Centrafrique: combats à Bambari, renforts des pays d’Afrique centrale et appel au dialogue

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Carte de la République centrafricaine (Source: DialogueNational)
Carte de la République centrafricaine (Source: DialogueNational)

Les forces armées centrafricaines ont déclenché vendredi une contre-offensive pour reprendre aux rebelles la ville stratégique de Bambari (centre), tandis qu’étaient annoncées des négociations « sans délai » et « sans conditions » sous l’égide de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC).

La Centrafrique, était engagé depuis 2007 dans un processus de paix après des années d’instabilité, de multiples rébellions et mutineries militaires quand a éclaté la rébellion de la coalition Séléka.

Née il y a quelques semaines à peine, cette alliance a conquis plusieurs villes du nord de la République centrafricaine et se trouve maintenant aux portes de la capitale, Bangui, menaçant le régime du président François Bozizé. Les insurgés de Séléka, auraient pris les armes le 10 décembre pour réclamer « le respect » d’accords de paix conclus entre 2007 et 2011,  mais le groupe est réputé être plutôt hétéroclite et les insurgés n’auraient peut-être pas tous les mêmes motivations.

Bambari, place forte des forces fidèles au président François Bozizé, située à 300 km au nord-est de la capitale Bangui, a été le théâtre le vendredi 28 décembre d’intenses combats entre les forces gouvernementales et les rebelles du front Séléka.

Bambari était tombée en quelques heures le 23 décembre dernier aux mains des rebelles du Séléka. Il semble que les Forces armées centrafricaines tentent maintenant de la reprendre la reprendre; les combats ont été très violents et, pour le moment, on ne sait plus qui contrôle la ville.

Cette reprise des combats intervient au moment même où la mission de médiation des pays d’Afrique centrale annonce l’organisation de négociations « sans délai » et « sans conditions »  d’un « dialogue » entre les belligérants dans la capitale gabonaise, Libreville. « Tout le monde accepte d’aller au dialogue », a déclaré un porte-parole de la CEEAC.

Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC ont aussi annoncé qu’un contingent supplémentaire de la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC), dont « 560 hommes sont déjà sur le terrain », allait être déployé en Centrafrique. Le commandant de la  FOMAC, le général Jean-Félix Akaga, a confirmé que de nouvelles troupes allaient être envoyées en renfort pour sécuriser la capitale Bangui, rapportait l’AFP le 28 décembre. « Bangui est sécurisée au maximum par les troupes (de la FOMAC), mais d’autres vont arriver pour renforcer cette mission de sécurisation de Bangui », a indiqué le général Akaga sur la radio nationale centrafricaine.

Le Tchad, quant à lui, a positionné des troupes à la sortie de la capitale centrafricaine, mais avec l’ordre de ne pas intervenir pour l’instant.

Le président de la CEEAC et président du Tchad, puissance tutélaire de la Centrafrique, Idriss Deby, expliquait sa position dans un entretien à la chaîne Alquarra TV après la rencontre des présidents de la CEEAC visant le dialogue pour sortir la République Centrafricaine du conflit avec la coalition de rebelles Séléka.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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