2e ronde du référendum en Égypte, victoire du « oui » à 71%, taux de participation à 32%

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Des homme font la queue pour aller voter lors du référendum constitutionnel en Égypte (Photo: Sherif9282, WikiCommons)
Des homme font la queue pour aller voter lors du référendum constitutionnel en Égypte (Photo: Sherif9282, WikiCommons)

À 4h26, dimanche, heure du Caire, après dépouillement de plus de 8 millions de votes, Al-Arham  et Ikhwanweb annoncent une victoire du « oui »,qui obtient 71, 4% des voix dans cette deuxième ronde du référendum sur le projet islamiste de constitution en Égypte.

Total des voix : 8,096,650

« Oui » 5,783,273 (71.43 %)
« Non » 2,313,377 (28.57 %)
Tx participation 32%

Si on comptabilse maintenant les résultats de la ronde du 22 décembre avec ceux de la première ronde qui avait eu lieu le 15 décembre, on arrive à

Total des voix : 16,232,017

« Oui » 10,381,662
« Non » 5,850,355
Tx participation: 31,62%


Le controversé projet islamiste de constitution soumis aux Égyptiens par un référendum en deux étapes obtient donc plus de 70 pour cent des voix lors du second et dernier tour de scrutin qui a eu lieu samedi le 22 décembre.

Par contre, seulement huit des 25 millions Égyptiens qui pouvaient voté ont exercé leur droit de vote, soit un taux de participation d’environ 30 pour cent, lors de ce référendum marqué par des accusations de fraude et dont le résultat peut changer profondément l’identité même de la société égyptienne.

Le référendum sur le projet de constitution islamiste s’est déroulé sur deux jours, le 15 décembre et 22. Au premier tour, environ 56 pour cent ont dit «oui» au projet.  Le taux de participation était alors d’environ 32 pour cent.

Les résultats officiels ne seront pas annoncés avant plusieurs jours. Le président Morsi devrait maintenant déclencher des élections législatives au plus tard deux mois après l’annonce des résultats pour élire les membres de la chambre basse du parlement égyptien, dissoute en juin dernier. La nouvelle constitution entrera toutefois en vigueur dès cette semaine si, comme il est probable, la victoire du « oui » se confirme et c’est, pour le moment, le Sénat qui détiendra le pouvoir législatif.

Toutefois, le faible taux de participation aux deux tours et les accusations de fraude pourraient remettre en cause la légitimité de la démarche au terme de laquelle l’Égypte perdra ce qu’il lui reste de son caractère laïque pour devenir une république islamique où la charia, la loi islamique, sera la source principale de toute législation et où les religieux musulmans seront amenés à se prononcer sur toutes les lois.

Le référendum sur la Constitution a créé des divisions en Égypte qui ne disparaîtront vraisemblablement pas dans un avenir proche. Le projet du président Morsi, issu des Frères musulmans, a divisé le pays en deux camps: le président, sa Confrérie et les islamistes salafistes ultra-conservateurs d’un côté, et les libéraux, les musulmans modérés et les chrétiens de l’autre.

Des milliers de partisans des deux camps ont manifesté dans les rues des villes égyptiennes, parfois violemment, au cours du mois passé. Lors des rassemblements, les affrontements entre les deux camps rivaux ont fait au moins 10 morts et des centaines de blessés.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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