.»

Le 12 février 2010, quatre soldats avaient été blessés et le caporal Baker était décédé, dans l’explosion d’une mine antipersonnelle claymore C19, dans un centre d’entraînement dont le major Watts était responsable, près de Kandahar.

Le major Watts, soupçonné de ne pas avoir respecté les consignes de sécurité lors de la planification et l’exécution de l’exercice militaire ce jour-là, doit répondre à un chef d’accusation pour homicide involontaire coupable, deux chefs d’accusation pour manque de précautions, un chef d’accusation pour «infliction» illégale de lésions corporelles et deux chefs d’accusation pour négligence dans l’exécution d’une tâche ou mission militaire.

L’adjudant Paul Ravensdale, qui était responsable de la sécurité du champ de tir,  devra faire face à des accusations identiques à Watts. En septembre dernier, le major Christopher Lunney, impliqué lui aussi dans cette affaire, a plaidé coupable à l’accusation d’exécution négligente du devoir, tandis que quatre autres chefs d’accusations ont été abandonnées. Il a été rétrogradé au rang de capitaine et a reçu une sévère réprimande.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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