Disparition d’un rapport sur la mort d’un observateur canadien au Moyen-Orient

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Opération jade: en Israël.en Syrie et au Liban,  des observateurs militaires canadiens qui œuvrent au sein de l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve, la plus vieille mission de soutien de la paix de l’ONU. Ici, un poste d'observation (PHoto: CombatcAM)
Opération jade: en Israël.en Syrie et au Liban, des observateurs militaires canadiens qui œuvrent au sein de l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve, la plus vieille mission de soutien de la paix de l’ONU. Ici, un poste d’observation (Photo: CombatCAM)

Un rapport sur la mort d’un militaire canadien en mission d’observation au Moyen-Orient lors d’un bombardement par les forces israéliennes de son poste d’observation est disparu du site internet du ministère de la Défense où il pouvait auparavant être consulté.

En pleine guerre entre le Hezbollah libanais et Israël, le major Paeta Hess-von Kruedener et de trois autres observateurs des Nations Unies ont été tués en 2006, lorsque des tirs de l’armée israélienne et l’attaque d’un avion de chasse de l’aviation israélienne ont touché leur petit avant-poste.

Le major Hess‑Von Kruedener ainsi que les autres observateurs militaires étaient affectés au service de l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST). La contribution qu’apporte le Canada à l’ONUST porte le nom d’opération JADE.

Au moment de l’incident, Israël et le Hezbollah étaient impliqués dans un conflit armé, ayant débuté le 12 juillet 2006 avec l’enlèvement de deux soldats israéliens et s’étant rapidement transformé en une incursion à grande échelle des Forces de défense israéliennes dans le Sud du Liban.

Le 25 juillet 2006, le Major Hess-Von Kruedener était en devoir à la base de patrouille Khiam lorsqu’il a été soumis à trois vagues de bombardements au cours de la journée. Des rapports de ces attaques ont été transmis aux Forces israéliennes de défense par l’ONU sur le réseau de liaison existant mais les attaques n’ont pas cessé.

Puisque la situation ne montrait aucun signe d’amélioration, des consultations urgentes entre le chef d’état-major de l’Organisme des Nations Unies pour la supervision de la trêve (ONUST), le commandant de la Force intérimaire de l’ONU au Liban (FINUL) et le chef du Groupe d’observateurs au Liban (GOL) ont conduit à la décision d’évacuer la base de patrouille Khiam à 07h00 le jour suivant.

Les plans ont été finalisés et les détails de l’évacuation ont été transmis à la base de patrouille à 19h25 mais à 19h30, la base de patrouille Khiam n’a pas répondu à un contrôle radio prévu. Une équipe de récupération a été envoyée et est arrivée à la base de patrouille Khiam à 21h55 pour trouver l’édifice principal détruit, ensevelissant la dépouille du Major Hess-Von Kruedener et de trois autres OMNU.

Bref, quand la fréquence et la justesse des bombardements ont augmenté à proximité de la base de patrouille Khiam, la décision d’évacuer a été prise. Cependant, la bombe fatale a été lancée avant que les quatre observateurs n’aient eu le temps de quitter les lieux.

Une Commission d’enquête a alors été convoqué pour examiner les évènements, de déterminer ce qui s’est produit, comment et pourquoi, puis propose des mesures susceptibles d’empêcher une répétition de ce qui s’est passé. La Commission a trouvé la mort Hess-von Kruedener était évitable et causée par l’armée israélienne.

Au début de 2008, le ministère de la Défense a donc affiché sur son site internet le rapport de 67 pages Commission des Forces canadiennes de l’enquête sur l’évènement. Certes, certaines parties du rapport final de la Commission d’enquête ont été prélevées conformément à la Loi sur l’accès à l’information en vue de garantir la sécurité opérationnelle des Forces israéliennes de défense (IDF) et de l’ONU, mais le rapport pouvait tout de même être consulté sur le site du ministère. Plus aujourd’hui!

Cynthia, la veuve du militaire canadien qui a perdu la vie lors de ces évènements a déclaré aux journalistes que la décision du gouvernement conservateur de soustraire ce doicument au regard du public a été prise pour protéger la réputation d’Israël. « Ils ne veulent pas que les gens lisent à ce sujet  » (les évènements de 2006 qui ont causé la mort du major Hess-von Kruedener), a-t-elle dit, ajoutant « C’est gênant pour les Israéliens et, comme nous le savons, le premier ministre Harper a donné son appui inconditionnel aux Israéliens. »

La Défense ntionale, pour sa part, dit avoir retiré au début de 2009 le rapport de son site weba confirmé pour des raisons de sécurité « après qu’il fut découvert que certains de ses contenus étaient considérés comme des renseignements protégés. »

On peut tout de même lire un résumé du rapport en question dans la déclaration du lieutenant-général Michel Gauthier, commandant du Commandement de la Force expéditionnaire du Canada et autorité convocatrice pour la Commission d’enquête sur le décès du major Paeta Hess-Von Kruedener.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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