Centrafrique: après avoir conquis une grande partie du pays, les rebelles sont aux portes de la capitale

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Mise à jour du 27/12

Le président centrafricain François Bozizé a demandé ce jeudi 27 décembre à la France et aux États-Unis de l’aider à repousser les rebelles du Séléka qui sont à moins de 60 km de la capitale de la République centrafricaine, Bangui.

« Nous demandons à nos cousins français et aux États-Unis, qui sont des grandes puissances, de nous aider à repousser les rebelles sur leurs positions initiales afin de permettre un dialogue à Libreville pour résoudre cette crise », a-t-il dit lors d’un discours sur la place principale de Bangui.

Le président français, François Hollande, réitérant la volonté de la France de ne pas intervenir, a déclaré le même jour que la France n’était pas présente en Centrafrique pour « protéger un régime » mais « pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d’un pays, en l’occurrence la Centrafrique ».

Mise à jour du 26/12 à 18h50

Les États-Unis ont demandé à tous les membres non-indispensable du personnel de leur ambassade, ainsi qu’à leurs familles de quitter le pays et demandé à Bangui de protéger leur ambassade et à la rébellion de cesser les combats.

L’ONU également a annoncé ce mercredi 26 décembre, en soirée, soir qu’elle retirait du pays son personnel « non essentiel ».

Le ministre de la Défense français, pour sa part, a assuré mercredi que le périmètre de l’ambassade de France à Bangui, que des manifestants avaient attaqué à coup de projectiles plus tôt avait été « sécurisé » à la suite de l’intervention de troupes françaises en renfort sur place, et que le calme était désormais « rétabli ».

Le Canada, demande quant à lui à ses ressortissants d’évitez tout voyage non-essentiel, « car l’ordre n’y a pas encore été rétabli. Le pays est la cible d’activités frontalières dissidentes, d’attaques armées, de banditisme et d’enlèvements, en particulier à l’extérieur de la capitale. »

Née il y a quelques semaines à peine, la coalition Séléka a conquis plusieurs villes du nord de la République centrafricaine et se trouve maintenant aux portes de la capitale, Bangui, menaçant le régime du président François Bozizé.

Le pays était engagé depuis 2007 dans un processus de paix après des années d’instabilité, de rébellions multiples, mutineries militaires et putschs. Les insurgés, qui ont pris les armes le 10 décembre, l’ont fait pour réclamer « le respect » d’accords de paix conclus entre 2007 et 2011.

Depuis une dizaine de jours maintenant, à l’approche des rebelles, les Forces armées centrafricaines, sous-équipées, démotivées et désorganisées, se replient chaque fois sans combattre et laissent les forces de la coalition Séléka (« Alliance », dans la langue locale) s’emparer de villes riches en or ou en diamants, comme Bria, Bambari ou Kaga Bandoro. Les rebelles se sont donc retrouvés rapidement à une soixantaine de km de la capitale sans coup férir.

Des renforts tchadiens qui, campent aux portes de Bangui à l’appel de François Bozizé, semblent être le dernier rempart contre une avancée des insurgés vers la capitale. Le Tchad, allié historique de François Bozizé, avait envoyé des troupes une première fois en 2003 pour l’aider à prendre le pouvoir, et une deuxième fois fin 2010 pour combattre des rébellions dans le nord du pays.

Un porte-parole du mouvement rebelle a toutefois déclaré qu’ils ne tenteraient pas de s’emparer de la capitale, demandant au régime de rendre les armes et d’ouvrir des pourparlers. Le gouvernement du président Bozizé a répliqué en demandant aux rebelles de quitter les villes occupées avant toute négociation, mais la rébellion refuse de quitter les villes avant un accord de cessez-le-feu.

Par ailleurs, la France, ancienne puissance coloniale, a déclaré qu’elle n’interviendrait pas. En réaction, des militants proches du régime ont manifesté devant l’ambassade française, lançant des projectiles en direction de l’immeuble abritant la mission diplomatique.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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